Une ren­contre au som­met à Ham­ma­met pour sau­ver la mise

• « Avec plus de 1,4 mil­lions d’en­trées de tou­ristes fran­çais en 2010, nous al­lons clô­tu­rer l’an­née peut être avec un to­tal d’un peu moins de 300.000 en­trées », af­firme Ha­kim Toun­si, PDG d’au­then­tique

Le Temps (Tunisia) - - Business Finance - Ka­mel BOUAOUINA

La Tu­ni­sie se vend –t-elle bien ?

A quel prix vou­lez-vous vendre un pa­ckage en Tu­ni­sie au dé­part du mar­ché fran­çais quand les Cy­clades, la Crète et les Ba­léares s’af­fichent à 390€ le pa­ckage tout com­pris !

Ci­bler l’aé­rien

Le plus gros reste à faire au ni­veau de l’aé­rien. « Un Pa­ris/ Tu­nis/pa­ris taxes aé­ro­por­tuaires com­prises re­ve­nait l’été 2016 pour le tour opé­ra­teur fran­çais pro­gram­mant la Tu­ni­sie un peu moins que 300€. En ra­jou­tant le prix de 7 nuits d’hô­tel même dans un pe­tit club 3 étoiles et les trans­ferts du client de l’aé­ro­port à l’hô­tel on ar­rive vite à un prix d’achat avoi­si­nant les 500€ par per­sonne, dit-il. Com­ment dans ce cas vendre un sé­jour en Tu­ni­sie face à un prix de mar­ché à 400€ TTC pour une se­maine tout com­pris aux Ba­léares ou en Crète !

Si nous vou­lons dès 2017 tra­vailler sur un taux de pro­gres­sion à 2 chiffres pour le mar­ché fran­çais il faut dès main­te­nant mette à la dis­po­si­tion des tour-opé­ra­teurs un siège à 200€ TTC pour un Pa­ris/tu­nis/pa­ris pour l’été 2017 et non à 300€. J’avais évo­qué dans d’autres ar­ticles la piste des 3ième et 4ième slots ré­ser­vés au tra­fic tou­ris­tique en pa­ckage ven­dus pen­dant une an­née au moins, comme ex­pé­rience, au cout va­riable. L’idée avait sé­duit mais nos amis de Tu­ni­sair ont ré­tor­qué que l’été ils étaient plu­tôt en manque de ma­chines ce qui est vrai.

La so­lu­tion c’est de re­trai­ter le tra­fic eth­nique en vols secs au­tre­ment que ce qui a été fait jus­qu’ici. De­puis plus de 15 ans ce su­jet du trai­te­ment du tra­fic eth­nique est po­sé sur la table car il n’est pas si ren­table que ce­la pour la com­pa­gnie avec des avions qui partent pleins dans le sens Nord-sud dé­but et re­viennent vides ou presque dans le sens Sud-nord au dé­but de l’été et in­ver­se­ment à la fin de l’été.

Quand vous comp­tez un al­ler-re­tour de l’avion à 180€ HT entre Pa­ris et Tu­nis et en pre­nant en compte les sièges vides, le trans­port eth­nique re­vient à la com­pa­gnie aé­rienne à 360€ HT par per­sonne aux­quels il faut ra­jou­ter 74€ de taxes aé­ro­por­tuaires. Un siège qui coute aux com­pa­gnies aé­riennes aux en­vi­rons de 450€ TTC. Si vous concé­dez des ré­duc­tions pour les en­fants et autres ta­rifs fa­milles, il est évident qu’il ne reste pas grand-chose à la com­pa­gnie aé­rienne pour cou­vrir ses pertes d’ex­ploi­ta­tion des dix autres mois de l’an­née.

Peut être fau­drait il faire in­ter­ve­nir de très gros por­teurs ponc­tuel­le­ment pour trai­ter le tra­fic eth­nique et li­bé­rer ain­si la flotte pour un pro­gramme plus li­néaire et co­hé­rent in­té­grant l’hy­po­thèse de l’uti­li­sa­tion des 3ieme et 4ièmes slots pour le tra­fic tou­ris­tique en pa­ckage. C’est une op­tion à étu­dier pour évi­ter une sub­ven­tion du siège pour le tra­fic tou­ris­tique consen­tie par des moyens qui nous font cruel­le­ment dé­faut !

Pour le su­jet de l’open Sky je conti­nue à dire que ce­la n’a au­cun rap­port avec le tou­risme et que sa mise en place ne chan­ge­ra mal­heu­reu­se­ment rien au su­jet.

L’open Sky n’ap­por­te­ra que des miettes pour le tou­risme mais contri­bue­ra à tuer dé­fi­ni­ti­ve­ment et ir­ré­ver­si­ble­ment les com­pa­gnies aé­riennes tu­ni­siennes qui se dé­battent dé­jà dans des dif­fi­cul­tés qui vont mal­heu­reu­se­ment du­rer en­core quelques an­nées du fait de la conjonc­ture in­ter­na­tio­nale et des troubles sé­cu­ri­taires au­tour du bas­sin mé­di­ter­ra­néen.

Main­te­nant, compte de l’agres­si­vi­té à la­quelle je fais face parce que je dé­fends le sec­teur du trans­port aé­rien et des in­té­rêts éco­no­miques à long terme de mon pays ceux qui veulent mettre en place l’open Sky n’ont qu’à le faire en pre­nant leurs res­pon­sa­bi­li­tés dans ce­la.

Nous notre rôle s’ar­rête au ni­veau de l’ana­lyse tech­nique pro­fes­sion­nelle et éco­no­mique. Le reste a des res­pon­sables dé­si­gnés pour le gé­rer que nous nous fai­sons un de­voir d’éclai­rer dans la li­mite de nos com­pé­tences avec mes confrères no­tam­ment tour-opé­ra­teurs tu­ni­siens »

Chez des confrères, des sièges sont par­tis vides à des­ti­na­tion des Ba­léares le 3 août avec un prix de der­nière mi­nute de 390€ TTC pour le sé­jour tout com­pris (vols + trans­ferts + 7nuits en All In). Du ja­mais vu, sur­tout vers Pal­ma une des­ti­na­tion qui af­fiche ha­bi­tuel­le­ment com­plet pour le mois d’août dès fin mai dé­but juin au plus tard !

Le ma­laise est pro­fond et la pré­vi­sion des ins­ti­tuts de son­dage s’est confir­mée avec une clien­tèle fran­çaise qui a choi­si de ne pas par­tir à l’etran­ger pour ses va­cances d’été. La crise éco­no­mique et ras le bol des actes de vio­lence ont ame­né les fran­çais à évi­ter l’idée même de s’ap­pro­cher d’un aé­ro­port pour un voyage à l’etran­ger quelle qu’en soit la des­ti­na­tion » au ni­veau qua­li­té /prix les sé­jours en Tu­ni­sie. En tant que tour-opé­ra­teurs nous ne pou­vons pas trou­ver la so­lu­tion au ni­veau du prix hô­te­lier même si des ef­forts sont tou­jours at­ten­dus de nos amis hô­te­liers pour une amé­lio­ra­tion de la qua­li­té et une baisse des prix avec une com­pres­sion de leurs coûts.

Se­lec­tour Afat pa­rie sur la Tu­ni­sie et s’ac­tive à or­ga­ni­ser son «con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion élar­gi» à Ham­ma­met, les 13, 14 et 15 oc­tobre. Sont in­vi­tés : les ad­mi­nis­tra­teurs, les dé­lé­gués ré­gio­naux, les membres du co­mi­té d’au­dit et ceux du co­mi­té exé­cu­tif. Pour l’heure, 49 par­ti­ci­pants sont at­ten­dus lors de cette ren­contre au som­met, nous a pré­ci­sé le ser­vice presse. Cet évé­ne­ment per­met­tra aux pro­fes­sion­nels réunis de phos­pho­rer sur les pro­jets et les am­bi­tions de Se­lec­tour Afat, et de pré­pa­rer le congrès or­ga­ni­sé au mois de dé­cembre à Que­bec, tout en boos­tant le mar­ché fran­çais, qui se­lon Ha­kim Toun­si, le PDG d’au­then­tique tarde à re­trou­ver sa vi­tesse de croi­sière : « Après tous les évè­ne­ments qu’a connus la ré­gion du pour­tour mé­di­ter­ra­néen en gé­né­ral ces cinq der­nières an­nées, les choses se pré­cisent concer­nant la nou­velle confi­gu­ra­tion du mar­ché fran­çais du tou­risme vers la Tu­ni­sie. De plus 1,4 mil­lions d’en­trées de tou­ristes fran­çais en 2010, nous al­lons clô­tu­rer l’an­née peut être vers un to­tal d’un peu moins de 300.000 en­trées », a-t-il af­fir­mé.

Et d’ajou­ter : « Au dé­part du mar­ché fran­çais, ajoute t-il, la des­ti­na­tion Tu­ni­sie a du mal à se po­si­tion­ner face à une baisse gé­né­rale des dé­parts en va­cances des fran­çais à l’etran­ger. Les tour-opé­ra­teurs cher­chant la conser­va­tion de leurs chiffres d’af­faires qu’ils fai­saient sur la Tu­ni­sie, le Ma­roc, l’egypte et la Tur­quie ont dé­pla­cé leurs stocks de lits hô­te­liers et de sièges d’avions vers les des­ti­na­tions eu­ro­péennes telles que la Grèce conti­nen­tale, la Crète, Les Iles Cy­clades, l’ita­lie du Sud avec la Si­cile et la Sar­daigne, l’espagne avec les Iles Ba­léares, les Iles Ca­na­ries et la par­tie conti­nen­tale no­tam­ment avec la Cos­ta d’el Sol. Le Portugal et Chypre ont aus­si connu des évo­lu­tions très im­por­tantes au ni­veau des pro­gram­ma­tions et des offres à l’adresse du mar­ché fran­çais. Du­rant la haute sai­son de juillet et août que nous ve­nons de vivre, l’offre sur les des­ti­na­tions moyen-cour­rier eu­ro­péennes était tel­le­ment im­por­tante par rap­port à la de­mande que les prix en plein mois d’août avaient du mal à dé­pas­ser les 500 voir 400€ pour un sé­jour d’une se­maine com­pre­nant trans­port aé­rien, trans­ferts et 7 nuits en All In­clu­sive aux Ba­léares, en Crète et sur la Grèce conti­nen­tale ! « Chez Au­then­tique, nous dit Ha­kim Toun­si, nous avons main­te­nu mal­gré le contexte très dif­fi­cile nos af­frè­te­ments au­près de Tu­ni­sair et nous avons consta­té gros­siè­re­ment que 10% de nos ré­ser­va­tions pro­ve­naient d’une clien­tèle fran­çaise de souche et 90% d’une clien­tèle fran­çaise mixte ou 100% d’ori­gine magh­ré­bine no­tam­ment al­gé­rienne et tunisienne ré­si­dant en France. La clien­tèle fran­çaise de souche a ma­jo­ri­tai­re­ment dé­ser­té la des­ti­na­tion.

A mon sens et j’es­père me trom­per, cette nou­velle confi­gu­ra­tion du mar­ché fran­çais et de sa ré­par­ti­tion vers les dif­fé­rentes des­ti­na­tions à com­men­cer par le mar­ché lo­cal puis la Tu­ni­sie va consti­tuer une ten­dance lourde pour les pro­chaines an­nées avec la­quelle il fau­dra mal­heu­reu­se­ment com­po­ser.

Bien évi­dem­ment il y a tou­jours des choses à faire pour re­mon­ter la pente si la Tu­ni­sie le sou­haite.

A court terme il faut mieux ci­bler et plus sé­rieu­se­ment les 5 mil­lions de fran­çais d’ori­gine magh­ré­bine qui vivent en France qui ont prou­vé leur at­ta­che­ment à la Tu­ni­sie même quand le sé­jour y est pro­po­sé à un prix plus cher que les autres des­ti­na­tions eu­ro­péennes du pour­tour mé­di­ter­ra­néen. Ces 5 mil­lions de fran­çais d’ori­gine magh­ré­bine vivent pour une grande part de fait de leur in­té­gra­tion avec des fran­çais de souche qui par­tagent vo­lon­tiers avec eux les sé­jours en Tu­ni­sie.

Se­lon moi il faut dé­fi­nir dès main­te­nant une po­li­tique mar­ke­ting plus consé­quente pour mieux ap­pro­cher cette cible et aus­si il faut lui four­nir des ta­rifs qui re­po­si­tionnent conve­na­ble­ment

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