Le Fa­do voya­geur

La Fa­do, le genre mu­si­cal por­tu­gais consti­tué de chants po­pu­laires au thème mé­lan­co­lique, n’était pas seule­ment chan­té au pre­mier de­gré l’autre soir au Pa­lais En­ne­j­ma Ez­zah­ra, abri­tant le Centre des mu­siques arabes et mé­di­ter­ra­néennes, à Si­di Bou Saïd, da

Le Temps (Tunisia) - - Arts & Culture -

Cette chan­teuse ve­nait prou­ver qu’elle est l’une des meilleures « fa­dis­tas » de sa gé­né­ra­tion. On re­dé­cou­vrait le Fa­do, qu’on croyait quelque peu triste, car cette chan­teuse a su en ti­rer les meilleurs mor­ceaux d’hier et d’au­jourd’hui qui ont tra­ver­sé le temps et les conti­nents. L’am­biance était

joyeuse du­rant toute la du­rée du spec­tacle de plus d’une heure. Ma­ria Ana Bo­bone pré­cé­dait cha­cune de ses in­ter­pré­ta­tions d’une brève ex­pli­ca­tion, tout en cor­ri­geant elle-même son fran­çais hé­si­tant. Les rythmes chan­geaient et le Fa­do tra­di­tion­nel était tou­jours pré­sent. Le pu­blic était

in­vi­té à re­prendre quelques re­frains des oeuvres qu’elle pro­po­sait. La chan­teuse a même in­ter­pré­té le Fa­do de sa­lon, moins con­nu. Pour ce­la, elle s’est ins­tal­lée au pia­no et a fait va­loir sa maî­trise à en jouer dans une at­mo­sphère de si­lence et de pé­nombre où seuls, elle et son pia­no, étaient sous les spots. Un vo­let ex­cep­tion­nel pour ce concert. Quant aux mu­si­ciens, les deux gui­ta­ristes avaient aus­si bien im­pro­vi­sé que joué en­semble des ins­tru­men­taux et ont ac­com­pa­gné l’in­ter­prète dans ses vol­tiges vo­cales. La can­ta­trice n’hé­si­tait pas à ta­per des mains. Le pu­blic, sans qu’on le sol­li­cite sui­vait le rythme de plu­sieurs chants en ta­pant des mains éga­le­ment et à l’unis­son. Le rap­pel était in­évi­table et l’en­semble de Ma­ria Ana Bo­bone al­lait of­frir une ul­time chan­son à son pu­blic en­chan­té.

Pro­mis­cui­té et in­ti­mi­té

Le charme de tels spec­tacles pro­po­sés par le CMAM, est le lieu ma­gique où ils se dé­roulent. Il semble pour­tant ne pas se prê­ter à de grands évé­ne­ments mu­si­caux es­sen­tiel­le­ment vu l’étroi­tesse de l’es­pace. Le pu­blic fi­dèle s’en est ha­bi­tué et les ar­tistes qui s’y pro­duisent sont par­mi le pu­blic presque en­tas­sé pour avoir une place pour l’amour de la mu­sique, d’une autre mu­sique, ici tra­di­tion­nelle et néo-tra­di­tion­nelle avec « Mû­si­qât. »

Lot­fi BEN KHELIFA

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