Un dé­te­nu ob­tient les noms des gar­diens qui ont ré­di­gé des rap­ports contre lui

Le Temps (Tunisia) - - Faits De Société -

L’af­faire re­monte à une di­zaine de jours. Un dé­te­nu du centre pé­ni­ten­tiaire de Nan­cy, Sa­mir C., a pu ob­te­nir les noms des gar­diens qui avaient ré­di­gé des rap­ports contre lui. Com­ment une telle ba­vure est-elle pos­sible ? Le pri­son­nier était à l’iso­le­ment de­puis la mi-août, de­puis qu’un cou­teau avait été re­trou­vé dans sa cel­lule. Une fois à l’iso­le­ment, un nou­vel in­cident s’est pro­duit. Il a eu des contacts avec un dé­te­nu ra­di­ca­li­sé : le frère de l’un des tueurs du Ba­ta­clan. Ce­lui-ci se trou­vait dans une cel­lule proche et il y au­rait eu des échanges ver­baux. Un gar­dien l’au­rait consta­té et au­rait fait un rap­port. Agé de 29 ans et écroué dans le cadre d’une af­faire d’ho­mi­cide, Sa­mir C. est consi­dé­ré comme violent mais n’est pas si­gna­lé comme étant ra­di­ca­li­sé ou sus­cep­tible de l’être. Il a néan­moins été dé­ci­dé de l’éloi­gner de son en­com­brant voi­sin. « C’était pour évi­ter tout risque de pro­sé­ly­tisme », pré­cise une source pé­ni­ten­tiaire. Mais le dé­te­nu s’est op­po­sé vio­lem­ment à son chan­ge­ment de cel­lule. Consé­quence : une pro­cé­dure dis­ci­pli­naire a été en­clen­chée contre lui. Dans ce cadre, une co­pie de son dos­sier lui a été re­mise afin qu’il puisse se dé­fendre lors de son pas­sage de­vant une com­mis­sion char­gée de sta­tuer sur une éven­tuelle sanc­tion. Dans ce dos­sier fi­gure les rap­ports et ob­ser­va­tions des sur­veillants. En prin­cipe, les noms des gar­diens sont mas­qués. Mais là, ce­la n’a pas été le cas.

Le dé­te­nu a donc pu avoir ac­cès à l’iden­ti­té des sur­veillants qui ont mon­tré du doigt son com­por­te­ment. « Ce­la ne concerne que cinq sur­veillants et il n’y avait ni leur adresse, ni leur nu­mé­ro de té­lé­phone. Juste leurs noms », pré­cise le di­rec­teur du centre pé­ni­ten­tiaire, Hugues Stahl.

Il n’em­pêche. Ce­la a fait souf­fler un vent d’in­quié­tude au sein de la pri­son. « Le fait qu’il ait pu avoir des noms de gar­diens, même sans adresse, ni nu­mé­ro de té­lé­phone, met quand même ces agents en danger. Ce dys­fonc­tion­ne­ment est dû à une er­reur hu­maine et ce­la pour­rait être évi­té si seuls les nu­mé­ros de ma­tri­cule des sur­veillants fi­gu­raient sur leurs rap­ports et sur leurs ob­ser­va­tions », ré­agit Fa­di­la Dou­khi de Fo-pé­ni­ten­tiaire. Dès que la ba­vure a été dé­cou­verte, le dé­te­nu a été im­mé­dia­te­ment trans­fé­ré. « Rien ne dit qu’il vou­lait s’en prendre aux sur­veillants de Nan­cy. Mais par me­sure de pré­cau­tion, il a été conduit vers une autre pri­son », in­dique une source pé­ni­ten­tiaire. Le dé­te­nu a été es­cor­té par une équipe ré­gio­nale d’in­ter­ven­tion et de sé­cu­ri­té (ERIS) vers le centre pé­ni­ten­tiaire de Metz-queu­leu.

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