De fil en ai­guille...

Le Temps (Tunisia) - - La Une - Sa­mia HAR­RAR

Ce n’est pas Pé­né­lope, mais ça y res­semble. Même si l’in­ten­tion est loin d’être la même. Sauf qu’il faut lui concé­der une chose: avoir du coeur à l’ou­vrage, c’est bien son truc en plume. Il fau­dra qu’il fasse gaffe à s’étouf­fer avec. S’il a per­du en­core une fois une oc­ca­sion de se taire? C’est qu’il se laisse al­ler ces der­niers temps. Im­pas­sible in­tra-mu­ros, il s’épanche à vo­lon­té si­tôt qu’il a l’oc­ca­sion de se confier à une ins­tance étran­gère. Qui sait? Peut-être qu’elle se­rait ac­quise à sa cause, et qu’elle joue­ra les porte-voix, lors­qu’il se­ra op­por­tun de tom­ber dé­fi­ni­ti­ve­ment le masque. Mais, ne se­rait-il pas un peu trop pres­sé des fois? Al­ler vite en be­sogne peut lui coû­ter, sauf qu’il sait ma­nier à mer­veille l’art de l’es­brouffe et de la mau­vaise foi cer­ti­fiée conforme, avec pa­raphe et tout le tra­la­la s’il le faut, pour re­bon­dir comme un chat, pris dans un fla­grant dé­lit sur un toit brû­lant. Au fond, il doit en avoir conscience, ou alors il a per­du le nord. Alors il rame des fois, sans déses­pé­rer pour au­tant, car, vi­si­ble­ment, il est tel­le­ment sûr d’avoir lar­ge­ment as­su­ré ses ar­rières, qu’il s’en fiche comme de l’an qua­rante d’être pris la main dans le sac. Ain­si donc, Daech se­rait donc l’is­lam en co­lère. Pour­quoi pas une ver­sion re­vi­si­tée du der­nier des justes? Ma­nière de dis­cul­per l’etat is­la­mique en lui trou­vant, - et pour le coup c’est cu­lot­té - des cir­cons­tances at­té­nuantes. Pour un peu, on ver­se­rait même une larme de com­pas­sion. Il faut les com­prendre ces gosses: ils ne sont pas si vi­lains, ils ont juste été pi­qués au vif, alors ils se vengent. Parce que, pour le sieur Ghannouchi, ces fous san­gui­naires re­pré­sen­te­raient l’is­lam? Et ne culti­ve­raient pas avec lui un im­mense mal­en­ten­du? Voi­là qui est de na­ture à ras­su­rer, sur le de­ve­nir de la Tu­ni­sie si elle tom­bait entre ses griffes. Car, pour le mo­ment il com­pose. Lâche du lest, ver­nis la fa­çade... Qu’en se­ra t-il de­main, si ja­mais En­nahd­ha, rem­por­tait les élec­tions et au­rait à gou­ver­ner, en ayant dé­fi­ni­ti­ve­ment les cou­dées franche, en étant seule à te­nir le gou­ver­nail? A notre humble avis, une hé­ca­tombe. Elle n’au­ra pas lieu. Tout sim­ple­ment parce qu’un pré­sident nahd­haoui, exa­mi­né sous toutes ses cou­tures, ne convainc pas. Peut-être dans une autre vie...

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