La fin d’une rente pé­tro­lière

Le Temps (Tunisia) - - LA UNE - Yosr GUERFEL AKKARI

L'af­faire « Petrofac » dé­fraie la chro­nique et conti­nue de faire cou­ler beau­coup d'encre. La so­cié­té a dé­ci­dé fi­na­le­ment de par­tir. La di­rec­tion gé­né­rale de la mul­ti­na­tio­nale Bri­tish a dé­jà dé­cré­té le 20 sep­tembre l'état de force ma­jeure et an­non­cé of­fi­ciel­le­ment l'ar­rêt ir­ré­vo­cable de ses ac­ti­vi­tés en Tu­ni­sie. Après 9 mois de di­sette de pro­duc­tion et après la fin du dead­line ac­cor­dé par la so­cié­té mère au gou­ver­ne­ment pour trou­ver une so­lu­tion aux mou­ve­ments so­ciaux qui pa­ra­lysent ses ac­ti­vi­tés sur l'ile de Ker­ken­nah, le gou­ver­ne­ment Cha­hed tem­po­rise et joue les pro­lon­ga­tions et tente de sau­ver la mise in ex­tre­mis.

L’af­faire « Petrofac » dé­fraie la chro­nique et conti­nue de faire cou­ler beau­coup d’encre. La so­cié­té a dé­ci­dé fi­na­le­ment de par­tir. La di­rec­tion gé­né­rale de la mul­ti­na­tio­nale Bri­tish a dé­jà dé­cré­té le 20 sep­tembre l’état de force ma­jeure et an­non­cé of­fi­ciel­le­ment l’ar­rêt ir­ré­vo­cable de ses ac­ti­vi­tés en Tu­ni­sie. Après 9 mois de di­sette de pro­duc­tion et après la fin du dead­line ac­cor­dé par la so­cié­té mère au gou­ver­ne­ment pour trou­ver une so­lu­tion aux mou­ve­ments so­ciaux qui pa­ra­lysent ses ac­ti­vi­tés sur l’ile de Ker­ken­nah, le gou­ver­ne­ment Cha­hed tem­po­rise et joue les pro­lon­ga­tions et tente de sau­ver la mise in ex­tre­mis.

Une cel­lule de crise a été conduite hier par Yous­sef Cha­hed, Chef du Gou­ver­ne­ment pour suivre le dos­sier Petrofac afin de pa­rer aux contre­coups di­rects et in­di­rects de cette dé­ci­sion. Un désen­ga­ge­ment qui place la Tu­ni­sie en mau­vaise pos­ture au mo­ment où elle s’ap­prête à or­ga­ni­ser une Confé­rence in­ter­na­tio­nale sur l’in­ves­tis­se­ment. Une perte sèche de 200 mil­liards

di­nars pour l’etat En ef­fet, Petrofac est un in­ves­tis­seur stra­té­gique en Tu­ni­sie qui as­sure 13% des be­soins du mar­ché na­tio­nal en gaz. Elle em­ploie 150 per­sonnes. A tra­vers L’en­tre­prise tu­ni­sienne des ac­ti­vi­tés pé­tro­lières, l’etat tu­ni­sien est ac­tion­naire à hau­teur de 55% dans le ca­pi­tal de Petrofac. Les pertes sont ain­si com­mu­né­ment sup­por­tées. L’ar­rêt d’ac­ti­vi­té de Petrofac cause une perte sèche de 200 mil­liards di­nars pour l’etat. La Tu­ni­sie se­ra par ri­co­chet contrainte d’im­por­ter da­van­tage ses be­soins en gaz no­tam­ment de l’al­gé­rie pour com­bler l’écart. In­utile don d’éva­luer les coûts ré­per­cu­tés sur la ba­lance com­mer­ciale dé­jà dé­fi­ci­taire. Hor­mis les pertes so­cio-éco­no­miques liées au dé­part de Petrofac, il s’agit d’une mau­vaise pu­bli­ci­té qui n’ar­range guère la Tu­ni­sie qui cherche déses­pé­ré­ment à at­ti­rer les bailleurs de fonds étran­gers. No­nobs­tant les né­go­cia­tions en cours, l’in­vo­ca­tion de l’état de force ma­jeure par la so­cié­té mère sous-en­tend que le gou­ver­ne­ment se­ra contraint de dé­dom­ma­ger la so­cié­té bri­tan­nique. Cette der­nière s’abs­tien­dra à ver­ser les sa­laires et le gou­ver­ne­ment se­rait dans l’obli­ga­tion im­pé­rieuse d’as­su­rer la pro­tec­tion des biens ma­té­riels et hu­mains de la mul­ti­na­tio­nale. Une nou­velle charge à sup­por­ter par la caisse de l’etat, dé­jà as­sé­chée.

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