Quand une en­tre­prise nous met face à notre triste réa­li­té !

Le Temps (Tunisia) - - La Une -

Petrofac plie ba­gages, Petrofac dé­cide de pro­lon­ger les né­go­cia­tions, Petrofac en­tame les pro­cé­dures de li­cen­cie­ment de ses deux­cin­quante em­ployés, Petrofac ac­corde en­core vingt-quatre au gou­ver­ne­ment tu­ni­sien… En­tre­temps, tout le pays sombre dans une vague d'un sen­ti­ment d'im­puis­sance. Voi­ci la triste réa­li­té à la­quelle nous fai­sons face au­jourd'hui, deux an­nées et quelques pous­sières après les élec­tions de 2014. Cer­tains se ques­tionnent, lé­gi­ti­ment, sur les rai­sons qui amènent les mé­dias et l'opi­nion pu­blique à s'in­té­res­ser, aus­si in­ten­sé­ment que ce­la, au sort de Petrofac, la ré­ponse est bien simple: ce n'est pas le dé­part de cette so­cié­té en soit qui est im­por­tant, c'est le cô­té dé­mis­sion­naire de l'etat qui nous met de­vant un constat alar­mant.

Petrofac plie ba­gages, Petrofac dé­cide de pro­lon­ger les né­go­cia­tions, Petrofac en­tame les pro­cé­dures de li­cen­cie­ment de ses deux-cin­quante em­ployés, Petrofac ac­corde en­core vingt-quatre au gou­ver­ne­ment tu­ni­sien… En­tre­temps, tout le pays sombre dans une vague d’un sen­ti­ment d’im­puis­sance. Voi­ci la triste réa­li­té à la­quelle nous fai­sons face au­jourd’hui, deux an­nées et quelques pous­sières après les élec­tions de 2014.

Cer­tains se ques­tionnent, lé­gi­ti­ment, sur les rai­sons qui amènent les mé­dias et l’opi­nion pu­blique à s’in­té­res­ser, aus­si in­ten­sé­ment que ce­la, au sort de Petrofac, la ré­ponse est bien simple: ce n’est pas le dé­part de cette so­cié­té en soit qui est im­por­tant, c’est le cô­té dé­mis­sion­naire de l’etat qui nous met de­vant un constat alar­mant.

Cette af­faire, qui dure de­puis plus de huit mois, a fi­ni par nous rap­pe­ler que presque tous les gou­ver­ne­ments qui se sont suc­cé­dé de­puis le 14 jan­vier n’ont fait qu’évi­ter l’ap­pli­ca­tion des lois par peur des ré­ac­tions so­ciales. Alors que le pays s’ap­prête à vivre une an­née éco­no­mique dif­fi­cile (2017), et à quelques se­maines de la te­nue de la con­fé­rence in­ter­na­tio­nale sur l’in­ves­tis­se­ment à Tu­nis, nous en­voyons un mes­sage très né­ga­tif au monde en­tier pour dire que nous sommes in­ca­pables de conte­nir la ré­volte de quelques di­zaines d’in­di­vi­dus. Au­jourd’hui, c’est Ker­ken­nah et Petrofac, de­main, ce se­ra pro­ba­ble­ment le tour d’une autre en­tre­prise, qu’elle soit étran­gère ou pas, et d’une autre ré­gion. A Ker­ken­nah, les choses sont beau­coup plus com­pli­quées avec, en prime, une ab­sence spec­ta­cu­laire des forces de l’ordre et une pré­sence, des plus in­quié­tantes, des mi­li­tants du Hizb Et­tahr­rir. Ce même par­ti qui com­pa­raît, à Tu­nis, de­vant le Tri­bu­nal mi­li­taire, conti­nue de faire sa loi dans l’île.

Avant-hier, et à l’an­nonce de la fer­me­ture de la so­cié­té, des re­pré­sen­tants de ce par­ti ont ex­pri­mé leur joie et leur char­gé des mé­dias, un cer­tain Mo­ha­med Meg­duich, a même dé­cla­ré, lors d’un pas­sage té­lé­vi­sé, que Petrofac est cou­pable de s’être mê­lée des af­faires sou­ve­raines et in­ternes de la Tu­ni­sie et ce en pré­sen­tant des aides – fai­sant ain­si al­lu­sion au scan­ner qu’a ache­té Petrofac au pro­fit de l’hô­pi­tal de la ré­gion – aux ins­ti­tu­tions de la ville.

Pour Et­tahr­rir, le dé­part de Petrofac re­pré­sente donc le dé­part de la co­lo­ni­sa­tion et le par­ti est même al­lé jus­qu’à de­man­der des comptes à l’en­tre­prise tu­ni­so-bri­tan­nique en la me­na­çant de por­ter plainte…

Que faut-il qu’il ar­rive pour que les au­to­ri­tés, ac­tuelles et toutes celles qui l’ont pré­cé­dées, prennent conscience de la gra­vi­té de la si­tua­tion? Que faut-il de plus à nos dé­ci­deurs pour qu’ils agissent en­fin en ap­pli­quant la loi? Parce le pro­blème est grave et la ré­ponse est simple! Evi­tez-nous cette des­cente aux en­fers, soyez per­ti­nents et ap­pli­quez la loi !

Sal­ma BOURAOUI

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