El Nos­ra vend la mèche

Le Temps (Tunisia) - - Monde -

Les Etats se pré­tendent en guerre avec El Qaï­da et toutes les or­ga­ni­sa­tions dji­ha­do-ter­ro­ristes qui s’en ré­clament. Dans le conflit sy­rien, un fais­ceau d’ac­cu­sa­tions et de ré­vé­la­tions concourt à éta­blir qu’ils sont de­puis son dé­but en pleine co­opé­ra­tion avec l’or­ga­ni­sa­tion ter­ro­riste le Front El Nos­ra dont les liens avec El Qaï­da sont si éta­blis que Wa­shing­ton n’a pu faire au­tre­ment que la mettre sur la liste des groupes ter­ro­ristes re­pré­sen­tant un dan­ger pour la sé­cu­ri­té na­tio­nale de l’amé­rique. Ces ac­cu­sa­tions et ré­vé­la­tions sont sys­té­ma­ti­que­ment dé­men­ties par les res­pon­sables US de l’ad­mi­nis­tra­tion d’oba­ma et ceux du Pen­ta­gone et des ser­vices de ren­sei­gne­ment qui les pré­sentent comme au­tant d’in­ven­tions sans fon­de­ment ré­pan­dues par la pro­pa­gande du ré­gime sy­rien et de ses al­liés et sou­tiens. Ils ne pour­ront pour­tant ré­duire à une pure in­ven­tion la ré­vé­la­tion dont l’au­teur n’est autre que Abou El Azz, l’un des prin­ci­paux chefs mi­li­taires du Front El Nos­ra qui a pu­bli­que­ment re­con­nu que les Etats-unis four­nissent à son or­ga­ni­sa­tion dji­ha­do-ter­ro­riste une aide fi­nan­cière, de l’ar­me­ment hy­per­so­phis­ti­qué et des conseillers mi­li­taires. Ceux qui en sont en­core à se de­man­der comment cette or­ga­ni­sa­tion ter­ro­riste s’est pro­cu­ré la puis­sance de feu dont elle dis­pose et lui a per­mis d’im­po­ser sa su­pré­ma­tie au conglo­mé­rat de groupes dji­ha­do-ter­ro­ristes af­fu­blé de l’éti­quette de ré­bel­lion « mo­dé­rée », de­vraient prendre connais­sance de l’en­tre­tien que ce chef mi­li­taire d’el Nos­ra a ac­cor­dé au quo­ti­dien al­le­mand Köl­ner Stadt An­zei­ger. Ils se­ront à coup sûr dé­fi­ni­ti­ve­ment édi­fiés sur le su­jet. Abou El Azz n’a pas été en ef­fet avare en confi­dences, et sur la na­ture de l’ar­me­ment que les Etats-unis four­nissent à El Nos­ra et sur les in­ter­mé­diaires qu’ils mettent à con­tri­bu­tion pour le lui faire par­ve­nir. Ils ap­pren­dront ain­si que l’amé­rique livre à El Nos­ra des chars et des lance-mis­siles dont les per­for­mants an­ti­chars « Tow » et qu’ils lui ont éga­le­ment oc­troyé des conseillers mi­li­taires ex­perts en uti­li­sa­tion de sa­tel­lites, de mis­siles et de ca­mé­ras de sur­veillance ther­miques. Ils sau­ront en plus que le Pen­ta­gone four­nit à l’or­ga­ni­sa­tion ter­ro­riste les ren­sei­gne­ments mi­li­taires qui lui per­mettent de mon­ter ses opé­ra­tions contre les forces du ré­gime. Le porte-pa­role du dé­par­te­ment d’etat Mark To­ner a bien en­ten­du dé­men­ti ce que le chef mi­li­taire d’el Nos­ra a dé­cla­ré au jour­nal al­le­mand. Il a pré­ten­du que son pays « n’a ja­mais ac­cor­dé au­cune aide à El Nos­ra, qu’il la consi­dère comme une or­ga­ni­sa­tion ter­ro­riste fi­liale d’el Qaï­da et oeu­vre­ra pour la dé­truire ». Il faut plus que ces af­fir­ma­tions de leur porte-pa­role pour que les Etatsu­nis se dé­douanent de l’ac­cu­sa­tion de conni­vence en Sy­rie avec l’or­ga­ni­sa­tion ter­ro­riste El Nos­ra et celles qui ac­tivent dans son or­bite. Sur­tout quand ils per­sistent à ne rien en­tre­prendre contre elle mal­gré leur ac­quies­ce­ment à la pro­po­si­tion russe d’une co­opé­ra­tion mi­li­taire rus­so-amé­ri­caine. Le jeu trouble au­quel s’adonne l’amé­rique en Sy­rie en­globe même l’or­ga­ni­sa­tion ter­ro­riste Daech contre la­quelle Wa­shing­ton a for­mé une coa­li­tion. Ce que cette fois le ré­gime sy­rien a pro­mis de dé­voi­ler car étant par­ve­nu à cap­ter de com­pro­met­tants échanges entre mi­li­taires amé­ri­cains et com­bat­tants de l’or­ga­ni­sa­tion ter­ro­riste éta­blis­sant que le bom­bar­de­ment aé­rien par la coa­li­tion des po­si­tions de l’ar­mée sy­rienne près de Deir Ez-zor a été la sé­quence d’une opé­ra­tion sur la­quelle les deux par­ties se sont ac­cor­dées.

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