«Si on ne règle pas la ques­tion de l’im­pu­ni­té, tout fi­ni­ra par s’écrou­ler»

Bas­ma Khal­faoui, pré­si­dente de la Fon­da­tion Cho­kri Be­laïd contre la vio­lence :

Le Temps (Tunisia) - - La Une - En­tre­tien conduit par Sal­ma BOURAOUI S.B

Qu’est ce qui a pous­sé Jar­raya à dé­fier toutes les ins­ti­tu­tions de l’etat ou­ver­te­ment et pu­bli­que­ment ? Quant quel­qu’un le fait comme il l’a fait lui, pour moi, cette per­sonne ne peut être qu’un traître de la Pa­trie et de l’etat. L’af­faire de Cho­kri Be­laïd est un crime d’etat. Les ins­ti­tu­tions de l’etat sont im­pli­quées et elles fe­ront donc tout pour cette im­pli­ca­tion ne soit pas ré­vé­lée.

Il n’existe plus d’équipe qui dé­tient un vrai pro­jet à long-terme et ce­la a ame­né les agents de l’etat à ne plus se sen­tir sé­rieu­se­ment im­pli­qués. Dans une si­tua­tion de peur de l’in­con­nu, tout le monde a ten­dance à cher­cher ‘des ré­serves’. La seule so­lu­tion qui nous reste c’est la ré­ha­bi­li­ta­tion de la confiance entre les ci­toyens et l’etat et il n’y a pas mieux que le dos­sier des as­sas­si­nats po­li­tique pour le faire. L’at­mo­sphère gé­né­rale du pays nour­rit cette crise de confiance : per­sonne n’a confiance en per­sonne. Ce pro­blème de confiance en­globe tout et tout le monde.

-Le Temps : Nou­velle au­dience, nou­veau re­port mais, sur­tout, nou­vel in­ci­dent ce ven­dre­di au Tri­bu­nal. Que s’est-il réel­le­ment pas­sé ?

Bas­ma Khal­faoui : Le jour de l’au­dience, j’ai ra­me­né mes filles avec moi par obli­ga­tion puis­qu’elles sont en va­cances et que je n’ai pas trou­vé où les pla­cer. A ma grande sur­prise, un agent leur a for­mel­le­ment in­ter­dit d’ac­cé­der à la salle. Ney­rouz a es­sayé de né­go­cier en lui ex­pli­quant qu’elle vou­lait juste voir la salle de l’in­té­rieur. De mon cô­té, je suis al­lée voir l’agent qui m’a ex­pli­qué qu’il est for­mel­le­ment in­ter­dit de faire en­trer les filles. C’est là que je lui ai ex­pli­qué qu’il s’agit, tout d’abord, d’un droit lé­gal et que tout le monde a le droit d’en­trer et d’as­sis­ter aux au­diences – les au­diences sont pu­bliques comme le sti­pule la Cons­ti­tu­tion – et que, de deux, il s’agit des filles du mar­tyr. A ce­la on m’a ré­pon­du qu’il fal­lait qu’il de­mande l’au­to­ri­sa­tion à ses su­pé­rieurs. On est en­tré dans un dé­bat as­sez mus­clé. Cet in­ci­dent m’a pro­vo­qué parce que je l’ai sen­ti comme une hu­mi­lia­tion à l’en­contre des filles du mar­tyr, de sa fa­mille, de lui et de ce pour quoi il a payé de sa vie. Cet in­ci­dent re­pré­sente, aus­si, une hu­mi­lia­tion aux ins­ti­tu­tions de l’etat qui consi­dèrent que Cho­kri Be­laïd est le sym­bole de la Ré­vo­lu­tion. Après une telle consi­dé­ra­tion, que l’une de ces mêmes ins­ti­tu­tions hu­mi­lie le mar­tyr, ses filles et toute son af­faire, ce­la ne peut que nous pro­vo­quer et nous cho­quer. Pour tout vous dire, la Cour me donne l’im­pres­sion de gé­rer une simple af­faire sem­blable à celle d’un ac­ci­dent de la route. Jus­qu’à au­jourd’hui, je n’ai ja­mais de­man­dé à ce que la loi soit en­freinte. Au contraire, je fais tout ce que je peux pour que la loi soit ap­pli­quée. Si la loi in­ter­di­sait l’ac­cès à la salle, j’au­rais, au pire, de­man­dé une ex­cep­tion pour mes filles. -Pen­sez-vous qu’il existe des par­ties qui ont ten­té d’exer­cer une cer­taine ten­sion pour af­fec­ter l’at­mo­sphère de l’au­dience? Si oui, les­quelles ? Oui cer­tai­ne­ment. Je pense qu’il s’agit du pro­cu­reur de la Ré­pu­blique en per­sonne, puisque c’est lui qui a été der­rière les blo­cages de l’af­faire de­puis son dé­but : je tiens à rap­pe­ler qu’il a non seule­ment en­freint l’ar­ticle 50 mais qu’il a, en plus, dé­fier le co­mi­té de dé­fense en re­fu­sant de lui pro­cu­rer le rap­port de la clô­ture de l’en­quête . Il a dé­fié la loi, les ins­ti­tu­tions et l’etat. A la pre­mière oc­ca­sion, il a re­fait la même chose en sa qua­li­té de pro­cu­reur de la Ré­pu­blique. L’in­ter­dic­tion a in­fluen­cé toute l’at­mo­sphère et c’est ce qu’il vou­lait. Na­da et Ney­rouz n’ont pas été les seules à avoir été em­pê­chées d’ac­cé­der au bâ­ti­ment : les mi­li­tants du Front po­pu­laire, les mi­li­tants de la so­cié­té ci­vile et tous ceux qui étaient ve­nus de­vant le Tri­bu­nal ont eu le droit au même trai­te­ment. -Pour re­ve­nir à la dé­ci­sion du re­port de l’au­dience. En quoi re­pré­sente-elle une avan­cée po­si­tive pour vous ? Parce que c’est le co­mi­té de dé­fense qui a de­man­dé le re­port. Cette re­quête sur­vient suite à quelques points et je vais es­sayer de vous ex­po­ser. Ce re­port est de­ve­nu, tout d’abord, une obli­ga­tion après que nous ayons consta­té que la com­po­si­tion de la Cour, à qui nous avons re­le­vé le point, n’est plus dans la lé­gi­ti­mi­té : ce­lui qui été juge d’ins­truc­tion – contre qui nous avons dé­po­sé trois autres plaintes et une autre plainte au­près du Tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif contre sa no­mi­na­tion – de­vient, lui-même, pro­cu­reur de la Ré­pu­blique dans la même com­pé­tence ter­ri­to­riale. La lé­gi­ti­mi­té de la Cour, de ce fait, est de­ve­nue in­cer­taine de part de la pré­sence de cette per­sonne. Par ailleurs, le dos­sier est tou­jours di­vi­sé en deux : la par­tie la plus im­por­tante est en­core au ni­veau de la Chambre d’ac­cu­sa­tion qui va dé­ci­der de sa conti­nui­té ou pas. Nous vou­lons que le dos­sier soit pour­sui­vi parce que nous consi­dé­rons que les en­quêtes ne sont pas en­core ache­vées. On ne peut donc pas tran­ché dans une af­faire dont une par­tie est en­core au ni­veau des en­quêtes. De plus, nous avons be­soin que l’au­dience soit re­por­tée parce que le pro­cu­reur gé­né­ral et le co­mi­té de la dé­fense ont for­mu­lé des de­mandes conformes à l’adresse de la Chambre d’ac­cu­sa­tions pour que l’en­quête soit être pour­sui­vie. Tout ce­la sans ou­blier notre autre re­quête qui re­quiert du juge d’ins­truc­tion d’en­tendre de nou­veaux ac­cu­sés. -Si on vou­lait sim­pli­fier en­core plus les choses, est-ce que vous es­ti­mez que l’af­faire est sur la bonne voie ou êtes­vous plu­tôt dans une lo­gique, que par­tagent cer­tains, qui dit que le dos­sier fi­ni­ra par être ‘per­du’ ? Chaque af­faire bien dé­fen­due n’est ja­mais per­due. L’af­faire de Cho­kri Be­laïd est un crime d’etat : les ins­ti­tu­tions de l’etat sont im­pli­quées et elles fe­ront donc tout pour cette im­pli­ca­tion ne soit pas ré­vé­lée. Je suis consciente du fait que l’on ne connaî­tra pro­ba­ble­ment pas les com­man­di­taires de­main. Tou­te­fois, et il ne s’agit pas d’un simple slo­gan, on ne s’ar­rê­te­ra pas et on est en train d’avan­cer mal­gré tout ce qu’a fait Bé­chir Aker­mi pour blo­quer l’af­faire. Les dé­ci­sions de la chambre d’ac­cu­sa­tion et de la Cour de cas­sa­tion qui nous ont don­né en rai­son en ce qui concerne le blo­cage, l’am­bigüi­té et l’ef­frac­tion de l’ar­ticle 50, re­pré­sentent un réel es­poir. La deuxième dé­ci­sion de la clô­ture de l’en­quête est en train d’être re­vue, et ce­la est, aus­si, un bon signe. Si dé­cep­tion il y a, elle pro­vient plu­tôt de la part des ins­ti­tu­tions de l’etat qui n’ont te­nu au­cune de leur pro­messe en ce qui concerne le dé­voi­le­ment de la vé­ri­té. On ne veut, par cette de­mande, pous­ser vers au­cune ef­frac­tion de la loi con­trai­re­ment à ce que pré­tendent cer­tains. L’af­faire de Cho­kri Be­laïd connait plu­sieurs vio­la­tions et nous nous y op­po­sons fer­me­ment. Nous sommes pour l’in­dé­pen­dance de la Jus­tice et es­ti­mons que cette af­faire est une oc­ca­sion en or pour que la Jus­tice prouve son in­dé­pen­dance. Ni la loi ni son es­sence ne sont ap­pli­qués et res­pec­tés dans le trai­te­ment de cette af­faire. Je ne de­mande pas la vé­ri­té ab­so­lue mais si on n’ar­rive pas à voir que les ins­ti­tu­tions sont réel­le­ment en train de dé­ployer des ef­forts, les ci­toyens fi­ni­ront par perdre toute confiance. Si on ne règle pas la ques­tion de l’im­pu­ni­té, tout fi­ni­ra par s’écrou­ler. Je ne parle pas uni­que­ment de l’af­faire Cho­kri Be­laïd mais de tous les autres dos­siers qui concernent le pays et qui, je pense, sont condam­nés par cette confiance. La seule so­lu­tion qui nous reste c’est la ré­ha­bi­li­ta­tion de la confiance entre les ci­toyens et l’etat et il n’y a pas mieux que le dos­sier des as­sas­si­nats po­li­tique pour le faire. Tout ce qu’on est en train de faire à cô­té – les chan­ge­ments des gou­ver­ne­ments etc – ne sert ab­so­lu­ment à rien tant que cette confiance n’est pas res­tau­rée. -Votre ré­ponse nous ren­voie au dos­sier de la cor­rup­tion qui est de­ve­nu un vrai far­deau en Tu­ni­sie. Tout d’abord, je pense que l’ex­pan­sion de la cor­rup­tion est un peu ‘lo­gique’ après une ré­vo­lu­tion, un grand chan­ge­ment po­li­tique, une im­por­tante in­sta­bi­li­té et neuf gou­ver­ne­ments. C’est re­la­ti­ve­ment nor­mal que l’etat et ses mé­ca­nismes se dé­sta­bi­lisent après tout ce­la. Il n’existe plus d’équipe qui dé­tient un vrai pro­jet à long-terme et ce­la a ame­né les agents de l’etat à ne plus se sen­tir sé­rieu­se­ment im­pli­qués. Dans une si­tua­tion de peur de l’in­con­nu, tout le monde a ten­dance à cher­cher ‘des ré­serves’. Pour contrer tout ce­la, il nous faut une vi­sion claire : un gou­ver­ne­ment ho­mo­gène ayant une réelle al­ter­na­tive à long terme. La cor­rup­tion n’a pas été contrée sé­rieu­se­ment et via des ma­noeuvres trans­pa­rentes et ef­fi­caces. C’est pour cette rai­son que je re­viens tou­jours aux dos­siers des as­sas­si­nats, parce qu’ils re­pré­sentent un par­fait exemple de la ma­nière avec la­quelle il faut lut­ter contre l’im­pu­ni­té qui re­pré­sente le vrai pi­lier pour la cor­rup­tion. Jus­qu’à pré­sent, nous n’avons vu au­cun sym­bole de cor­rup­tion pas­ser par le mé­ca­nisme de la Jus­tice. L’ins­tance vé­ri­té et di­gni­té, par exemple, s’est ré­con­ci­liée avec Slim Chi­boub. La ré­con­ci­lia­tion en soit ne peut, en au­cun cas, por­ter at­teinte à la so­cié­té mais quand elle n’a pas été conforme aux pro­cé­dures de la jus­tice tran­si­tion­nelle (ra­con­ter ce qui s’est réel­le­ment pas­sé, ar­chi­ver les réa­li­tés pour l’his­toire du pays, les ex­cuses pu­bliques pour qu’il n’y a pas de ran­cunes) on peut es­ti­mer que l’af­faire a été ba­fouée. Pour­quoi cette ins­tance ne tra­vaille pas dans la trans­pa­rence et ne suit pas toutes les pro­cé­dures de la ré­con­ci­lia­tion ? La ré­con­ci­lia­tion de tous les concer­nés ne doit pas se faire avec L’IVD mais avec toute la so­cié­té tu­ni­sienne et ce­la n’a pas été le cas pour l’af­faire en ques­tion. Slim Chi­boub n’est évi­de­ment qu’un exemple et il y a d’autres cas qui se passent loin du pu­blic, dans les cou­lisses. Si je cite Chi­boub c’est parce qu’il re­pré­sente le cas qui a été le plus mé­dia­ti­sé. -On dit que la li­ber­té de presse est notre plus grand ac­quis post­ré­vo­lu­tion­naire. Mais au­jourd’hui, ce sec­teur est ac­cu­sé de cor­rup­tion et on a même vu Cha­fik Jar­raya s’en fé­li­ci­ter à la té­lé­vi­sion. Ce fléau fi­ni­ra-t-il par rem­por­ter la par­tie ? Vous ne po­sez pas la bonne ques­tion : il faut se de­man­der jus­qu’à quand tout ce­la va du­rer ? Qu’est ce qui a pous­sé Jar­raya à dé­fier toutes les ins­ti­tu­tions de l’etat ou­ver­te­ment et pu­bli­que­ment ? Quant quel­qu’un le fait comme il l’a fait lui, pour moi, cette per­sonne ne peut être qu’un traître de la Pa­trie et de l’etat. Dans cette condi­tion où l’etat est af­fai­bli de l’in­té­rieur, une per­sonne qui vient ren­for­cer l’ab­sence de confiance entre l’etat et les ci­toyens en af­fi­chant, fiè­re­ment, ce dé­fi (il a sur­tout dé­fié l’ins­ti­tu­tion ju­di­ciaire) de­vient une sorte d’in­ci­ta­tion aux autres pour dé­fier la loi. Al­lez voir au­jourd’hui un ven­deur am­bu­lant et de­man­dez lui pour­quoi il ne res­pecte pas les lois, il vous de­man­de­ra d’al­ler de­man­der des comptes à Jar­raya. Il faut cher­cher qui est der­rière cette per­sonne, qui la pro­tège pour qu’elle puisse dé­fier l’etat de la sorte. Ce genre d’in­ci­dent ap­pro­fon­dit l’at­mo­sphère de l’ab­sence de confiance. Il y a une vo­lon­té pour dé­truire l’etat et la ques­tion c’est où est la stra­té­gie pour ré­pondre à ce genre de plans. -Après le cli­vage iden­ti­taire, nous vi­vons au­jourd’hui le cli­vage entre les dif­fé­rents corps et sec­teurs. Qu’en pen­sez-vous ? En Tu­ni­sie, nous avons une crise au ni­veau des re­pré­sen­tants des ins­tances, des par­tis et des struc­tures. Il faut se rap­pe­ler que tous les avo­cats ne sont pas contre la ré­forme de l’im­pôt et j’en fais moi­même par­tie. J’es­time qu’il faut que l’on paie nos im­pôts cor­rec­te­ment. Né­go­cier oui, mais pas de la sorte. Payer nos im­pôts et don­ner des sa­cri­fices nous don­ne­ra le droit après d’être par­mi ceux qui de­mandent, en pre­mier, des comptes. Pa­reils pour les mé­de­cins, les phar­ma­ciens etc. Mais, ceux qui re­pré­sentent ces sec­teurs ne sont pas des re­pré­sen­tants de toutes les ten­dances des mêmes sec­teurs. Ils suivent la mi­no­ri­té in­fluente qui nous im­pose des prises de po­si­tion qui ne sont, gé­né­ra­le­ment, pas les nôtres. C’est quand on af­fronte des ques­tions ma­té­rielles que l’on peut réel­le­ment dé­mon­trer notre pa­trio­tisme. L’at­mo­sphère gé­né­rale du pays nour­rit cette crise de confiance : per­sonne n’a confiance en per­sonne. Ce pro­blème de confiance en­globe tout et tout le monde. Les ins­tances, les par­tis po­li­tiques, les ins­ti­tu­tions de l’etat, les dif­fé­rents sec­teurs pro­fes­sion­nels et, sur­tout, les sec­teurs or­ga­ni­sés. Qui est der­rière cette crise de confiance ? Il faut trou­ver la ré­ponse pour pou­voir y re­mé­dier. -Ce­la nous ren­voie au fa­meux ‘di­vi­ser pour mieux ré­gner’ ?

Oui c’est pos­sible. Di­vi­ser et dire que tout est chao­tique. Que ce soit les is­la­mistes qui gou­vernent sans ap­pa­raître ou en­core les Tra­bel­si qui, dit-on, sont en train de se pré­pa­rer pour re­ve­nir au de­vant de la scène. Il existe pro­ba­ble­ment des par­ties der­rière ce chaos. De toute ma­nière, tout est pos­sible et le constat est le même : le pays nage en doutes, la confiance est bri­sée et la faillite existe sur tous les plans : plus rien ni per­sonne n’a de la va­leur en Tu­ni­sie. -Donc c’est plu­tôt un ta­bleau noir que vous dres­sez ?

Ce n’est pas moi qui le dresse, je ne fais que re­prendre la réa­li­té. C’est un ta­bleau sur­réa­liste. Ce­ci dit, même les der­nières ma­noeuvres po­li­tiques, dont celle du chan­ge­ment du gou­ver­ne­ment, re­pré­sentent quand-même la lueur d’une vo­lon­té de re­nou­vel­le­ment. Les ci­toyens sont tou­jours dans la vo­lon­té de chan­ger leur si­tua­tion. On doit me­ner notre com­bat pour que la ci­toyen­ne­té, la so­cié­té ci­vile et l’etat soientt ins­tau­rés. Il faut que l’on com­batte l’im­pu­ni­té pour que la confiance soit ré­ta­blie. Il faut que l’on soit conscient qu’il s’agit d’un long com­bat et il faut que tous les ef­forts se conjuguent afin que l’on puisse rem­por­ter la par­tie. Je pense qu’il faut com­men­cer par ins­tau­rer la vraie in­dé­pen­dance de la Jus­tice pour ar­ri­ver jus­te­ment à battre l’im­pu­ni­té et à ins­tau­rer la confiance.

Quelques mois nous sé­parent de la com­mé­mo­ra­tion de la qua­trième an­née de l’as­sas­si­nat de Cho­kri Be­laïd et le dos­sier conti­nue de ra­mer au ni­veau de la Jus­tice. Le co­mi­té de dé­fense du mar­tyr ain­si que sa fa­mille conti­nuent à me­ner cette ul­time ba­taille qui vise à le­ver le voile et à dé­voi­ler toute la vé­ri­té au su­jet de cette af­faire qui a consti­tué, rap­pe­lons-le, un tour­nant dans l’his­toire du pays. Une nou­velle au­dience vient d’être re­por­tée par la Cour. Tou­te­fois, il sem­ble­rait que ce re­port a été de­man­dé par le co­mi­té de dé­fense. C’est dans ce cadre que nous avons été re­çus par Bas­ma Khal­faoui, pré­si­dente de la Fon­da­tion Cho­kri Be­laïd contre la vio­lence et membre du Co­mi­té de dé­fense.

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