«En­semble, on se res­semble»

Le Temps (Tunisia) - - La Une - De notre en­voyé spé­cial en Wal­lo­nie Lot­fi BEN KHELIFA

La 31è édi­tion du FIFF, le fes­ti­val in­ter­na­tio­nal du film fran­co­phone de Na­mur, en Bel­gique, qui a dé­mar­ré le 30 sep­tembre et qui se pour­sui­vra jus­qu'au 6 oc­tobre, bat son plein. Le ma­ra­thon des pro­jec­tions, toutes sec­tions confon­dues et les ac­ti­vi­tés pa­ral­lèles comme les ren­contres pro­fes­sion­nelles, sont toutes aus­si im­por­tantes que les films dé­jà prêts et sé­lec­tion­nés. La Tu­ni­sie y par­ti­cipe avec trois films : le long-mé­trage do­cu­men­taire : « Zei­neb n'aime pas la neige », de Kaou­ther Ben Hé­nia, en com­pé­ti­tion of­fi­cielle, le long mé­trage de fic­tion : « Hé­di » de Mo­ha­med Ben At­tia, à la com­pé­ti­tion ré­ser­vée à la pre­mière oeuvre avec le co­mé­dien Ma­jd Mas­tou­ra qui par­ti­cipe éga­le­ment à l'ate­lier « Gé­né­ra­tion Ta­lents » et le court-mé­trage de fic­tion : « La laine sur le dos », de Lot­fi Achour, à la com­pé­ti­tion des courts mé­trages et pré­sen­té éga­le­ment à la sec­tion « FIFF Cam­pus. »

La 31è édi­tion du FIFF, le fes­ti­val in­ter­na­tio­nal du film fran­co­phone de Na­mur, en Bel­gique, qui a dé­mar­ré le 30 sep­tembre et qui se pour­sui­vra jus­qu’au 6 oc­tobre, bat son plein. Le ma­ra­thon des pro­jec­tions, toutes sec­tions confon­dues et les ac­ti­vi­tés pa­ral­lèles comme les ren­contres pro­fes­sion­nelles, sont toutes aus­si im­por­tantes que les films dé­jà prêts et sé­lec­tion­nés. La Tu­ni­sie y par­ti­cipe avec trois films : le long-mé­trage do­cu­men­taire : « Zei­neb n’aime pas la neige », de Kaou­ther Ben Hé­nia, en com­pé­ti­tion of­fi­cielle, le long mé­trage de fic­tion : « Hé­di » de Mo­ha­med Ben At­tia, à la com­pé­ti­tion ré­ser­vée à la pre­mière oeuvre avec le co­mé­dien Ma­jd Mas­tou­ra qui par­ti­cipe éga­le­ment à l’ate­lier « Gé­né­ra­tion Ta­lents » et le court-mé­trage de fic­tion : « La laine sur le dos », de Lot­fi Achour, à la com­pé­ti­tion des courts mé­trages et pré­sen­té éga­le­ment à la sec­tion « FIFF Cam­pus. »

Il est à si­gna­ler, tout d’abord, que plu­sieurs films en com­pé­ti­tion ne laissent pas in­dif­fé­rent. Et pa­ra­doxa­le­ment à l’am­biance dé­con­trac­tée, ami­cale, de dé­cou­verte faite de par­tage qui ca­rac­té­rise le fes­ti­val de Na­mur, à l’in­té­rieur des salles, ce sont les maux et les pro­blèmes liés à la re­li­gion, à la pré­ser­va­tion in­tacte des tra­di­tions et le di­lemme de s’en sor­tir, à l’in­com­pré­hen­sion ré­ci­proque, au re­fus de l’autre dont souffrent plu­sieurs so­cié­tés d’eu­rope, du sud de l’eu­rope et même d’autres ré­gions du monde, qui sont évo­qués dans les films que nous avons dé­jà vus. « Hé­di » ra­conte l’his­toire d’une ré­vo­lu­tion, non pas celle que la Tu­ni­sie a vé­cu un cer­tain 14 jan­vier 2011, mais celle d’un jeune homme, à la veille de son ma­riage. Il choi­si­ra de me­ner sa propre vie de­vant l’obs­ti­na­tion d’une mère ca­rac­té­rielle au­to­ri­taire et tout son en­tou­rage fa­mi­lial et pro­fes­sion­nel, l’obli­geant à op­ter pour un choix im­po­sé qui lui plait ou ne lui plait pas. Il semble avoir été sau­vé grâce à une dé­ter­mi­na­tion à faire son propre choix et à tra­cer le che­min de la vie qu’il pré­fère et es­père. Une his­toire d’amour y est in­ter­ve­nue. Ma­jd Mas­tou­ra ex­plose dans le rôle de Hé­di, comme l’in­dique son pré­nom dans son sens en langue arabe, mais aus­si par son si­lence in­quié­tant et sa ré­volte, quoique très tar­dive. Comme quoi, fau­drait-il au­jourd’hui par­ler en Tu­ni­sie de l’éman­ci­pa­tion de l’homme, après celle de la femme ? Tant que tout est re­mis en cause en ce temps. Pa­ra­doxes

D’un autre cô­té, le film « Akhd­har Yabes » de l’égyp­tien Mo­ha­med Ham­mad, ose par­ler de la re­la­tion de la femme avec son in­ti­mi­té à tra­vers l’his­toire d’iman, une jeune femme tra­di­tion­nelle qui a dû s’oc­cu­per de sa jeune soeur ca­dette No­ha, à la mort de leurs pa­rents. Iman va faire fi des tra­di­tions lors­qu’elle re­çoit une pro­po­si­tion de ma­riage. Quant au film fran­çais »Tour de France », réa­li­sé par l’al­gé­rien Ra­chid Djai­da­ni, il épouse son époque en sou­le­vant moult pro­blèmes liés à l’in­com­pré­hen­sion entre gens de re­li­gions dif­fé­rentes, au conflit de gé­né­ra­tions avec un jeune Fran­çais conver­ti à l’is­lam et qui est chas­sé par son père. Le rôle de ce der­nier est ad­mi­ra­ble­ment joué par Gé­rard De­par­dieu qui in­carne un peintre ama­teur de Claude Jo­seph Ver­net, un peintre du dix hui­tième siècle qui avait peint des vues des ports de France. Et puis il y a le rôle de Sa­dek, le rap­peur à tout prix Et c’est à un tour des ports de France que nous convie le film entre ce rap­peur conver­ti en chauf­feur du père. Une tra­gi­co­mé­die qui fait des clins d’oeil à des réa­li­tés amères.

* « En­semble, on se res­semble » est une phrase et une idée à creu­ser pro­non­cée par le réa­li­sa­teur al­gé­rien Ra­chid Djai­da­ni lors de la pré­sen­ta­tion de son film en com­pé­ti­tion : « Tour de France. »

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