Des op­tions, hors di­plo­ma­tie, à l’exa­men à Wa­shing­ton

Le Temps (Tunisia) - - Monde -

Ba­rack Oba­ma, pres­sé d’of­frir une ré­ponse plus mus­clée face à l’ag­gra­va­tion de la si­tua­tion en Sy­rie, a dit mer­cre­di qu’il n’avait pas en­core en­ten­du d’idées pour mettre un terme à la guerre qui n’im­pli­que­raient pas l’en­voi en grand nombre de troupes amé­ri­caines au sol, ce qu’il re­fuse.

“En Sy­rie, il n’existe au­cun scé­na­rio, hor­mis le dé­ploie­ment d’un grand nombre de troupes de notre part, qui nous per­met­trait de faire ces­ser une guerre ci­vile dans la­quelle chaque par­tie reste pro­fon­dé­ment cam­pée sur ses po­si­tions”, a dé­cla­ré le pré­sident amé­ri­cain lors d’un dé­bat or­ga­ni­sé dans la base mi­li­taire de Fort Lee et re­trans­mis sur CNN. Ba­rack Oba­ma a ajou­té qu’il était im­por­tant pour lui d’être “ju­di­cieux” dans l’en­voi de troupes en rai­son des “in­croyables sa­cri­fices” que ce­la im­pli­que­rait et éga­le­ment parce que l’ar­mée amé­ri­caine reste en­ga­gée en Irak et en Af­gha­nis­tan. “Il existe des dé­fis dans le monde qui ne concernent pas di­rec­te­ment notre sé­cu­ri­té, où nous de­vons ap­por­ter une aide, mais où se conten­ter d’en­voyer da­van­tage de troupes n’est pas la ré­ponse”, a en­core es­ti­mé le chef de la Mai­son blanche.

Les cri­tiques de la po­li­tique de Ba­rack Oba­ma en Sy­rie es­timent que son ob­jec­tif af­fi­ché, le dé­part du pré­sident Ba­char al As­sad, n’est pas as­sor­ti de moyens suf­fi­sants, qu’il au­rait fal­lu ar­mer les re­belles plus tôt, et da­van­tage, ou per­mettre aux al­liés de Wa­shing­ton de le faire, ou uti­li­ser la puis­sance mi­li­taire amé­ri­caine pour faire bas­cu­ler le conflit. Des ex­perts de po­li­tique étran­gère, qu’ils soient membres de l’ad­mi­nis­tra­tion ou ex­té­rieurs à la Mai­son blanche, re­grettent en par­ti­cu­lier la dé­ci­sion du pré­sident amé­ri­cain de ne pas avoir lan­cé de frappes aé­riennes contre Da­mas en 2013, alors même que le ré­gime sy­rien, en uti­li­sant des armes chi­miques, avait fran­chi la “ligne rouge” qu’il avait lui­même fixée.

Se­lon des res­pon­sables in­ter­ro­gés mer­cre­di, l’ad­mi­nis­tra­tion Oba­ma a com­men­cé à en­vi­sa­ger des ré­ponses plus dures face à l’of­fen­sive me­née par le ré­gime sy­rien et son al­lié russe de­puis la se­maine der­nière à Alep, y com­pris des op­tions mi­li­taires, mais ces dis­cus­sions “in­ter-agences” n’ont pas en­core pris la forme de re­com­man­da­tions au­près du pré­sident. Le porte-pa­role du dé­par­te­ment d’etat, John Kir­by, a re­con­nu, sans don­ner de dé­tails, que des op­tions “qui ne tournent pas au­tour de la di­plo­ma­tie” étaient ac­tuel­le­ment exa­mi­nées. Ces dé­li­bé­ra­tions sur­viennent alors que le se­cré­taire d’etat amé­ri­cain, John Ker­ry, a me­na­cé mer­cre­di de ces­ser de co­opé­rer avec la Rus­sie sur le dos­sier sy­rien si Mos­cou ne fait pas le né­ces­saire pour mettre fin à son as­saut. Wa­shing­ton et la Rus­sie ont par­rai­né une trêve qui s’est ef­fon­drée le 19 sep­tembre. Avant que toute ac­tion soit prise, a no­té un res­pon­sable, il fau­dra d’abord que Wa­shing­ton “concré­tise la me­nace de Ker­ry et rompe ses dis­cus­sions avec les Russes” sur la Sy­rie. Se­lon ces res­pon­sables s’ex­pri­mant en sou­hai­tant res­ter ano­nymes, l’échec de la di­plo­ma­tie amé­ri­caine ne laisse pour­tant pas d’autre choix que d’exa­mi­ner des so­lu­tions al­ter­na­tives, telles que l’en­voi d’armes plus per­fec­tion­nées à la ré­bel­lion, ce qui semble plus pro­bable au­jourd’hui même si Wa­shing­ton s’y est op­po­sé jus­qu’alors. Une autre op­tion évo­quée se­rait une frappe aé­rienne contre une base de l’ar­mée sy­rienne, mais ce­la est consi­dé­ré comme peu pro­bable car elle pour­rait faire des vic­times russes, ont ajou­té ces res­pon­sables. Par­mi les autres idées évo­quées à Wa­shing­ton fi­gurent l’en­voi de forces spé­ciales sup­plé­men­taires pour en­traî­ner les groupes re­belles kurdes et sy­riens et le dé­ploie­ment de forces na­vales et aé­riennes sup­plé­men­taires dans l’est de la Mé­di­ter­ra­née, ré­gion vers la­quelle le porte-avions fran­çais “Charles-degaulle” se di­rige ac­tuel­le­ment. Un pont aé­rien hu­ma­ni­taire vers les zones te­nues par les re­belles, qui im­pli­que­rait la mise en place d’es­cortes aé­riennes, a éga­le­ment été en­vi­sa­gé mais ce­la a été consi­dé­ré comme trop ris­qué et “re­ti­ré de la liste”, a dit un res­pon­sable.

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.