Même pas peur!

Le Temps (Tunisia) - - La Une -

Ce­la veut dire quoi oser? Avoir du coeur au ventre, et les idées claires. Pour pou­voir les mettre en pra­tique, sans crainte de se trom­per. Oser en­tre­prendre. Oser chan­ger les choses. Oser bot­ter en touche sans sour­ciller. Un “up­per­cut”, s'il fait du bien là où ça fait mal, n'est pas de trop pour se­couer le co­co­tier.

Ce­la veut dire quoi oser? Avoir du coeur au ventre, et les idées claires. Pour pou­voir les mettre en pra­tique, sans crainte de se trom­per. Oser en­tre­prendre. Oser chan­ger les choses. Oser bot­ter en touche sans sour­ciller. Un “up­per­cut”, s’il fait du bien là où ça fait mal, n’est pas de trop pour se­couer le co­co­tier. A l’aune de l’ad­mi­nis­tra­tion tu­ni­sienne, qui a pris le pli et s’en ac­com­mode as­sez de­puis des lustres, puisque c’est conçu pour du­rer, et que ça dure hé­las, comme un di­manche plat, c’est tou­jours peu, et pas as­sez. Car il ne faut pas y al­ler mol­lo. C’est éprou­vé: la ré­sis­tance est de mise, et pas qu’aux Mar­quises... Gé­né­ti­que­ment consti­tuée pour ac­cu­ser tous les coups sans bron­cher. Pour­vu qu’on ne lui de­mande pas l’ef­fort de faire des ef­forts. Ce n’est pas son fort! Même pas peur? Le pré­sident du gou­ver­ne­ment ne croit pas si bien dire: cer­taines ha­bi­tudes ont la peau dure, qui sapent en pro­fon­deur, toute ten­ta­tive de dé­cons­truire, pour construire du so­lide en évo­luant avec l’air du temps pour ne pas être à la traîne. C’est qu’elle a don­né - et elle conti­nue - du fil à re­tordre à tous ceux qui s’y sont frot­tés. Et qui s’y sont pi­qués. For­cé­ment! L’ad­mi­nis­tra­tion et sa lour­deur bu­reau­cra­tique, qui étouffe et as­phyxie tout signe avant-cou­reur d’une quel­conque em­bel­lie, qui lui de­man­de­rait, outre l’huile du coude, l’au­dace, et sur­tout la vo­lon­té af­fir­mée, de tran­cher dans le vif, quand il le faut, et au­tant de fois qu’il le faut, jus­qu’à ce qu’ar­ri­vée à bon port, n’aime pas le chan­ge­ment. Il faut dire que le voyage risque d’être très long! Car il ne faut pas se voi­ler la face: si bien de l’eau est pas­sée sous les ponts, du tra­vail sur la planche, il y en a à per­pète..., vu le train que prennent les choses, sous nos douces la­ti­tudes, avant de consen­tir au moindre pas. Pour­tant bou­ger, ce n’est pas perdre ses repères: c’est juste en adop­ter d’autres, en confor­mi­té avec de nou­veaux be­soins, qui nous as­saillent de toutes parts, rap­pe­lant, si be­soin est, que l’ave­nir ap­par­tient aux au­da­cieux. Ceux qui se fixent un ob­jec­tif, et savent s’y te­nir. Re­muant ciel et mon­tagne s’il le faut, pour le faire abou­tir. Sans avoir la main qui tremble. Sa­mia HARRAR

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.