L'ar­mée s'at­tend à une ba­taille «fé­roce» à Mos­soul

■ Abou Ba­kr al Bagh­da­di, au­rait en­core été vu il y a trois jours dans la ville

Le Temps (Tunisia) - - La Une -

L'ar­mée ira­kienne a an­non­cé hier avoir re­pris la ville chré­tienne de Qa­ra­qosh, qui était sous le contrôle du groupe Etat is­la­mique de­puis 2014, dans le cadre des opé­ra­tions en cours pour dé­ga­ger les abords de Mos­soul, grand bas­tion ur­bain de L'EI dans le nord de l'irak. Le mi­nistre de l'in­té­rieur du gou­ver­ne­ment ré­gio­nal kurde a in­di­qué de son cô­té que les pesh­mer­gas n'étaient plus qu'à 5 km de la ville, où il a dit s'at­tendre à de­voir me­ner une ba­taille "fé­roce" contre L'EI dont le chef, Abou Ba­kr al Bagh­da­di, au­rait en­core été vu il y a trois jours dans la ville, se­lon des in­for­ma­tions non confir­mées.

Irak

L'ar­mée ira­kienne a an­non­cé hier avoir re­pris la ville chré­tienne de Qa­ra­qosh, qui était sous le contrôle du groupe Etat is­la­mique de­puis 2014, dans le cadre des opé­ra­tions en cours pour dé­ga­ger les abords de Mos­soul, grand bas­tion ur­bain de L'EI dans le nord de l'irak. Le mi­nistre de l'in­té­rieur du gou­ver­ne­ment ré­gio­nal kurde a in­di­qué de son cô­té que les pesh­mer­gas n'étaient plus qu'à 5 km de la ville, où il a dit s'at­tendre à de­voir me­ner une ba­taille "fé­roce" contre L'EI dont le chef, Abou Ba­kr al Bagh­da­di, au­rait en­core été vu il y a trois jours dans la ville, se­lon des in­for­ma­tions non confir­mées. A Bag­dad, dans le même temps, le se­cré­taire amé­ri­cain à la Dé­fense, Ash­ton Car­ter, est ar­ri­vé pour une vi­site in­opi­née au cours de la­quelle il a été re­çu par le Pre­mier mi­nistre Haï­dar al Aba­di. Ce­lui­ci a an­non­cé à cette oc­ca­sion avoir dé­cli­né la pro­po­si­tion de la Tur­quie de par­ti­ci­per à l'of­fen­sive de Mos­soul, lan­cée lun­di der­nier. De­puis six jours, l'ar­mée ira­kienne s'ef­force de pro­gres­ser vers Mos­soul à par­tir du sud, tan­dis que les com­bat­tants kurdes (pesh­mer­gas) tiennent les fronts à l'est et au nord de la mé­tro­pole.

Sur le front sud, des uni­tés de l'ar­mée ont at­teint hier le centre de Qa­ra­qosh, ville à une ving­taine de ki­lo­mètres de Mos­soul, et en­tre­pris une opé­ra­tion de net­toyage de la ville, qui a été vi­dée de sa po­pu­la­tion en 2014, lorsque les dji­ha­distes ont me­né une of­fen­sive-éclair dans le nord et l'ouest de l'irak. Avant de s'at­ta­quer à Qa­ra­qosh, des uni­tés spé­ciales de l'ar­mée ira­kienne avaient re­con­quis cette se­maine Bar­tel­la, une lo­ca­li­té chré­tienne au nord de la ville. Un mi­li­taire amé­ri­cain a es­ti­mé à moins de 200 le nombre de com­bat­tants dji­ha­distes en­core pré­sents à Qa­ra­qosh.

"J'ai vu des bar­ri­cades, je sup­pose qu'il y a des tran­chées et des tun­nels entre les bâ­ti­ments", a-t-il ajou­té sous le sceau de l'ano­ny­mat. Se­lon le ser­vice de presse de l'ar­mée ira­kienne, une cin­quan­taine de vil­lages ont été re­pris à L'EI de­puis le dé­clen­che­ment de l'of­fen­sive. Quatre à huit mille dji­ha­distes sont re­tran­chés dans Mos­soul, se­lon di­verses es­ti­ma­tions. Un pho­to­graphe de Reu­ters pré­sent sur le front sud a vu des co­lonnes de fu­mée qui s'éle­vaient d'une usine de soufre sous le contrôle de L'EI, dis­per­sant des gaz toxiques dans l'at­mo­sphère. On ignore si ce sont les dji­ha­distes qui l'ont in­cen­diée pour cou­vrir leur re­traite, comme des puits de pé­trole voisins, ou si elle a été en­dom­ma­gée au cours des com­bats. Les éma­na­tions toxiques ont pro­vo­qué l'hos­pi­ta­li­sa­tion de près d'un mil­lier d'ha­bi­tants pour des dif­fi­cul­tés res­pi­ra­toires de­puis ven­dre­di ma­tin, mais n'ont cau­sé pour le mo­ment au­cun dé­cès, a-t-on ap­pris sa­me­di de sources hos­pi­ta­lières. Les sol­dats amé­ri­cains dé­ployés dans ce sec­teur, en par­ti­cu­lier sur la base aé­rienne de Kayya­ra Ouest, ont re­çu l'ordre de por­ter leurs masques à gaz à titre de pré­cau­tion, ont dit des res­pon­sables de l'ar­mée amé­ri­caine. Le jour­na­liste de Reu­ters a aus­si vu des sol­dats ira­kiens équi­pés de masques à gaz. A Kir­kouk, où L'EI avait lan­cé ven­dre­di une at­taque de di­ver­sion, les au­to­ri­tés ont in­di­qué hier avoir re­pris le contrôle de la ville et par­tiel­le­ment le­vé le couvre-feu dé­cré­té la veille, a rap­por­té la té­lé­vi­sion d'etat ira­kienne en ci­tant son cor­res­pon­dant dans la ville. Haï­dar al Aba­di avait or­don­né ven­dre­di soir à une bri­gade de l'ar­mée de faire marche sur Kir­kouk pour ai­der les pesh­mer­gas, qui contrôlent la ville, à ve­nir à bout des dji­ha­distes re­tran­chés dans cer­tains bâ­ti­ments. Une cin­quan­taine de per­sonnes ont été tuées dans les af­fron­te­ments, en grande ma­jo­ri­té des membres des ser­vices de sé­cu­ri­té kurdes mais aus­si quatre in­gé­nieurs ira­niens qui ef­fec­tuaient des tra­vaux de main­te­nance dans une cen­trale élec­trique si­tuée au nord de la ville, se­lon une source mé­di­cale. On dé­nombre en outre 80 bles­sés.

Ce bi­lan n'en­globe pas les dji­ha­distes qui ont été tués ou se sont fait ex­plo­ser du­rant ces af­fron­te­ments. Les com­bat­tants kurdes ont pris le contrôle de Kir­kouk en 2014, après le re­trait de l'ar­mée ira­kienne de la ré­gion, face à l'avan­cée-éclair de L'EI dans le nord et l'ouest de l'irak.

Se­lon le mi­nistre de l'in­té­rieur du gou­ver­ne­ment ré­gio­nal kurde, les der­niers dé­ve­lop­pe­ments sur le ter­rain montrent que les dji­ha­distes se bat­tront jus­qu'au bout pour dé­fendre Mos­soul.

"Si Mos­soul tombe, le ca­li­fat qu'ils ont pro­cla­mé est fi­ni", a dé­cla­ré Ka­rim Sind­ja­ri à Reu­ters. "S'ils perdent Mos­soul, ils n'au­ront plus nulle part où al­ler, à part Rak­ka (en Sy­rie)."

Le res­pon­sable kurde, qui dé­tient aus­si le por­te­feuille de la Dé­fense, s'at­tend à ce que ses troupes aient à li­vrer une ba­taille achar­née dans les ruelles de la vieille ville de Mos­soul.

"Les rues sont très étroites. On ne peut pas y en­voyer de vé­hi­cules, pas de chars. Ca va être un com­bat d'homme à homme", pré­dit-il.

D'après Ka­rim Sind­ja­ri, la ba­taille de Mos­soul a en réa­li­té dé­jà com­men­cé à l'in­té­rieur de la ville, où des ha­bi­tants se se­raient sou­le­vés contre les dji­ha­distes et au­raient abat­tu plu­sieurs d'entre eux en pleine rue. "Ils ne veulent pas de Daech. Il y a des gens qui ont des armes, qui lancent des at­taques ci­blées la nuit puis qui dis­pa­raissent", a-t-il dit en évo­quant des "in­for­ma­tions concor­dantes" que Reu­ters n'a pas pu vé­ri­fier.

L’ar­mée ira­kienne près de Mos­soul

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