La ré­sur­rec­tion au­ra-t-elle lieu?

Le Temps (Tunisia) - - Arts & Culture -

Salles de ci­né­ma

A chaque dé­but de sai­son cultu­relle, le pro­blème sem­pi­ter­nel de la dis­pa­ri­tion des salles de ci­né­ma re­fait sur­face, tel­le­ment cette la­cune n’a pas été com­blée du fait de la dé­mis­sion des ex­ploi­tants ayant aban­don­né leurs salles et de la mort lente du sec­teur de l’ex­ploi­ta­tion. Quelques salles ont pu être sau­vées à tra­vers le pays, fort heu­reu­se­ment et sont res­tées fonc­tion­nelles. Mais leur nombre ne consti­tue au­jourd’hui que le 1/10è de ce­lui qui exis­tait cin­quante ans au­pa­ra­vant. Nous vi­vons un long cau­che­mar de­puis une ving­taine d’an­nées avec la fer­me­ture en sé­rie des salles obs­cures. Pour­tant, des signes de ré­sur­rec­tion sont ap­pa­rus ces der­niers temps.

Les or­ga­ni­sa­teurs de fes­ti­vals de ci­né­ma an­ciens ou nou­veaux à tra­vers le pays, ont bra­vé le fait que dans la ville où ont lieu ces fes­ti­vals an­nuels, au­cune salle de ci­né­ma n’existe ! Les exemples des fes­ti­vals de Ké­li­bia (FIFAK) et tout ré­cem­ment ce­lui de Ga­bès (Fes­ti­val du film arabe), le dé­montrent clai­re­ment. Certes, les es­paces cultu­rels exis­tants, cou­verts ou en plein air, rem­placent, de toutes évi­dence, les vraies salles de ci­né­ma qui sont par­ties à ja­mais de­puis des dé­cades et qui ne consti­tuent plus un com­merce ju­teux. De ce fait, il y a quelque part une vo­lon­té des par­ties or­ga­ni­sa­trices de ces ma­ni­fes­ta­tions et du pu­blic, qui y ré­pond pré­sent en grand nombre, à dif­fu­ser des films et à ac­qué­rir une cul­ture ci­né­ma­to­gra­phique qui a pour­tant ca­rac­té­ri­sé la Tu­ni­sie à tra­vers les ci­né­clubs, de­puis la fin des an­nées cin­quante, à nos jours. Et réel­le­ment

par­lant, et à Kas­se­rine plus pré­ci­sé­ment, la salle « Châam­bi » rou­vri­ra bien­tôt dans le cadre du pro­gramme « Kas­se­rine, ville des arts », dé­jà en­ta­mé de­puis quelques jours. L’exemple de Kas­se­rine dans l’ab­sence de salles de ci­né­ma, même dans le chef-lieu du gou­ver­no­rat, est com­pa­rable à plu­sieurs autres gou­ver­no­rats qui ne dis­posent plus de salles de ci­né­ma de­puis la nuit des temps !

Al­lé­ger les charges

Et pour res­ter plu­tôt op­ti­miste, à Tu­nis, comme dans d’autres villes du pays et grâce à des ini­tia­tives pri­vées, des salles de ci­né­ma ont ou­vert. Ce­la frôle le surréalisme, mais c’est la vé­ri­té. De la Mar­sa, l’es­pace cultu­rel « Ago­ra » dis­pose d’une pe­tite salle de pro­jec­tion. Et dans la même ville, la salle « Zé­phyr » fait par­tie du com­plexe com­mer­cial du même nom, sans au­cun com­plexe ! Au Kram, le « Ci­né-vog » re­nais­sait de ses cendres, il y’a quelques an­nées et tel un phé­nix. Un autre exemple ce­lui de la salle « Ma­jes­tic », à Bi­zerte, est sa­lu­taire. « Quand on aime la vie, on va au ci­né­ma », di­sait Fran­çois Truf­faut. Ga­geons que le nou­vel ten­dant à la re­nais­sance des salles de ci­né­ma à tra­vers la Tu­ni­sie, soit sui­vi par toutes les ré­gions du pays pour ra­vi­ver la pas­sion du sep­tième art et faire re­naître la fré­quen­ta­tion des salles de ci­né­ma. L’etat de­vrait contri­buer à la ré­ou­ver­ture ou à l’ou­ver­ture de nou­velles salles ; en al­lé­geant un peu les charges des ex­ploi­tants et des dis­tri­bu­teurs.

Lot­fi BEN KHELIFA

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