Mis­sion pres­qu’im­pos­sible du gou­ver­ne­ment !

Le Temps (Tunisia) - - La Une - Nou­red­dine HLAOUI

Face à la si­tua­tion de «pré-faillite» du pays

Qua­rante quatre in­di­vi­dus sont par­ve­nus ave leur sit-in anar­chique à blo­quer toutes les routes me­nant aux sites de pro­duc­tion de phos­phates à Met­laoui. Et ce­la dure de­puis près d'une se­maine après un autre sit-in dé­man­te­lé à Md­hil­la. Une grève de deux jours chez les sta­tions ser­vices a été évi­tée in-ex­tre­mis après mi­nuit de la jour­née de lun­di der­nier après un ac­cord ob­te­nu sous la pres­sion et les me­naces et après avoir créé une énième psy­chose chez les ci­toyens. Et ce n'est ni la pre­mière, ni la deuxième fois que ce genre de scènes de pa­nique ar­rive, sa­chant que le pu­blic a été in­for­mé juste la veille après-mi­di ! Est-ce lé­gal ? Est-ce lo­gique et mo­ral de prendre en otages les ci­toyens et de nuire à leurs in­té­rêts de la sorte et, par-des­sus le mar­ché, sans pré­avis. ? Dans la même jour­née du lun­di, une scène hor­rible tour­née en vi­déo a fait le tour des ré­seaux so­ciaux en y créant un buzz énorme. On y voit une femme en train de blas­phé­mer, d'in­sul­ter et de ta­per des­sus le dé­lé­gué de Si­di Has­sine. Elle lui a fait su­bir une vé­ri­table hu­mi­lia­tion en le mor­dant, en le gi­flant, en lui fai­sant co­gner la tête contre le mur et en es­sayant de l'étran­gler en ti­rant sur sa cra­vate. Et dire que cette scène, qui a du­ré plus de trois mi­nutes, s'est dé­rou­lée de­vant une foule com­po­sée de di­zaines de té­moins ocu­laires en plus des mil­lions qui ont vi­sion­né la vi­déo. Une foule in­dif­fé­rente et sans la moindre ré­ac­tion pour mettre un terme à cette agres­sion. Et au mo­ment où le dé­lé­gué in­voque un ques­tion­naire à la femme en ques­tion pour tra­vail bâ­clé, d'où, se­lon lui sa ré­ac­tion ven­ge­resse, la femme agres­seur parle d'har­cè­le­ment sexuel.

Qua­rante quatre in­di­vi­dus sont par­ve­nus ave leur sit-in anar­chique à blo­quer toutes les routes me­nant aux sites de pro­duc­tion de phos­phates à Met­laoui. Et ce­la dure de­puis près d’une se­maine après un autre sit-in dé­man­te­lé à Md­hil­la. Une grève de deux jours chez les sta­tions ser­vices a été évi­tée in-ex­tre­mis après mi­nuit de la jour­née de lun­di der­nier après un ac­cord ob­te­nu sous la pres­sion et les me­naces et après avoir créé une énième psy­chose chez les ci­toyens. Et ce n’est ni la pre­mière, ni la deuxième fois que ce genre de scènes de pa­nique ar­rive, sa­chant que le pu­blic a été in­for­mé juste la veille après-mi­di ! Est-ce lé­gal ? Est-ce lo­gique et mo­ral de prendre en otages les ci­toyens et de nuire à leurs in­té­rêts de la sorte et, par­des­sus le mar­ché, sans pré­avis. ? Dans la même jour­née du lun­di, une scène hor­rible tour­née en vi­déo a fait le tour des ré­seaux so­ciaux en y créant un buzz énorme. On y voit une femme en train de blas­phé­mer, d’in­sul­ter et de ta­per des­sus le dé­lé­gué de Si­di Has­sine. Elle lui a fait su­bir une vé­ri­table hu­mi­lia­tion en le mor­dant, en le gi­flant, en lui fai­sant co­gner la tête contre le mur et en es­sayant de l’étran­gler en ti­rant sur sa cra­vate. Et dire que cette scène, qui a du­ré plus de trois mi­nutes, s’est dé­rou­lée de­vant une foule com­po­sée de di­zaines de té­moins ocu­laires en plus des mil­lions qui ont vi­sion­né la vi­déo. Une foule in­dif­fé­rente et sans la moindre ré­ac­tion pour mettre un terme à cette agres­sion. Et au mo­ment où le dé­lé­gué in­voque un ques­tion­naire à la femme en ques­tion pour tra­vail bâ­clé, d’où, se­lon lui sa ré­ac­tion ven­ge­resse, la femme agres­seur parle d’har­cè­le­ment sexuel. En at­ten­dant la fin de son in­ter­ro­ga­toire pour avoir une idée plus pré­cise de sa ver­sion, cette agres­sion de­meure in­ex­cu­sable.

Car la loi pu­nit l’au­teur de l’agres­sion contre un em­ployé au mo­ment de l’exer­cice de ses fonc­tions. Et puis, à ce rythme là, ce se­rait la loi de la jungle où cha­cun se fait jus­tice tout seul par soi­même. Où est l’etat comme di­rait Ha­ma­di Je­ba­li du temps où il était, lui-même, chef du gou­ver­ne­ment ? Où est le pres­tige de l’etat, un concept cher au pré­sident de la Ré­pu­blique ac­tuel et qui en avait fait, même, son slo­gan de cam­pagne élec­to­rale ?! Et même Yous­sef Cha­hed, dans son dis­cours de­vant l’as­sem­blée des re­pré­sen­tants du peuple (ARP) pour l’ob­ten­tion de la confiance, il avait an­non­cé et pro­mis qu’il n’y au­ra plus de sit-in anar­chique, ni de grève sau­vage et que l’etat se fe­ra, do­ré­na­vant, res­pec­ter en ap­pli­quant la loi… Pour­tant, on n’a pas vu, une seule fois, des cas où la loi a été ap­pli­quée. C’est tou­jours l’etat qui cède pour évi­ter que ça ex­plose ici ou là. A Ker­ken­nah près de six mi­nistres n’ont pas pu se faire res­pec­ter et ont dû, en fin de compte, ca­pi­tu­ler en ap­pli­quant toutes les condi­tions des contes­ta­taires au lieu d’ap­pli­quer la loi. Pire en­core, les membres du gou­ver­ne­ment se sont engagés à faire an­nu­ler toutes les pour­suites ju­di­ciaires à l’en­contre des agres­seurs et des cas­seurs des biens pu­blics ! Si c’est ce­la ce qu’on ap­pelle « faire res­pec­ter la loi » et pré­ser­ver le pres­tige de l’etat, alors, on peut dire « adieu », à ce res­pect et à ce pres­tige.

Il faut dire que si le pays est dans l’état où il est ac­tuel­le­ment, un état dé­sas­treux à tous les ni­veaux avec des si­gnaux sé­rieux quant à la faillite de l’etat, si des me­sures ur­gentes et éner­giques n’étaient pas prises, c’est en grande par­tie au lais­ser-al­ler ob­ser­vé du­rant toutes ces der­nières an­nées d’après la Ré­vo­lu­tion du 14 jan­vier 2011. Il faut dire que du­rant toutes ces an­nées, l’etat n’a ni ap­pli­qué la loi, ni né­go­cié des so­lu­tions de com­pro­mis avec les pro­tes­ta­taires. A chaque fois, on constate que l’etat ab­dique et leur donne une suite fa­vo­rable. Et au bout de la course, nous avons une masse sa­la­riale qui a dou­blé en cinq ans, un taux d’en­det­te­ment de près de 62% et une somme de six mil­liards de di­nars à trou­ver pour bou­cler l’an­née 2016 en cours ! Mais là où le bât blesse, c’est le manque ter­rible à ga­gner à cause du non paie­ment des im­pôts par les grandes en­tre­prises, les grosses for­tunes et les pro­fes­sions li­bé­rales dont plus par­ti­cu­liè­re­ment les mé­de­cins, les avo­cats et autres ar­chi­tectes et in­gé­nieurs pri­vés. Et là en­core, c’est le pauvre « zaoua­li » sa­la­rié qui se voit re­te­nir men­suel­le­ment à la source des sommes consi­dé­rables sur sa paie ! Où est l’etat ? M. Cha­hed avait bien pro­mis d’ap­pli­quer la loi avant de ré­af­fir­mer que la place des contre­ban­diers et des cor­rom­pus se trouve en pri­son ! Des pa­roles qui res­tent sans sui­vi. Et s’il n’y a pas des opé­ra­tions éner­giques et au­da­cieuses, dans un ave­nir très proche, pour ar­rê­ter ces ba­rons, qu’on dit « in­tou­chables, ou du moins un ou deux noms si­gni­fi­ca­tifs, il se­ra trop dif­fi­cile, pour le gou­ver­ne­ment de le faire par la suite. La ques­tion qui se pose est que Yous­sef Cha­hed a-t-il suf­fi­sam­ment de cou­rage et des ar­rières suf­fi­sam­ment pro­té­gés pour se lan­cer dans une ac­tion aus­si « pé­rilleuse » ? Fran­che­ment et à moins d’im­pré­vu voire car­ré­ment d’un mi­racle, le fléau semble beau­coup plus dur à en­di­guer. Et pour être ob­jec­tif, et d’après cer­taines in­dis­cré­tions, le chef du gou­ver­ne­ment vou­drait bien frap­per de grands coups spec­ta­cu­laires, sur­tout que les noms consti­tuent un se­cret de po­li­chi­nelle, mais il pa­raît qu’on lui a fait com­prendre que les re­tom­bées né­ga­tives et né­fastes de pa­reilles ar­res­ta­tions, se­raient en­core plus dan­ge­reuses que s’ils étaient lais­sés en li­ber­té et libres de leurs mou­ve­ments pour conti­nuer à pra­ti­quer leur « ma­nège ». La so­lu­tion? Des proches des cercles de dé­ci­sion in­diquent qu’ils n’en voient au­cune pour le mo­ment. Et c’est ce qui a fait dire un jour­na­liste, pré­sent à une réunion te­nue par le chef du gou­ver­ne­ment avec les pre­miers res­pon­sables de plu­sieurs mé­dias de la place: « La Tu­ni­sie est au bord de la faillite ». Cette phrase trop pes­si­miste et ré­pé­tée à plu­sieurs re­prises, mais ap­pa­rem­ment trop réa­liste, aus­si, reflète, dé­sor­mais, l’état des lieux dé­sas­treux et tra­duit, sur­tout, le sen­ti­ment d’im­puis­sance à la plus haute échelle du pou­voir pour y re­mé­dier. S’en sor­ti­ra t-on, comme d’ha­bi­tude, lors des « pro­lon­ga­tions » ? Es­pé­rons, même si la tâche s’an­nonce, cette fois-ci, au­tre­ment plus ar­due.

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