Les sa­la­riés paie­ront en­core une fois les pots cas­sés…

Im­pôt 2017

Le Temps (Tunisia) - - La Une -

Le pro­jet de loi des fi­nances pour l'exer­cice 2017 pré­voit une aug­men­ta­tion de l'im­pôt sur le re­ve­nu des per­sonnes phy­siques (IRPP) à par­tir de jan­vier 2017 des­ti­né à amé­lio­rer les res­sources bud­gé­taires, se­lon des in­for­ma­tions qui cir­culent dans les mi­lieux fi­nan­ciers. Ela­bo­ré par le mi­nis­tère des fi­nances, ce pro­jet main­tient la dis­po­si­tion re­la­tive à la no­nim­po­si­tion de la ca­té­go­rie so­cio-pro­fes­sion­nelle dont le re­ve­nu ne dé­passe pas 5 mille di­nars. Il pré­voit, ce­pen­dant, la ré­vi­sion à la hausse les taux d'im­po­si­tion pour les autres ca­té­go­ries. Le nou­veau ba­rème re­te­nu pré­voit des aug­men­ta­tions des taux d'im­po­si­tion de 2 à 6 points par rap­port aux taux en vi­gueur ac­tuel­le­ment en fonc­tion des tranches de re­ve­nu.

Le pro­jet de loi des fi­nances pour l’exer­cice 2017 pré­voit une aug­men­ta­tion de l’im­pôt sur le re­ve­nu des per­sonnes phy­siques (IRPP) à par­tir de jan­vier 2017 des­ti­né à amé­lio­rer les res­sources bud­gé­taires, se­lon des in­for­ma­tions qui cir­culent dans les mi­lieux fi­nan­ciers.

Ela­bo­ré par le mi­nis­tère des fi­nances, ce pro­jet main­tient la dis­po­si­tion re­la­tive à la non-im­po­si­tion de la ca­té­go­rie so­cio-pro­fes­sion­nelle dont le re­ve­nu ne dé­passe pas 5 mille di­nars. Il pré­voit, ce­pen­dant, la ré­vi­sion à la hausse les taux d’im­po­si­tion pour les autres ca­té­go­ries. Le nou­veau ba­rème re­te­nu pré­voit des aug­men­ta­tions des taux d’im­po­si­tion de 2 à 6 points par rap­port aux taux en vi­gueur ac­tuel­le­ment en fonc­tion des tranches de re­ve­nu. Ain­si, le taux d’im­po­si­tion ap­pli­qué sur les per­sonnes phy­siques ayant un re­ve­nu an­nuel si­tué entre 5000 et 10.000 di­nars pas­se­ra de 20% à 26%. Celles ayant un re­ve­nu al­lant de 10.000 à 20.000 di­nars ver­ront le taux d’im­po­si­tion qui leur est ap­pli­qué at­teindre 28% à comp­ter de jan­vier pro­chain, contre 25% ac­tuel­le­ment. Le taux d’im­po­si­tion de per­sonnes ga­gnant entre 20.000 et 30.000 di­nars par an pas­se­ra de 30% à 32%. Pour la tranche de re­ve­nu al­lant de 30.000 di­nars à 50.000 di­nars, ce taux se­ra por­té à 35% contre 30% au­pa­ra­vant. Le taux ap­pli­qué au pa­lier de re­ve­nu su­pé­rieur de re­ve­nu su­pé­rieur 50.000 di­nars se si­tue­ra à 38% contre 35% ac­tuel­le­ment. Ces nou­velles dis­po­si­tions risquent d’aug­men­ter la pres­sion fis­cale sur les sa­la­riés, les­quels sont dé­jà la ca­té­go­rie qui contri­bue le plus aux re­cettes fis­cales glo­bales. Se­lon une étude réa­li­sée par le dé­par­te­ment des études re­le­vant de l’union gé­né­rale tu­ni­sienne du tra­vail (UGTT), les sa­la­riés contri­buent à hau­teur de 80% aux re­cettes fis­cales alors que leur part dans la ri­chesse na­tio­nale créée ne dé­passe pas les 26%.

La pres­sion fis­cale sur le sa­la­rié a plus que dou­blé en moyenne en 25 ans, par­ti­cu­liè­re­ment pour les cadres moyens et su­pé­rieurs, alors que la pres­sion fis­cale sur les so­cié­tés a été ré­duite de moi­tié (L’IS a bais­sé de 45% à 25% entre 1989 et 2014). L’UGTT ré­vèle aus­si que le bud­get de l’etat perd an­nuel­le­ment entre 5 et 7 mil­liards de di­nars à cause de l’éva­sion fis­cale.

Ain­si, au lieu de fa­vo­ri­ser la ré­duc­tion de la dis­pa­ri­té fis­cale ain­si que la ré­par­ti­tion équi­table du far­deau fis­cal entre les di­verses ca­té­go­ries de contri­buables, les res­pon­sables de la fis­ca­li­té pu­blique ont re­cou­ru à la so­lu­tion qui consiste à tor­tu­rer le bon payeur, et lais­ser fi­ler le frau­deur.

Alors que les fi­nances pu­bliques souffrent d’une in­suf­fi­sance struc­tu­relle de res­sources, le mi­nistre des Fi­nances pré­fère faire payer les pots cas­sés aux sa­la­riés au lieu d’ex­plo­rer les pistes de la lutte contre le fléau de l’éva­sion fis­cale, l’éra­di­ca­tion de l’éco­no­mie sou­ter­raine, l’im­plé­men­ta­tion d’une ré­forme fis­cale équi­table, la trans­pa­rence dans les mar­chés pu­blics etc...

D’après les don­nées pro­vi­soires re­la­tives à l’état d’avan­ce­ment du bud­get de l’etat au titre de l’exer­cice en cours, le dé­fi­cit bud­gé­taire s’éta­blit à 2190.7 millions de di­nars.

Ce dé­fi­cit ne peut pas être cou­vert en grande par­tie par les res­sources d’em­prunt. D’au­tant plus que le ra­tio d’en­det­te­ment ex­té­rieur de la Tu­ni­sie de­vra dé­pas­ser la barre des 71,4% du PIB en 2017, se­lon les pré­vi­sions du Fonds mo­né­taire in­ter­na­tio­nal soit 30,7 mil­liards de dol­lars contre 29,3 mil­liards de dol­lars cette an­née. Wa­lid KHEFIFI

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