Nous avons tout com­pris de tra­vers…

Le Temps (Tunisia) - - La Une - Sa­mia HARRAR

Pour la Sy­rie, comme pour la Li­bye. Nous nous sommes four­voyés, n'y avons vu que du feu, pé­da­lé dans la se­moule à qui mieux, mieux, avant de com­prendre que nous avions tout faux, et qu'il fau­drait do­ré­na­vant, avant de s'avan­cer en toutes choses, sur­tout sur des su­jets aus­si brû­lants, sa­voir rai­son gar­der, pour ne pas s'em­mê­ler les pin­ceaux, et som­brer dans un ri­di­cule, le­quel, ici en l'oc­cur­rence, tue plus qu'à son compte, sans user de la mé­ta­phore, mais d'armes vé­ri­ta­ble­ment meur­trières, qui ne se mu­nissent d'au­cune pré­cau­tion, pour frap­per à l'aveugle, sans autre forme de pro­cès.

Pour la Sy­rie, comme pour la Li­bye. Nous nous sommes four­voyés, n’y avons vu que du feu, pé­da­lé dans la se­moule à qui mieux, mieux, avant de com­prendre que nous avions tout faux, et qu’il fau­drait do­ré­na­vant, avant de s’avan­cer en toutes choses, sur­tout sur des su­jets aus­si brû­lants, sa­voir rai­son gar­der, pour ne pas s’em­mê­ler les pin­ceaux, et som­brer dans un ri­di­cule, le­quel, ici en l’oc­cur­rence, tue plus qu’à son compte, sans user de la mé­ta­phore, mais d’armes vé­ri­ta­ble­ment meur­trières, qui ne se mu­nissent d’au­cune pré­cau­tion, pour frap­per à l’aveugle, sans autre forme de pro­cès. Mea culpa : est-ce que ce­la sert à grand-chose main­te­nant, sauf à étour­dir notre conscience qui n’en peut mais, d’avoir été me­née en ba­teau, ber­née, ber­cée par le chant des si­rènes, bien dé­ci­dées à avoir le der­nier mot. Le fin mot d’une his­toire ter­rible, qui n’a fait que se ré­pé­ter la­men­ta­ble­ment, sans que nous ayons, à au­cun mo­ment, fait l’ef­fort d’ou­vrir vé­ri­ta­ble­ment les yeux, pour em­bras­ser, dans sa lar­geur, toute la pers­pec­tive, afin d’éva­luer la si­tua­tion avec plus de jus­tesse, pour au moins ten­ter d’en dé­coudre, avant qu’il ne soit ef­fec­ti­ve­ment trop tard pour cor­ri­ger le tir. Trop tard pour en­tre­prendre quoi que ce soit, trop tard pour chan­ger la donne, trop tard pour in­ver­ser la va­peur, trop tard pour avoir des re­grets, et en­core moins des re­mords. Alors main­te­nant qu’il est pos­sible de chan­ger son fu­sil d’épaule, il ne faut pas hésiter une se­conde. Oui, il faut re­prendre, et le plus tôt se­ra le mieux, nos re­la­tions di­plo­ma­tiques avec la Sy­rie. Oui, il faut sou­te­nir Ba­char, oui, dix mille fois oui; il faut contrer l’hydre mons­trueuse qui veut se re­paître de tout le Moye­no­rient, n’en fai­sant qu’une bou­chée, in­sa­tiable et vo­race, ten­ta­cu­laire et dan­ge­reuse, per­fide et mons­trueuse, et qui ne voit pas, en réa­li­té, plus loin que le bout de son nez. Parce qu’un jour elle se re­tour­ne­ra pour man­ger sa queue, jus­qu’à s’étouf­fer par son propre sang, em­poi­son­né par une po­li­tique, ex­pan­sion­niste et ar­bi­traire, qui croit faire « joujou » avec la carte du monde, mais qui va au fi­nal à sa propre perte. Elle connaî­tra son creux de la vague. Et il se­ra tel­le­ment creux qu’elle au­ra du mal à re­mon­ter. Les plus grands em­pires ont connu leurs « creux de la vague ». Quand on va très loin on n’a pas le temps de re­ve­nir à l’heure juste. Ils n’en sont pas re­ve­nus. La Sy­rie au­ra le der­nier mot. Ce ne se­rait pas plus mal si on l’ai­dait à te­nir le sty­lo. Même un crayon fe­ra l’af­faire. Pour re­tis­ser le lien.

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