Un meur­trier de­vant les as­sises

Le Temps (Tunisia) - - Faits De Société -

Faits di­vers en France

Un in­di­vi­du de 54 ans est ac­cu­sé d’avoir étran­glé Lyne Mas­si­cotte, 43 ans, de Cham­bly, avant de ten­ter d’avoir une re­la­tion sexuelle avec son ca­davre. Cette in­frac­tion cor­res­pond à une ac­cu­sa­tion de meurtre au pre­mier de­gré. Le té­moi­gnage d’alain Per­reault avait dé­bu­té à la sur­prise gé­né­rale le 22 sep­tembre der­nier, en toute fin d’après-mi­di. L’ac­cu­sé avait alors ra­con­té le dé­rou­le­ment de sa pre­mière ren­contre avec Lyne Mas­si­cotte, ponc­tuée par des dis­cus­sions, des ébats amou­reux et trois bouf­fées de pot qu’ils ont fu­mé en­semble chez lui, le 17 juillet 2003. Au mo­ment d’al­ler sou­per, le duo, qui s’était connu sur le web, se se­rait di­ri­gé vers la voi­ture de la mère de fa­mille. L’ac­cu­sé au­rait pris place au vo­lant, avant de se ré­trac­ter : il ne se sen­tait pas bien à cause de la ma­ri­jua­na. Il au­rait quit­té le vé­hi­cule pour re­tour­ner chez lui, sans échan­ger de pa­roles avec la dame, ce qui au­rait cau­sé «un lé­ger froid». Alain Per­reault es­time que Lyne Mas­si­cotte a en­suite quit­té les lieux. Il dit avoir pas­sé la soi­rée chez lui, et écrit un cour­riel à la dame pour la re­mer­cier. Vers 23 h 30, l’ac­cu­sé est sor­ti de chez lui, à pied, et re­vient vers mi­nuit. Il n’a ja­mais re­vu Lyne Mas­si­cotte, sou­tient-il, ajou­tant qu’il était «in­quiet» lors de sa dis­pa­ri­tion. Son té­moi­gnage s’est pour­sui­vi, alors qu’il est re­ve­nu sur les aveux faits lors de l’opé­ra­tion Mr. Big. Rap­pe­lons que l’ac­cu­sé avait été ar­rê­té en jan­vier 2010, après avoir cru du­rant trois mois et de­mi être membre d’une or­ga­ni­sa­tion cri­mi­nelle, qui était en réa­li­té com­po­sée d’agents doubles. Lors du scé­na­rio «fi­nal», il avait ren­con­tré le «grand pa­tron» du groupe – un agent double – qui l’avait ques­tion­né sur la dis­pa­ri­tion de Lyne Mas­si­cotte. Après avoir nié son im­pli­ca­tion, il avait fi­na­le­ment don­né des dé­tails sur la ma­nière dont il avait as­sas­si­né la dame et comment il s’était dé­bar­ras­sé de son corps en bor­dure du fleuve St-laurent, sur la Rive-sud. La Cou­ronne pré­tend que ces aveux sont fiables. En in­ter­ro­ga­toire, Alain Per­reault pré­tend plu­tôt s’être in­cri­mi­né pour ne pas perdre ses «avan­tages» au sein de l’or­ga­ni­sa­tion fic­tive, lui qui croyait pou­voir ac­cé­der à une «grosse job» de 50 000 $, en plus d’un éven­tuel condo. Il af­firme avoir in­ven­té une his­toire «à peu près cré­dible» au fur et à me­sure. La «pa­nique to­tale» s’est tou­te­fois ins­tal­lée lors­qu’il a été ques­tion d’al­ler à la re­cherche du ca­davre avec deux «em­ployés», puis­qu’il ne sa­vait pas «où les ame­ner». Ce té­moi­gnage n’avait convain­cu en rien la Cou­ronne, qui, dans un contrein­ter­ro­ga­toire ser­ré, a ju­gé que ses aveux consti­tuent une «his­toire plu­tôt par­ti­cu­lière» si l’on tient compte de la ten­ta­tive de re­la­tion sexuelle avec le ca­davre de Lyne Mas­si­cotte, qu’il a avouée. Per­reault a nié cette af­fir­ma­tion... qui se trouve pour­tant sur preuve vi­déo. La Cou­ronne a aus­si fait res­sor­tir plu­sieurs contra­dic­tions dans les dé­cla­ra­tions pré­cé­dentes de l’ac­cu­sé, en lien avec la dis­pa­ri­tion de Lyne Mas­si­cotte, ain­si que son té­moi­gnage à son pre­mier pro­cès, en 2011. Le juge Ri­chard Gre­nier a consen­ti la de­mande, de ré­écou­ter la dé­po­si­tion de l’ac­cu­sé conseillant tou­te­fois les sept hommes et cinq femmes qui com­posent le ju­ry de prendre connais­sance en to­ta­li­té de l’in­ter­ro­ga­toire et du contre-in­ter­ro­ga­toire d’alain Per­reault.

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