Pou­tine, Mer­kel et Hol­lande à Ber­lin

Le Temps (Tunisia) - - Monde -

L’« ar­rêt pro­vi­soire » des frappes me­nées par l’avia­tion russe et par celle du ré­gime de Da­mas sur les quar­tiers re­belles de l’est d’alep en vi­gueur de­puis mar­di 18 oc­tobre au soir de­vrait per­mettre la mise en oeuvre de la « pause hu­ma­ni­taire » pré­vue pour le sur­len­de­main. Cette an­nonce a été faite quelques heures avant «la réunion de tra­vail sur la Syrie» hier à Ber­lin entre Vla­di­mir Pou­tine, Fran­çois Hol­lande et An­ge­la Mer­kel. Elle de­vait se te­nir juste après leur ren­contre sur l’ukraine – celle-là élar­gie au pré­sident Pe­tro Po­ro­chen­ko – afin de ten­ter de re­lan­cer les ac­cords de paix de Minsk, de fé­vrier 2015, si­gnés sous un parrainage fran­co-al­le­mand afin de mettre un terme à la ré­bel­lion sé­pa­ra­tiste pro­russe à l’est du pays. Ce pro­ces­sus est au point mort. De­puis trois se­maines, le ton n’a ces­sé de mon­ter entre les Oc­ci­den­taux et la Rus­sie à pro­pos d’alep, la se­conde ville du pays, où les bom­bar­de­ments rus­so­sy­riens visent sciem­ment les po­pu­la­tions ci­viles des quar­tiers re­belles, les in­fra­struc­tures es­sen­tielles et les hô­pi­taux. Les Oc­ci­den­taux, à com­men­cer par Pa­ris, n’hé­sitent pas à par­ler de «crimes de guerre». De­puis le dé­but de la crise sy­rienne et plus en­core après son in­ter­ven­tion di­recte il y a un an afin de sau­ver le ré­gime de Ba­char Al-as­sad, le Krem­lin sait ca­li­brer ses ini­tia­tives di­plo­ma­tiques sur ses ob­jec­tifs mi­li­taires. Le but de l’of­fen­sive mas­sive lan­cée le 22 sep­tembre sur Alep-est, alors que se te­nait l’as­sem­blée gé­né­rale de L’ONU à New York, est de s’em­pa­rer de la to­ta­li­té de la ville et d’en­le­ver à la ré­bel­lion dé­mo­cra­tique an­ti-as­sad son der­nier vé­ri­table bas­tion ur­bain. Mais la re­con­quête mi­li­taire, même avec l’aide de l’avia­tion russe do­tée de bombes an­ti­bun­ker et, au sol, de celle des com­bat­tants du Hez­bol­lah li­ba­nais et de conseillers ira­niens, s’an­nonce aus­si longue que dif­fi­cile pour les forces du ré­gime. Quelque 250 000 ha­bi­tants ré­sistent dans les ruines. Le but est de vi­der la ville en lais­sant par­tir les ci­vils mais aus­si les com­bat­tants, y com­pris les dji­ha­distes de l’an­cien Front Al­nos­ra qui ne sont qu’une poi­gnée, entre 200 et 500 se­lon les ex­perts. Ce­la avait été fait no­tam­ment à Da­raya, dans la ban­lieue de Da­mas.

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