Nou­veau re­vers pour Mer­kel à Ber­lin

Le Temps (Tunisia) - - Monde -

Le maire de Ber­lin reste so­cial-dé­mo­crate, même si le SPD (21,5 % des suf­frages) es­suie des pertes im­por­tantes (moins 6,8 % par rap­port à 2011) et en­re­gistre un de ses plus mau­vais scores de­puis l’uni­fi­ca­tion. La CDU très af­fai­blie s’agrippe de jus­tesse avec 17,6 % des voix à la se­conde place sur l’échi­quier po­li­tique de la ca­pi­tale al­le­mande, sui­vie de près par les Verts (15,7 %), ex ae­quo avec Die Linke (15,7 %), le par­ti à gauche de la gauche qui car­tonne dans la moi­tié est de la ville. Le pe­tit par­ti li­bé­ral re­fait son en­trée dans le Par­le­ment ré­gio­nal. Voi­ci l’éven­tail des par­tis par­mi les­quels Mi­chael Mül­ler, le maire re­con­duit, va de­voir choi­sir ses par­te­naires de coa­li­tion. La Grande Coa­li­tion, SPD-CDU, qui gou­ver­nait Ber­lin jus­qu’à pré­sent éclate et de­vrait vrai­sem­bla­ble­ment être rem­pla­cée par une triade rouge (SPD) - verts-rouge (Die Linke).

Mais le score le plus at­ten­du hier soir était ce­lui de l’afd (Al­ter­na­tive für Deut­schland). Le nou­veau par­ti po­pu­liste dé­croche 14,1 % des suf­frages. C’est moins que les re­ten­tis­sants 21 % dans la ré­gion pauvre et ru­rale du Me­ck­lem­bourg-po­mé­ra­nie-oc­ci­den­tale il y a quinze jours, mais c’est tout de même spec­ta­cu­laire pour cette ville li­bé­rale, mul­ti­cul­tu­relle et tra­di­tion­nel­le­ment à gauche. Un score so­lide donc, même si les di­ri­geants du par­ti es­pé­raient de­ve­nir la se­conde force po­li­tique et doivent se conten­ter de la cin­quième place. Les pre­mières ana­lyses in­diquent que la grande ma­jo­ri­té des élec­teurs de l’afd sont des hommes de plus de 45 ans, des ou­vriers ou des chô­meurs. Ils ont vo­té plus par dé­pit que par adhé­sion.

Leurs su­jets de pré­oc­cu­pa­tion ma­jeurs : les ré­fu­giés et la sé­cu­ri­té in­té­rieure. L’AFD rafle 10 % des voix dans la par­tie ouest de Ber­lin et 15 % à l’est où Die Linke a réus­si à blo­quer sa per­cée et ri­va­lise pour ras­sem­bler les mé­con­tents et les dés­illu­sion­nés. Pour la pre­mière fois de sa courte his­toire, l’afd – qui est avant tout un mou­ve­ment de pro­tes­ta­tion – va être ame­née à as­su­mer des res­pon­sa­bi­li­tés po­li­tiques en dé­si­gnant des conseillers au ni­veau de plu­sieurs mai­ries d’ar­ron­dis­se­ment. L’AFD est au­jourd’hui pré­sente dans dix Par­le­ments ré­gio­naux et fait plein cap sur le Bun­des­tag, le Par­le­ment al­le­mand qui se­ra élu à l’au­tomne pro­chain. Ber­lin as­sène donc une gifle de plus à An­ge­la Mer­kel. La ca­pi­tale est la cin­quième élec­tion cette an­née où la CDU en­re­gistre des pertes de voix consé­quentes. Si les Ber­li­nois n’ont pas pu­ni aus­si sé­vè­re­ment que les élec­teurs du Me­ck­lem­bourg-po­mé­ra­nie-oc­ci­den­tale, le bi­lan est amer : 5 % des voix en moins et la sor­tie du gou­ver­ne­ment de coa­li­tion. Cette chute his­to­rique va for­cer la CDU à se re­mettre en ques­tion. Certes, les thèmes lo­caux (état de dé­la­bre­ment des écoles, chan­tier du nou­vel aé­ro­port qui s’en­lise, ex­plo­sion des loyers) ont joué un rôle im­por­tant, mais c’est clai­re­ment la po­li­tique des bras ou­verts d’an­ge­la Mer­kel vis-à-vis des ré­fu­giés qui a été sanc­tion­née une fois de plus. Se­lon un son­dage réa­li­sé pour la té­lé­vi­sion pu­blique al­le­mande, 82 % des Al­le­mands ne se­raient pas d’accord avec la fa­çon dont la Chan­ce­lière a gé­ré cette ques­tion et sou­haitent un chan­ge­ment de cap. An­ge­la Mer­kel de­vra au­jourd’hui ex­pli­quer, ras­su­rer et jus­ti­fier sa po­li­tique.

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