Une guerre sans mer­ci !

Le Temps (Tunisia) - - La Une - Nou­red­dine HLAOUI

La plu­part des in­di­ca­teurs laissent en­tendre que la lutte contre la cor­rup­tion et la contre­bande est en­ga­gée. Des faits concrets sont bien là pour confir­mer le lan­ce­ment d’une ba­taille, voire car­ré­ment une guerre sans mer­ci contre les deux fléaux sus­ci­tés et qui se­raient, pro­ba­ble­ment, der­rière bien de fi­lières « ter­ro­ristes ». Ain­si, même s’il ne s’est pas bien mon­tré en pu­blic, Yous­sef Cha­hed, le chef du gou­ver­ne­ment d’union na­tio­nale, prouve qu’il est pré­sent et qu’il agit en avan­çant sur la bonne voie de l’éra­di­ca­tion du phé­no­mène de la cor­rup­tion.

La plu­part des in­di­ca­teurs laissent en­tendre que la lutte contre la cor­rup­tion et la contre­bande est en­ga­gée. Des faits concrets sont bien là pour confir­mer le lan­ce­ment d’une ba­taille, voire car­ré­ment une guerre sans mer­ci contre les deux fléaux sus­ci­tés et qui se­raient, pro­ba­ble­ment, der­rière bien de fi­lières « ter­ro­ristes ». Ain­si, même s’il ne s’est pas bien mon­tré en pu­blic, Yous­sef Cha­hed, le chef du gou­ver­ne­ment d’union na­tio­nale, prouve qu’il est pré­sent et qu’il agit en avan­çant sur la bonne voie de l’éra­di­ca­tion du phé­no­mène de la cor­rup­tion.

Il l’avait pro­mis. Il s’y était en­ga­gé. Et il passe à la phase de l’exé­cu­tion. L’af­faire s’an­nonce de longue ha­leine exi­geant une vo­lon­té de fer et une pa­tience dou­blée d’une té­na­ci­té à toute épreuve pour es­pé­rer ve­nir à bout d’une si­tua­tion gan­gré­née de­puis de nom­breuses an­nées. Il est évident que les Tu­ni­siens sont im­pa­tients car ils ont at­ten­du très long­temps pour voir, en­fin, un haut res­pon­sable joindre l’acte à la pa­role. Et s’il a un bon nombre d’autres « Omar Man­sour » avec lui, on peut se mon­trer op­ti­miste quant à l’is­sue fi­nale, du moins l’is­sue de la pre­mière ba­taille. En ef­fet, le gou­ver­neur de Tu­nis a été le fer de lance de la lutte face aux contre­ban­diers. Et après le suc­cès de la des­cente à la Rue des Sa­lines, il a ré­ci­di­vé avec la fa­meuse Rue Si­di Bou­men­dil en ci­blant le maillon in­ter­mé­diaire de la chaîne, en l’oc­cur­rence les en­tre­pôts et leurs pro­prié­taires. Bien en­ten­du, le com­mun des ci­toyens au­rait bien ai­mé et pré­fé­ré que l’on s’at­taque di­rec­te­ment aux « gros poissons », comme on dit, mais à force d’être pres­sé et de brû­ler les étapes, il y de gros risques qu’on se brûle soi-même et qu’on rate tout.

Or, en s’at­ta­quant à ces têtes in­ter­mé­diaires, le chef du gou­ver­ne­ment semble avoir pris la bonne, ferme mais sage dé­ci­sion et en­tre­pris l’ap­proche idéale dans cette guerre dans le sens où de par ces des­centes dé­sta­bi­li­santes pour les par­ties concer­nées, c’est tout le sys­tème des contre­ban­diers qui se re­trouve, un tant soit peu dé­sta­bi­li­sé.

L’es­sen­tiel étant de per­sé­vé­rer et de gar­der cet es­prit de vi­gi­lance et de dé­ter­mi­na­tion afin de ne lais­ser au­cun ré­pit à ces mal­fai­teurs qui sa­botent l’éco­no­mie na­tio­nale et font perdre à l’etat des sommes co­los­sales, sa­chant que, se­lon, les der­nières études et es­ti­ma­tions, les échanges dans le com­merce pa­ral­lèles en­traînent un manque à ga­gner à l’etat de près de dix mil­liards de di­nars par ans ! Ni plus, ni moins…

Et si l’on sait que, d’après les in­for­ma­tions four­nies par les cercles rap­pro­chés du gou­ver­ne­ment, les der­nières des­centes ont per­mis des sai­sies de mar­chan­dises dont la va­leur est éva­luée à près de 300 mille di­nars par jour, on s’aper­çoit que l’etat peut ré­cu­pé­rer, au bout d’une an­née, le dixième du mon­tant to­tal des pertes. C’est dire que le che­min s’avère trop long, mais il fal­lait bien com­men­cer un jour. Et Yous­sef Cha­hed a osé prendre l’ini­tia­tive face à ces mas­to­dontes de la contre­bande qui consti­tue­raient une par­tie de la ma­fia in­ter­na­tio­nale der­rière le fléau du ter­ro­risme. D’où le terme uti­li­sé par le chef du gou­ver­ne­ment en dis­cu­tant de cette ques­tion avec ses col­la­bo­ra­teurs qu’il se­ra, cette fois-ci, « sans pi­tié » en­vers tous les contre­ve­nants. D’ailleurs, on ap­prend qu’il s’est en­tou­ré, entre autres d’une équipe mul­ti­tâches et prête à ef­fec­tuer des des­centes à n’im­porte quel mo­ment dans le cadre de cette mis­sion. Une équipe com­po­sée de contrô­leurs, de doua­niers et de sé­cu­ri­taires pour s’ac­quit­ter d’ac­tions avec ef­fi­ca­ci­té et cé­lé­ri­té.

Et les ré­sul­tats ne se sont pas fait at­tendre puisque des opé­ra­tions ont été, dé­jà, me­nées à tra­vers pas moins de cinq gou­ver­no­rats dont Tu­nis, la Ma­nou­ba, Sousse, Jen­dou­ba et Le Kef où le bu­tin s’est ré­vé­lé as­sez consis­tant avec l’es­poir qu’il soit plus éle­vé avec le temps et avec le ro­dage des membres des équipes char­gées de ce dos­sier. Mais pour rendre à Cé­sar, il est utile de mettre en exergue le rôle dé­ter­mi­nant et l’at­ti­tude cou­ra­geuse d’omar Man­sour, gou­ver­neur de Tu­nis, qui a don­né le ton et le si­gnal prou­vant que quand la vo­lon­té est là, tout suit. N’est-il pas ce­lui de la ci­ta­tion de­ve­nue cé­lèbre : « ce­lui qui a peur, n’a qu’à res­ter chez lui » ?! De­puis, d’autres gou­ver­neurs ont fon­cé pour ap­pli­quer et s’in­sé­rer dans la même stra­té­gie avec l’es­poir que cette ap­proche soit gé­né­ra­li­sée à toutes les ré­gions de la Tu­ni­sie afin que les ré­sul­tats et les chiffres des prises soient plus consis­tants. Car, des don­nées concrètes font res­sor­tir que les en­tre­pôts mis sur pied par les contre­ban­diers existent dans chaque dé­lé­ga­tion et dans chaque lo­ca­li­té du pays. Et dans ces « ca­vernes d’ali Ba­ba », on trouve de tout : les ci­ga­rettes, le car­bu­rant, les vê­te­ments, les four­ni­tures sco­laires, les jouets, etc. Ain­si, le chef du gou­ver­ne­ment d’union na­tio­nale est en train de dé­mon­trer qu’il ne peut, certes, pas « mettre en pri­son un che­vreau », mais par son ac­tion et sa dé­ter­mi­na­tion il prouve qu’in­di­rec­te­ment, il ne tar­de­ra pas à conduire de « gros poissons » vers la pri­son. Il faut dire que le chef du gou­ver­ne­ment, a aus­si d’autres chats à fouet­ter et d’autres chan­tiers qu’il doit dé­blayer dans un cadre d’une stra­té­gie com­plé­men­taire et glo­bale pour que le Tu­ni­sien constate à vue d’oeil les chan­ge­ments du cadre gé­né­ral de la vie quo­ti­dienne.

C’est ain­si, qu’il a su­per­vi­sé, en per­sonne, l’opé­ra­tion de re­mise de la pre­mière tranche des équi­pe­ments de pro­pre­té pour toutes les mu­ni­ci­pa­li­tés en Tu­ni­sie. Le ma­té­riel consiste en 156 équi­pe­ments de différentes tailles et fonc­tions, re­mis en tant que pre­mière tranche d’une conven­tion-cadre en­glo­bant 396 équi­pe­ments de pro­pre­té des­ti­nés à 264 mu­ni­ci­pa­li­tés. Le chef du gou­ver­ne­ment a pro­fi­té de cette oc­ca­sion pour as­su­rer que, d’ici fin 2016, toutes les mu­ni­ci­pa­li­tés du ter­ri­toire tu­ni­sien se­ront équi­pées du ma­té­riel in­dis­pen­sable, sou­li­gnant que les ef­forts dé­ployés ac­tuel­le­ment visent à consa­crer les res­sources hu­maines né­ces­saires d’une ma­nière ef­fi­cace. Il n’a pas man­qué d’af­fir­mer que la pro­pre­té consti­tue un axe prin­ci­pal de l’ac­tion gou­ver­ne­men­tale et un des points de base sti­pu­lés dans l’ac­cord de Car­thage. Et de rap­pe­ler que la pro­chaine pré­oc­cu­pa­tion se­ra la conso­li­da­tion des centres de trai­te­ment des dé­chets. Voi­là ce qui donne du baume au coeur et prouve que Yous­sef Cha­hed ne parle pas beau­coup, mais il opte pour du concret. Et c’est tant mieux.

Ce qui n’est pas le cas de cer­tains de ses mi­nistres qui conti­nuent à pa­ra­der sur les pla­teaux ra­dio­té­lé­vi­sés. En ef­fet, des spé­cia­listes en com­mu­ni­ca­tion conseillent à ces mi­nistres de se re­te­nir de se rendre, pour un oui ou un non, sur les­dits pla­teaux au risque de com­mettre des ba­vures ver­bales en se trou­vant obli­gés de dis­cu­ter avec n’im­porte qui des af­faires de l’etat. Les membres du gou­ver­ne­ment sont ap­pe­lés à trou­ver la po­tion idéale pour ne com­mu­ni­quer que lors­qu’ils ils ont vrai­ment quelque chose d’im­por­tant à dire et à an­non­cer…

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