Plus qu’une frus­tra­tion… Un dé­sastre na­tio­nal… !

La culture de la grève et des sit-in me­nace les fon­de­ments de l'etat et de l'éco­no­mie

Le Temps (Tunisia) - - La Une - Par Kha­led GUEZMIR

Le pluie bé­né­fique dé­nom­mée « Ghas­sa­let En­noua­der », dans la tradition po­pu­laire a été au ren­dez-vous, ren­dons grâce à Dieu, pour dé­cris­per un peu l'at­mo­sphère et don­ner de l'es­poir pour que l'au­tomne soit hu­mide après une longue sé­che­resse. Es­pé­rons que d'autres pré­ci­pi­ta­tions plus gé­né­ra­li­sées sur tout le ter­ri­toire de la Ré­pu­blique « vo­te­ront » pour le gou­ver­ne­ment Cha­hed, car il en a bien be­soin ! Une pe­tite sa­tis­fac­tion quand même, le « hap­py end » du Pé­tro­fac-stor­ry ac­cueilli de fa­çon mi­ti­gée et pour cause. Les uns y voit une dé­mis­sion du gou­ver­ne­ment qui a pro­mis à son in­ves­ti­ture d'ap­pli­quer la loi, y com­pris, pour l'in­ci­ta­tion à l'ar­rêt illé­gal du tra­vail, et les autres en bons tu­ni­siens du genre « El Mou­sa­meh Ka­rim », y ap­pré­cient la clé­mence « d'au­guste », Em­pe­reur de Rome,, quand il s'agit d'apai­ser toute une île comme Ker­ken­nah. Donc, ni vain­queur ni vain­cu, l'hon­neur est sauf, mais quand même, un ar­rière-goût amer lais­sé, par cette nou­velle culture de se faire jus­tice soi-même, en met­tant au dé­fi per­ma­nent, l'etat et ses re­pré­sen­tants par grèves suc­ces­sives et in­in­ter­rom­pues de­puis six ans !

Le pluie bé­né­fique dé­nom­mée « Ghas­sa­let En­noua­der », dans la tradition po­pu­laire a été au ren­dez-vous, ren­dons grâce à Dieu, pour dé­cris­per un peu l’at­mo­sphère et don­ner de l’es­poir pour que l’au­tomne soit hu­mide après une longue sé­che­resse. Es­pé­rons que d’autres pré­ci­pi­ta­tions plus gé­né­ra­li­sées sur tout le ter­ri­toire de la Ré­pu­blique « vo­te­ront » pour le gou­ver­ne­ment Cha­hed, car il en a bien be­soin ! Une pe­tite sa­tis­fac­tion quand même, le « hap­py end » du Pé­tro­fac-stor­ry ac­cueilli de fa­çon mi­ti­gée et pour cause. Les uns y voit une dé­mis­sion du gou­ver­ne­ment qui a pro­mis à son in­ves­ti­ture d’ap­pli­quer la loi, y com­pris, pour l’in­ci­ta­tion à l’ar­rêt illé­gal du tra­vail, et les autres en bons tu­ni­siens du genre « El Mou­sa­meh Ka­rim », y ap­pré­cient la clé­mence « d’au­guste », Em­pe­reur de Rome,, quand il s’agit d’apai­ser toute une île comme Ker­ken­nah. Donc, ni vain­queur ni vain­cu, l’hon­neur est sauf, mais quand même, un ar­rière-goût amer lais­sé, par cette nou­velle culture de se faire jus­tice soi-même, en met­tant au dé­fi per­ma­nent, l’etat et ses re­pré­sen­tants par grèves suc­ces­sives et in­in­ter­rom­pues de­puis six ans ! Entre la mo­bi­li­sa­tion per­ma­nente de la « Rue » et le blo­cage du fonc­tion­ne­ment des ins­ti­tu­tions, la Tunisie a été em­bar­quée sur un pro­ces­sus qui peut avoir de très mau­vaises consé­quences sur le moyen et le long terme. Je m’ex­plique. Quelles gé­né­ra­tions sommes-nous en train de « fa­bri­quer » avec cette culture de la contes­ta­tion, du né­ga­ti­visme et de la ré­bel­lion constante contre l’etat !

Les syn­di­cats me­surent-ils l’im­pact qu’au­ra cette ef­fer­ves­cence des bases et de cer­tains « lea­ders » qui pointent à l’ho­ri­zon sur le dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique dans son en­semble. Qui fe­ra le pa­ri, par­mi les in­ves­tis­seurs lo­caux et étran­gers de mo­bi­li­ser et ris­quer ses ca­pi­taux dans un pays at­teint griè­ve­ment par le vi­rus de la grève, de la contes­ta­tion per­ma­nente et de l’in­dis­ci­pline gé­né­ra­li­sée ! Ces Mes­sieurs-dames qui ap­pellent aux si­tin et à ma­ni­fes­ter dans la rue, pour exi­ger des « droits »… au tra­vail, au dé­ve­lop­pe­ment et au bien-être so­cial doivent com­prendre que ce­la se mé­rite parce que la crois­sance n’a ja­mais été un don du ciel et qu’avant de ré­cla­mer des « droits » il faut aus­si res­pec­ter un mi­ni­mum de de­voirs !

Par ailleurs, le monde est vaste et les pro­mo­teurs ne sont ni des saints ni des Jé­sus gé­né­reux en puis­sance. Si le pays est in­gou­ver­nable et in­vi­vable pour l’in­ves­tis­se­ment, ils iront ailleurs, où ils sont ac­cueillis à bras ou­verts. Tous les an­ciens pays com­mu­nistes, d’asie du Sud-est et de la Chine, ont com­pris que l’idéo­lo­gie « éga­li­ta­riste » à l’ex­trême ne crée que la pau­vre­té et la dé­pen­dance réelle vis-à-vis des puis­sants ar­gen­tiers de ce monde. Du Viet­nam de Ho­chi-minh, au Cam­bodge, à la Ma­lai­sie, à la Chine de Mao Tsé Toung, sans par­ler de Sin­ga­pour qui est le lea­der ab­so­lu en ma­tière de réus­site éco­no­mique et fi­nan­cière, tous ont en­ter­ré la mo­bi­li­sa­tion ex­ces­sive des « tra­vailleurs » et la dic­ta­ture du pro­lé­ta­riat ! Au­jourd’hui, ils sont les plus gros créan­ciers de la pla­nète, avec des ré­serves en de­vises qui fe­rait pâ­lir de ja­lou­sie notre ac­tuel gou­ver­neur de la Banque cen­trale.

Le bien-être a été par­ta­gé aus­si, de la fa­çon la plus large bien que in­éga­li­tai­re­ment par les peuples de ces pays, que nous cour­ti­sons pour de­ve­nir nos fu­turs « tou­ristes » ce qui in­dique qu’ils ont de l’ar­gent à dé­pen­ser ! Il y a cer­tai­ne­ment par­mi eux de nou­veaux riches et le nombre de mil­liar­daires chi­nois dé­passe dé­jà le nombre de mil­liar­daires amé­ri­cains et eu­ro­péens. Mais, au­cune trace de « grève » ni de ré­bel­lion contre des Etats clas­sés en­core « au­to­ri­taires » par les Oc­ci­den­taux. Cette vieille culture est en­sei­gnée dans les livres de l’his­toire « an­cienne », celle du com­mu­nisme de la pau­vre­té des an­nées 50 du siècle der­nier.

La « dé­mo­cra­tie » n’est pas, aus­si, la prio­ri­té ab­so­lue dans ces pays, mais ça évo­lue avec l’amé­lio­ra­tion du ni­veau de vie et de l’éco­no­mie à pe­tits pas. En Tunisie, nous fai­sons le che­min in­verse, ou comme di­rait feu ma mère : « Hat­ti­na El Hsi­ra Kbal Ej­ja­maâ » (Nous avons mis les nattes avant de construire la mos­quée !). On a édi­fié une dé­mo­cra­tie po­li­tique en­core bien fra­gile, faut-il le sou­li­gner, et puis on a ou­vert les vannes de la re­ven­di­ca­tion so­ciale tous azi­muts. D’où l’em­bou­teillage des exi­gences et ce sen­ti­ment de frus­tra­tion gé­né­ra­li­sé.

Plus per­sonne ne vit cette culture du bon­heur, chère au phi­lo­sophe Alain que nous avons vé­cue au dé­but de l’in­dé­pen­dance, alors que les plus riches d’entre nous n’avaient pas de salle de bain dans leurs foyers ! Qui pou­vait se payer des es­pa­drilles ou même un vrai bal­lon de foot­ball gon­flable, pour jouer dans la « ba­tha » (place) du quar­tier ! Qui avait une voi­ture ou même une bi­cy­clette !? Et pour­tant les gens étaient heu­reux ! Faut-il rap­pe­ler un son­dage pu­blié ré­cem­ment à l’échelle mon­diale qui met la Tunisie en pôle po­si­tion, des pays et des peuples les moins heu­reux et les moins op­ti­mistes de la terre ! J’en viens à conclure que le mal pro­fond que nous vi­vons n’est pas seu­le­ment dans ces ar­rêts de tra­vail et de grèves conti­nues qui frise le har­cè­le­ment so­cial dans l’im­pu­ni­té la plus ab­so­lue, mais dans cette culture dif­fu­sée par les syn­di­cats et les par­tis ex­tré­mistes, qui font de nos fu­tures gé­né­ra­tions des « han­di­ca­pés » mo­teurs », dé­pen­dantes de l’etat pro­vi­dence et de la « fonc­tion pu­blique » sur­sa­tu­rée par les re­cru­te­ments fan­tai­sistes sous la pres­sion de la « Rue ». Tiens, l’ac­cord « Pé­tro­fac » ar­ra­ché au gou­ver­ne­ment, pré­voit le re­cru­te­ment de 260 « fonc­tion­naires » ou per­çus comme tels, dans des en­tre­prises de « dé­ve­lop­pe­ment » sur trois ans !

Donc, ren­dez-vous en 2020 !... pour faire le bi­lan du dé­ve­lop­pe­ment « pro­di­gieux » de l’île Ker­ken­nah qui s’en sui­vra ! Qui vi­vra… ver­ra ! Ar­rê­tons la mas­ca­rade ! On n’a plus de larmes pour pleu­rer !

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