Re­prise des né­go­cia­tions entre Bo­go­ta et les Farc

Le Temps (Tunisia) - - Monde -

Co­lom­bie

Les né­go­cia­teurs du gou­ver­ne­ment co­lom­bien et ceux des re­belles mar­xistes des Farc se sont re­trou­vés mar­di à La Ha­vane après le re­jet di­manche par ré­fé­ren­dum de l'ac­cord de paix pé­ni­ble­ment né­go­cié pen­dant quatre an­nées. Ap­pe­lés à se pro­non­cer sur ce texte, les Co­lom­biens ont re­je­té à une courte ma­jo­ri­té un com­pro­mis qu'ils consi­dé­raient comme trop clé­ment pour les gué­rille­ros en lutte contre le pou­voir cen­tral de­puis plus d'un de­mi-siècle, une ré­bel­lion qui a fait près de 250.000 morts. Le gou­ver­ne­ment co­lom­bien a an­non­cé que les né­go­cia­teurs Hum­ber­to de la Calle et Ser­gio Ja­ra­mil­lo étaient de re­tour à La Ha­vane pour re­prendre les dis­cus­sions avec leurs ho­mo­logues re­belles des Farc et sa­voir quelles étaient les in­ten­tions de ces der­niers. La ca­pi­tale cu­baine est le lieux des pour­par­lers entre les deux camps de­puis 2012. Le pro­ces­sus de sau­ve­tage de l'ac­cord de paix risque d'être long et com­plexe et la mi­nistre co­lom­bienne des Af­faires étran­gères Ma­ria An­ge­la Hol­guin a dé­cla­ré que la dé­ci­sion de rou­vrir les dis­cus­sions in­com­bait aux re­belles. Tous les Co­lom­biens, y com­pris ceux qui ont vo­té contre l'ac­cord de paix lors du ré­fé­ren­dum, sont fa­vo­rables à un ar­rêt des hos­ti­li­tés. Pour l'ins­tant, la trêve est res­pec­tée par les deux par­ties.

Dans la soi­rée de mar­di, le pré­sident co­lom­bien, Juan Ma­nuel San­tos, a an­non­cé que le ces­sez-le-feu mis en place en août se­rait pro­lon­gé jus­qu'à la fin du mois pour per­mettre un ac­cord. L'ac­cord de ces­sez-le-feu si­gné en août a été ren­du nul par le ré­sul­tat du ré­fé­ren­dum. "J'es­père que nous pour­rons avan­cer dans l'ac­cord et dans le dia­logue en vue de ren­for­cer les cor­rec­tions et les com­pro­mis qui nous per­met­tront de pro­gres­ser vers une so­lu­tion à ce conflit", a dit Juan Ma­nuel San­tos dans un com­mu­ni­qué.

Sa dé­cla­ra­tion a sus­ci­té l'in­quié­tude dans les rangs des Farc, qui s'in­ter­rogent sur l'après 31 oc­tobre.

"A par­tir de là, est-ce que la guerre conti­nue ?", a dit sur Twit­ter le chef des Farc, Ti­mo­chen­ko. Le com­man­dant re­belle Pas­tor Alape a conseillé aux com­bat­tants Farc de se re­tran­cher dans des po­si­tions sûres pour évi­ter toute pro­vo­ca­tion. Les op­po­sants à l'ac­cord de paix, dont l'an­cien pré­sident Al­va­ro Uribe, re­jettent deux points : l'oc­troi de sièges pour des re­pré­sen­tants des Farc au congrès et l'immunité pour les chefs de la ré­bel­lion.

Tout l'en­jeu de cette re­né­go­cia­tion est de sa­voir si les re­belles sont prêts à ac­cep­ter des condi­tions moins fa­vo­rables, en échange d'un as­sou­plis­se­ment des exi­gences d'uribe. Ce der­nier, qui a re­fu­sé pen­dant des an­nées de ren­con­trer les né­go­cia­teurs re­belles, s'est dit prêt main­te­nant à contri­buer à une so­lu­tion com­mune.

Trois re­pré­sen­tants d'uribe, lea­der du Centre dé­mo­cra­tique (droite), doivent exa­mi­ner cer­tains dé­tails avec trois re­pré­sen­tants du gou­ver­ne­ment. Une ren­contre est pré­vue au re­tour de Hum­ber­to de la Calle de son dé­pla­ce­ment à Cu­ba. La vic­toire du "non" lors du ré­fé­ren­dum a ré­son­né comme un cui­sant échec pour le pré­sident Juan Ma­nuel San­tos qui doit ren­con­trer Al­va­ro Uribe hier ma­tin, ont an­non­cé les ser­vices de la pré­si­dence.

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