« L’en­det­te­ment ex­té­rieur dans l’im­passe : ac­tuel­le­ment il se si­tue à 5 mil­liards de di­nars et at­tein­dra les 8 mil­liards de di­nars en 2018 », Temps

Le Temps (Tunisia) - - Economie & Finances - Khou­loud AMRAOUI

af­firme Ez­ze­dine Sai­dane, ex­pert en éco­no­mie au

Face à une si­tua­tion éco­no­mique in­quié­tante, le re­dres­se­ment des fi­nances pu­bliques est in­dis­pen­sable. At­té­nuer le dé­fi­cit bud­gé­taire fait par­tie des prio­ri­tés du gou­ver­ne­ment Cha­hed. Comment peut-on ra­tio­na­li­ser les dé­penses bud­gé­taires et com­pri­mer le dé­fi­cit bud­gé­taire ?

« La Tu­ni­sie est en­trée dans la spi­rale dé­pres­sive de sur­en­det­te­ment. Il est donc im­pé­ra­tif de di­mi­nuer les dé­penses pu­bliques qui pèsent sur le bud­get de l’etat », nous a dé­cla­ré l’ex­pert en Eco­no­mie Ez­ze­dine Sai­dane.

Un dé­fi­cit de 3 mil­liards de di­nars ! Le ra­len­tis­se­ment de l’éco­no­mie est cor­ré­lé à la gra­vi­té de la si­tua­tion des fi­nances pu­bliques tu­ni­siennes qui s’est dé­gra­dée da­van­tage en 2016. Avec un dé­fi­cit bud­gé­taire de 2900 MD. L’etat n’a d’autre de choix que de com­bler ce dé­fi­cit. D’où l’ur­gence de pro­mul­guer une loi de fi­nances com­plé­men­taire. Dans ce contexte, Ez­ze­dine Sai­dane, juge que la si­tua­tion éco­no­mique va de mal en pis. Il a ajou­té éga­le­ment que le bud­get de l’etat Tu­ni­sien est clas­si­fié : 45 % du bud­get des­ti­nés au paie­ment des sa­laires, 37% ré­ser­vés aux sub­ven­tions ou en­core à la Caisse de Com­pen­sa­tion. Avec un to­tal de 82% de dé­penses fixes, l’etat Tu­ni­sien ne peut guère in­ter­ve­nir pour mi­ni­mi­ser cette par­tie du bud­get.

« Quand l’etat de­vient un simple comp­table » Il es­time que l’etat est de­ve­nu un simple comp­table puis­qu’elle est dé­pour­vue d’une stra­té­gie adé­quate face à une crise éco­no­mique pa­reille. Il a mis en exergue la né­ces­si­té de main­te­nir le ni­veau d’en­det­te­ment qui le dé­crit « Ca­tas­tro­phique». Dans le même sillage, il a pré­ci­sé que l’en­det­te­ment ex­té­rieur dans l’im­passe : ac­tuel­le­ment, il at­teint 5 mil­liards de di­nars aux alen­tours des 8 mil­liards de di­nars en 2018.

« La po­li­tique d’aus­té­ri­té évo­quée par le Chef du gou­ver­ne­ment Cha­hed ne

peut qu’ap­pro­fon­dir la crise » M. Sai­dane a af­fir­mé que le re­dres­se­ment des fi­nances pu­bliques doit tou­cher spé­cia­le­ment l’amé­lio­ra­tion de l’éco­no­mie comme étant le seul moyen de faire sor­tir le pays de cette crise. Il a ajou­té que la po­li­tique de l’aus­té­ri­té et la maî­trise des dé­penses que le chef du gou­ver­ne­ment Cha­hed a der­niè­re­ment an­non­cé au­ra au­to­ma­ti­que­ment un im­pact né­faste sur les classes so­ciales moyennes et dé­fa­vo­ri­sées. Ega­le­ment, M. Sai­dane a pré­ci­sé que l’aus­té­ri­té évo­quée par Cha­hed ne peut qu’ap­pro­fon­dir la crise éco­no­mique ac­tuelle.

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