Les is­la­mistes res­te­raient-ils au pou­voir ?

Le Temps (Tunisia) - - Monde -

Hier, les Ma­ro­cains ont vo­té pour élire leurs dé­pu­tés. Ils vont confir­mer les is­la­mistes du Par­ti jus­tice et dé­ve­lop­pe­ment (PJD), au pou­voir, ou op­ter pour la for­ma­tion ri­vale, le Par­ti au­then­ti­ci­té et mo­der­ni­té (PAM), les deux par­tis qui do­minent la vie po­li­tique ma­ro­caine. - Les is­la­mistes du PJD sont ar­ri­vés aux af­faires de­puis 2011, à la suite du «Mou­ve­ment du 20 fé­vrier», le Prin­temps arabe ma­ro­cain.

C’est la seule for­ma­tion is­la­miste en­core à la tête du gou­ver­ne­ment en Afrique du Nord. - Le PAM, la for­ma­tion des «mo­der­nistes», est d’obé­dience so­cio-li­bé­rale. Fon­dée en 2008, elle est au­jourd’hui di­ri­gée par Ilyas El Oma­ri.

L’ar­bi­trage du scru­tin lé­gis­la­tif est as­su­ré par le roi Mo­ham­med VI, chef de l’etat et «com­man­deur des croyants», qui conserve l’es­sen­tiel des pou­voirs. Le PJD, qui s’ap­puie sur la classe moyenne et ur­baine, cherche à ob­te­nir un deuxième man­dat pour «conti­nuer la ré­forme». Il re­ven­dique le même «ré­fé­ren­tiel» is­la­mique. Le PAM, lui, dé­nonce un bi­lan «ca­tas­tro­phique» et s’in­quiète d’une «is­la­mi­sa­tion ram­pante» de la so­cié­té.

Im­plan­té dans les zones ru­rales et chez les no­tables, il se pose en «dé­fen­seur des li­ber­tés» et de la condi­tion fé­mi­nine. Cette for­ma­tion pro­met d’en­voyer plu­sieurs femmes au Par­le­ment. Des res­pon­sables du PJD ac­cusent le mi­nis­tère de l’in­té­rieur de par­tia­li­té et d’uti­li­sa­tion des moyens de l’etat en fa­veur du PAM. Les ten­sions ont néan­moins bais­sé au dé­but de la cam­pagne, au point que le mi­nistre ma­ro­cain de l’in­té­rieur, Mo­ha­med Has­sad, s’est fé­li­ci­té du «cli­mat po­si­tif» dans le­quel elle s’est dé­rou­lée.

Il a aus­si ré­af­fir­mé sa vo­lon­té d’or­ga­ni­ser un «scru­tin in­tègre et trans­pa­rent». Près de 16 mil­lions de Ma­ro­cains sont ap­pe­lés à élire 395 dé­pu­tés, se­lon un sys­tème de liste à la pro­por­tion­nelle. Quelque 4 000 ob­ser­va­teurs, dont 92 dé­ployés par des or­ga­ni­sa­tions in­ter­na­tio­nales, ont été ac­cré­di­tés.

Sur la tren­taine de par­tis par­ti­ci­pant aux élec­tions, huit ont une vé­ri­table au­dience na­tio­nale. Le taux d’abs­ten­tion, de 55% en 2011, est l’un des en­jeux du scru­tin, sa­chant qu’un tiers du corps élec­to­ral n’est pas ins­crit sur les listes.

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