En sou­ve­nir de Sa­loua Khaya­ti Aya­chi

Le Temps (Tunisia) - - Arts & Culture - Lot­fi BEN KHELIFA

En­core un dé­part, à ja­mais. En­core un adieu que nous fai­sons à Sa­loua Khaya­ti Aya­chi, l’an­cienne té­lé­spea­ke­rine à la Té­lé­vi­sion tu­ni­sienne. Elle nous a quit­tés tout ré­cem­ment, en si­lence et presque dans l’in­dif­fé­rence. On y est dé­jà ha­bi­tués, tel­le­ment la mé­moire et les ar­chives de­meurent le maillon qui manque à la chaîne chez notre chère té­lé­vi­sion na­tio­nale. L’usure du temps y a été pour quelque chose, sans sou­le­ver la ques­tion de l’in­gra­ti­tude qui n’existe pas, par­fois, mais qui s’im­pose d’elle-même. Le temps passe vite et em­porte avec lui nos images et nos sou­ve­nirs d’an­tan. Car, qui se sou­vient au­jourd’hui de Sa­loua Aya­chi ?

Et c’est étrange, tout d’abord, de lire dans les mé­dias, tous sup­ports confon­dus, que la dé­funte a com­men­cé sa car­rière avec le dé­mar­rage de la Té­lé­vi­sion tu­ni­sienne, en 1966. En­core un ra­fraî­chis­se­ment de mé­moire qui s’im­pose. Sa­loua Khaya­ti Aya­chi n’a in­té­gré la té­lé­vi­sion qu’en 1971 à la suite d’un concours pour le re­cru­te­ment de té­lé­spea­ke­rines. Elle était par­mi les quatre can­di­dates qui y ont réus­si et par­mi elles : Fi­kria Da­li. Soit deux pour le pro­gramme en langue arabe et deux pour le pro­gramme en langue fran­çaise et al­ter­na­ti­ve­ment, s’il le faut. C’était au temps où notre bonne vieille té­lé­vi­sion dif­fu­sait en soi­rée un pro­gramme lo­cal en langue fran­çaise, avec des émis­sions pro­duite par des Tu­ni­siens, d’autres ame­nées de France et d’ailleurs, en plus de re­lier en di­rect les pro­grammes de la té­lé­vi­sion fran­çaise. Sa­loua Aya­chi ap­pa­rais­sait tout sou­rire et presque tous les soirs pour an­non­cer les pro­grammes. Ce­la a été jus­qu’à la fin des an­nées quatre vingt et le dé­but des an­nées quatre vingt dix où le pro­cé­dé de la pré­sen­ta­tion des pro­grammes par des té­lé­spea­ke­rines a été aban­don­né.

Que sont-elles de­ve­nues alors ? Elles par­ti­ci­paient par­fois à la pré­sen­ta­tion de va­rié­tés, ou elles pré­sen­taient les in­fos, à l’ins­tar des re­gret­tées Wa­hi­da Bel­haj et Ne­zi­ha Magh­re­bi qui avaient pro­duit des émis­sions cultu­relles.

Fa­ta­li­té

Le rap­port avec le té­lé­spec­ta­teur pour toutes les an­ciennes té­lé­spea­ke­rines était de­ve­nu très li­mi­té, si­non to­ta­le­ment ab­sent. Le nou­veau pro­cé­dé Rares étaient celles qui pré­sen­taient les pro­grammes té­lé­vi­sés avec une nou­velle as­tuce, celle en off. Pour­tant, une té­lé­spea­ke­rine, c’est une voix et sur­tout un vi­sage qui vou­drait trans­mettre des ondes po­si­tives. La té­lé­spea­ke­rine de­ve­nait l’amie de toutes les fa­milles tu­ni­siennes, en fai­sant par­tie de leur quo­ti­dien. Paix à l’âme de notre chère et re­gret­tée Sa­loua Aya­chi que les gé­né­ra­tions des té­lé­spec­ta­teurs des an­nées soixante et soixante dix du siècle der­nier se sou­viennent en­core.

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