La Tunisie n’est pas en si­tua­tion de faillite

• La ba­lance ali­men­taire dé­fi­ci­taire de 617,3 mil­lions de di­nars

Le Temps (Tunisia) - - Proximité -

La Tunisie, qui fait face à des dif­fi­cul­tés éco­no­miques ma­jeures, n’est tou­te­fois pas en si­tua­tion de faillite, le taux d’en­det­te­ment est certes cri­tique mais pas tout à fait ca­tas­tro­phique.

En­core faut-il pré­ci­ser que le taux de cou­ver­ture des im­por­ta­tions par les ex­por­ta­tions des pro­duits ali­men­taires a di­mi­nué à 74,5% au cours des huit pre­miers mois de l’an­née ac­tuelle, contre 112,9% pen­dant la même pé­riode de 2015. De ce fait, la ba­lance com­mer­ciale ali­men­taire ac­cuse un dé­fi­cit de 617,3 mil­lions de di­nars (MD), soit 7,5% du dé­fi­cit to­tal de la ba­lance com­mer­ciale, contre un ex­cé­dent de 322,1 MD au cours des huit pre­miers mois de l’an­née 2015. Se­lon un com­mu­ni­qué pu­blié en dé­but de se­maine par le mi­nis­tère de l’agri­cul­ture, des Res­sources hy­drau­liques et de la Pêche, cette ré­gres­sion est due à la chute des ex­por­ta­tions de 36,2% (en­vi­ron 1799,7 MD, contre 2818,9 MD) contre une lé­gère baisse des im­por­ta­tions de 3,2% (2417 MD en août 2016).

S’agis­sant des ex­por­ta­tions, la ré­gres­sion est due, es­sen­tiel­le­ment, à la baisse des re­cettes de l’huile d’olive de 66% (542 MD contre 1596 MD), contre la hausse des re­cettes de la plu­part des autres pro­duits ali­men­taires, à sa­voir les pro­duits de la mer frais (4%), les conserves de lé­gumes et de fruits (12%), les lé­gumes frais (35%).

En contre­par­tie, les re­cettes des dattes de­meurent in­chan­gées par rap­port à l’an­née der­nière, mal­gré l’amé­lio­ra­tion des quan­ti­tés ex­por­tés de 10%, et ce, en rai­son de la baisse des prix à l’ex­por­ta­tion de 8% (4,1 di­nars/ kg contre 4,5 di­nars/kg du­rant la même pé­riode de 2015). Il est à no­ter aus­si que la va­leur des ex­por­ta­tions ali­men­taires, de jan­vier à août 2016, re­pré­sente 9,7% du to­tal des ex­por­ta­tions des biens du pays, contre 15,4% en 2015.

Pour ce qui est des im­por­ta­tions ali­men­taires, la baisse est ex­pli­quée par la dé­cé­lé­ra­tion du rythme de l’im­por­ta­tion de cer­tains pro­duits de base à l’ins­tar du sucre (25%), des viandes (78%), des huiles vé­gé­tales (5%) et du blé dur (23%). En re­vanche une hausse des im­por­ta­tions des autres pro­duits ali­men­taires a été en­re­gis­trée. Il s’agit no­tam­ment, de l’orge (21%), du maïs jaune (9%) et des pommes de terre (31%). La va­leur des im­por­ta­tions ali­men­taires a re­pré­sen­té, en août 2016, 9% de la to­ta­li­té des im­por­ta­tions du pays contre 3,9% en 2015.

Pour ce qui est de la maî­trise de la ba­lance des paie­ments, il faut si­gna­ler que l’ac­tuel gou­ver­ne­ment n’a d’autres al­ter­na­tives que de bais­ser les im­por­ta­tions, sur­tout que 65% des im­por­ta­tions des pro­duits de consom­ma­tion ne sont pas in­dis­pen­sables. Ce­ci pour­rait évi­ter au pays un glis­se­ment vers le bas et une baisse des ré­serves en de­vises. Il faut aus­si éva­luer la stra­té­gie du mi­nis­tère du Com­merce dans ce do­maine et oeu­vrer à pro­mou­voir les ex­por­ta­tions, en­cou­ra­ger les ex­por­ta­teurs et amé­lio­rer la di­plo­ma­tie éco­no­mique de la Tunisie. En­core plus il faut tout mettre en oeuvre pour ar­rê­ter l’hé­mor­ra­gie cau­sé par la contre­bande et l’éco­no­mie pa­ral­lèle. En dé­fi­ni­tive il est évident que la toute ur­gence consiste à mettre les bou­chées doubles pour pro­mou­voir les ex­por­ta­tions et pous­ser au maxi­mum dans la di­rec­tion de la mise en place d’une po­li­tique de di­plo­ma­tie éco­no­mique.

Source (Mi­nis­tère de l’agri­cul­ture, des Res­sources hy­drau­liques et de la Pêche)

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