La cote d’alerte

170 mille tonnes gé­né­rées chaque an­née

Le Temps (Tunisia) - - La Une -

Le vo­lume des dé­chets dan­ge­reux en Tu­ni­sie a aug­men­té, au cours de la der­nière pé­riode, et les risques qu’ils com­portent pour la san­té de l’homme et l’en­vi­ron­ne­ment ont aug­men­té, en même temps, à cause de la ré­gres­sion de la ca­pa­ci­té d’ac­cueil et de trai­te­ment, du fait de la fer­me­ture de la dé­charge de Jra­dou pour les dé­chets in­dus­triels et la mise à l’ar­rêt de quelques in­ci­né­ra­teurs qui contri­buaient à se dé­bar­ras­ser par voie d’in­ci­né­ra­tion de cer­taines quan­ti­tés de dé­chets dan­ge­reux gé­né­rés par les éta­blis­se­ments hos­pi­ta­liers pu­blics et les cli­niques. Un sé­mi­naire a été or­ga­ni­sé hier à Tunis sur les pro­blèmes re­la­tifs à la ges­tion des dé­chets dan­ge­reux en Tu­ni­sie, à l’ini­tia­tive de plu­sieurs par­te­naires pu­blics et pri­vés. Mo­kh­tar El Cadhi, di­rec­teur gé­né­ral d’un bu­reau d’études spé­cia­li­sé en san­té et en­vi­ron­ne­ment, Pré­ven­tion Plus, l’un des or­ga­ni­sa­teurs de la confé­rence, a sou­li­gné que la ges­tion des dé­chets dan­ge­reux et par­ti­cu­liè­re­ment leur éli­mi­na­tion consti­tuent ac­tuel­le­ment une pré­oc­cu­pa­tion ma­jeure en ma­tière de pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment et re­pré­sentent pour le pays une des prio­ri­tés par­mi les axes de dé­ve­lop­pe­ment du­rable. Après la fer­me­ture de la dé­charge de Jra­dou, a-t-il dit, et à dé­faut d’es­pace de sto­ckage, les in­dus­triels pro­duc­teurs de dé­chets dan­ge­reux ne savent pas quoi faire de leurs dé­chets, d’où le spec­tacle dé­so­lant au­quel nous as­sis­tons à l’in­té­rieur comme à l’ex­té­rieur de nos sites in­dus­triels. Le confé­ren­cier a in­di­qué que le vo­lume des dé­chets in­dus­triels dan­ge­reux est pas­sé, ac­tuel­le­ment, à 150 mille tonnes par an dont 12 mille étaient trai­tés à la dé­charge de Jra­dou, avant sa fer­me­ture, tan­dis que le vo­lume des dé­chets de soins hos­pi­ta­liers at­teint 16 mille tonnes par an dont 7000 sont clas­sés dé­chets dan­ge­reux d’ac­ti­vi­tés sa­ni­taires à risque in­fec­tieux (DASRI).

Pour les dé­chets in­dus­triels dan­ge­reux, a-t-il ajou­té, leur trai­te­ment et leur éli­mi­na­tion ne sont pas en­core maî­tri­sés, alors que les dé­chets d’ac­ti­vi­tés sa­ni­taires à risque in­fec­tieux ne bé­né­fi­cient pas, non plus, pour la plu­part, d’un trai­te­ment maî­tri­sé et tout ce­ci a un im­pact grave sur l’en­vi­ron­ne­ment et la san­té pu­blique. De son cô­té, le Dr Mo­ha­med Chat­ty, de l’ins­ti­tut na­tio­nal de la san­té et de la sé­cu­ri­té du tra­vail, a af­fir­mé que tout le monde est pra­ti­que­ment ex­po­sé aux risques des dé­chets dan­ge­reux, mais les plus ex­po­sés sont les em­ployés qui les ma­ni­pulent , les agents char­gés de leur ges­tion, les ra­mas­seurs de dé­chets mé­na­gers re­le­vant des mu­ni­ci­pa­li­tés et cette ca­té­go­rie de per­sonnes ap­pe­lées « bar­ba­cha » qui fouillent les dé­chets dans les sites où on les dé­pose pour y cher­cher les ob­jets utiles à re­vendre et il y a aus­si les en­fants qui, compte te­nu de leur âge, peuvent être ten­tés de les ma­ni­pu­ler si l’oc­ca­sion se pré­sente.

Il a in­di­qué qu’il existe une liste of­fi­cielle des dé­chets dan­ge­reux clas­sés se­lon cer­tains pa­ra­mètres comme les ma­la­dies qu’ils peuvent cau­ser à ceux qui les ma­ni­pulent sans pro­tec­tion ap­pro­priée et adé­quate. Pas­sant en re­vue ces ma­la­dies, il en a si­gna­lé l’hé­pa­tite B et C qui peuvent se trans­for­mer en can­cer du foie avec le temps, les ma­la­dies de la peau, les al­ler­gies, ou en­core la tu­ber­cu­lose.

Il a mis en garde contre l’usage ex­ces­sif des sol­vants en Tu­ni­sie dont les dé­chets peuvent cau­ser plu­sieurs ma­la­dies, outre le plomb qui existe par exemple dans les bat­te­ries, et dont les dé­chets peuvent af­fec­ter la moelle épi­nière et le sys­tème ner­veux. S.B.H

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