Les vê­te­ments «bio» dé­barquent…

Le Temps (Tunisia) - - Proximite - S.B.H

Après les pro­duits bio­lo­giques agri­coles comme les gre­nades ou en­core l’huile d’olive, cer­taines grandes sur­faces com­mer­ciales et de grandes en­seignes in­ter­na­tio­nales opé­rant en Tu­ni­sie, pro­posent de­puis quelques temps, quelques ar­ticles de vê­te­ments bio­lo­giques, no­tam­ment des tee­shirts et des pan­ta­lons, fa­bri­qués à par­tir du co­ton bio­lo­gique, du chanvre, de la laine et de la soie. Une grande sur­face a pré­sen­té der­niè­re­ment un lot de T-shirt en co­ton bio­lo­gique, mais sans ré­clame spé­ciale, mé­lan­gés aux vê­te­ments conven­tion­nels de sorte que les ache­teurs peu in­for­més et ils forment la ma­jo­ri­té, ne pou­vaient pas les dis­tin­guer. Pour­tant dans les pays dé­ve­lop­pés où les consom­ma­teurs sont mieux in­for­més et ciblent leurs achats, les vê­te­ments bio­lo­giques oc­cupent une place im­por­tante dans l’offre et la de­mande et bé­né­fi­cient de ré­clames spé­ciales no­tam­ment dans le WEB et ils couvrent tous les ar­ticles, en al­lant des sous vê­te­ments et chaus­settes, aux blou­sons, pan­ta­lons, tee-shirts, pulls. Il y a même des fou­tas bio­lo­giques (grandes ser­viettes de bain), pro­po­sés sous ce nom tu­ni­sien. D’ailleurs, le qua­li­fi­ca­tif tu­ni­sien est in­ter­na­tio­na­le­ment as­so­cié à un mo­dèle de tee­shirt, très de­man­dé, connu sous le nom de tee-shirt tu­ni­sien, ou en­core tee-shirt à col tu­ni­sien, fa­bri­qué par des grandes marques in­ter­na­tio­nales de re­nom en tex­tile et ha­bille­ment bio­lo­gique et conven­tion­nel. Ce­pen­dant, comme pour tous les pro­duits et biens de consom­ma­tions, la cul­ture des marques, des la­bels, des ap­pel­la­tions d’ori­gine et autres cer­ti­fi­ca­tions de qua­li­té n’est pas en­core très en­ra­ci­née chez nous. On achète bien du ca­fé pur mais on se sou­cie peu de sa marque. Il en est de même pour les vê­te­ments et l’ha­bille­ment, d’après ce qu’un jeune conseiller com­mer­cial dans une grande en­seigne in­ter­na­tio­nale à Tu­nis, nous a dit :

« Notre ma­ga­sin, a-t-il sou­li­gné, ex­pose et vend quelques ar­ticles éco­lo­giques dont des pan­ta­lons pro­ve­nant d’espagne, et pro­po­sés pra­ti­que­ment au même prix en di­nars qu’en eu­ros, ce­pen­dant pour les ar­ticles bio­lo­giques comme pour les ar­ticles conven­tion­nels, le choix dé­pend tou­jours des clients, se­lon les cri­tères qu’ils re­cherchent et qu’ils ont en tête et ce­ci né­ces­site une cer­taine cul­ture et une bonne in­for­ma­tion que beau­coup ne pos­sèdent pas, parce que les sup­ports d’in­for­ma­tion et de sensibilisation, comme les or­ga­ni­sa­tions de consom­ma­teurs, né­gligent cet as­pect, tan­dis qu’ en ce qui nous concerne, nous, les conseillers com­mer­ciaux, nous ne pou­vons conseiller les clients qu’en fonc­tion de leurs propres cri­tères et des ten­dances de la mode, car, nous ne pou­vons pas nous sub­sti­tuer à eux. Ain­si, pour les vê­te­ments bio­lo­giques, il faut vrai­ment être al­ler­giques aux vê­te­ments conven­tion­nels et avoir été spé­cia­le­ment conseillé pour pen­ser à les ache­ter, du mo­ment qu’en prin­cipe, la fibre du co­ton bio­lo­gique est dite anal­ler­gique. Le ci­blage n’est pas en­core très fré­quent chez nous en Tu­ni­sie, sauf en ce qui concerne les ten­dances de la mode. » Ce­pen­dant, au­tant dans les pays dé­ve­lop­pés qu’en Tu­ni­sie et un peu par­tout dans le monde, les gens ap­pré­cient les avan­tages du bio­lo­gique par rap­port au conven­tion­nel que ce soit en pro­duits agri­coles ou autres do­maines, comme l’ha­bille­ment, mais ils res­tent sus­pi­cieux concer­nant l’au­then­ti­ci­té des pro­duits bio­lo­giques, mal­gré l’exis­tence de grands or­ga­nismes in­ter­na­tio­naux in­dé­pen­dants at­tri­buant des cer­ti­fi­ca­tions d’au­then­ti­ci­té en la ma­tière.

Ain­si, pour le co­ton bio­lo­gique, la cer­ti­fi­ca­tion bio ne s’in­té­resse qu’à l’étape de la cul­ture du co­ton. Or, une fois, le co­ton ré­col­té, il re­joint sou­vent les mêmes centres de trans­for­ma­tion que les autres tex­tiles conven­tion­nels. Il su­bi­ra les mêmes trai­te­ments, avec des pro­duits conte­nant des sub­stances toxiques, comme les mé­taux lourds, les sol­vants ha­lo­gé­nés ou aro­ma­tiques, le for­mal­dé­hyde, les en­zymes, les OGM, etc… Pour­tant, avec l’in­té­rêt crois­sant prê­té par­tout dans le monde aux consi­dé­ra­tions sa­ni­taires et en­vi­ron­ne­men­tales, de grands ho­ri­zons s’ouvrent de­vant le bio­lo­gique dans tous les do­maines. Ain­si, les couches de bé­bé conven­tion­nelles ne sont pas sus­cep­tibles d’être la­vées et sont donc je­tables et elles consti­tuent, ain­si, une source de pol­lu­tion, car un bé­bé consomme par an quelques 2000 couches, tan­dis que les couches en co­ton bio­lo­gique sont la­vables.

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.