La France met fin à l’opé­ra­tion San­ga­ris

Le Temps (Tunisia) - - MONDE -

La France a of­fi­ciel­le­ment mis fin hier à l’opé­ra­tion San­ga­ris dé­clen­chée en dé­cembre 2013 en Cen­tra­frique tout en as­su­rant qu’elle res­te­rait aux cô­tés des au­to­ri­tés de Ban­gui, tou­jours confron­tées à des flam­bées de vio­lences entre groupes ar­més. «San­ga­ris a rem­pli sa mis­sion», a dé­cla­ré le mi­nistre fran­çais de la Dé­fense, Jeanyves Le Drian, lors de la cé­ré­mo­nie de clô­ture de l’opé­ra­tion au camp mi­li­taire de M’po­ko, à Ban­gui. «Vous aviez trois mis­sions : mettre fin au chaos, ac­com­pa­gner les forces in­ter­na­tio­nales et per­mettre la te­nue d’élec­tions. Ces trois mis­sions sont rem­plies, per­sonne ne peut le contes­ter», a-t-il sou­li­gné. Pour au­tant, «ce n’est pas parce que l’opé­ra­tion San­ga­ris s’achève que la France aban­donne la Cen­tra­frique», a-t-il dit.

«Nous res­te­rons très vi­gi­lants sur l’évo­lu­tion de la si­tua­tion et nous conser­ve­rons une ca­pa­ci­té d’in­ter­ven­tion avec un très court pré­avis grâce à un éche­lon lo­cal et grâce aux uni­tés de l’opé­ra­tion Bar­khane et aux autres forces pré­po­si­tion­nées en Afrique», a pré­ci­sé le mi­nistre. Lan­cée sous man­dat de l’onu le 5 dé­cembre 2013 pour mettre fin à un cycle de vio­lences entre com­mu­nau­tés, San­ga­ris -- du nom d’un pa­pillon afri­cain -- a mo­bi­li­sé au plus fort de la crise plus de 2.000 hommes. Les ef­fec­tifs mi­li­taires fran­çais ont été ra­me­nés en juin à 350 hommes qui font dé­sor­mais of­fice de ré­serve tac­tique au pro­fit des 12.500 casques bleus de la Mi­nus­ca, ap­puyés par l’union eu­ro­péenne. D’ici dé­but 2017, le contin­gent pas­se­ra sous les 300 hommes : 90 dé­ployés au sein de la mis­sion eu­ro­péenne EUTM RCA, 90 au sein d’une uni­té de sou­tien à la Mi­nus­ca en ma­tière de drones tac­tiques et 80 com­po­sant une force de ré­ac­tion ra­pide au pro­fit des forces na­tio­nales cen­tra­fri­caines. Si la si­tua­tion dans le pays n’a plus rien à voir avec celle qua­li­fiée de «pré­gé­no­ci­daire» de 2013, le pays est tou­jours en proie à des vio­lences. Vingt­cinq per­sonnes ont en­core été tuées ven­dre­di dans des vio­lences dé­clen­chées par des groupes ar­més à Bam­ba­ri et ses en­vi­rons, au nord-est de la ca­pi­tale Ban­gui, se­lon la Mi­nus­ca. La pré­sence des contin­gents fran­çais et de la Mis­sion mul­ti­di­men­sion­nelle in­té­grée des Na­tions unies pour la sta­bi­li­sa­tion en Cen­tra­frique (Mi­nus­ca) a per­mis de ré­ta­blir un calme fra­gile et d’or­ga­ni­ser des élec­tions, qui ont por­té en fé­vrier 2016 Faus­tin Ar­change Toua­dé­ra à la tête du pays. «Le dé­part de San­ga­ris est pour nous, di­sons-le fran­che­ment, une source d’in­quié­tude», a dé­cla­ré hier le pré­sident de l’as­sem­blée na­tio­nale cen­tra­fri­caine. «La sé­cu­ri­té n’est tou­jours pas ga­ran­tie sur tout le ter­ri­toire. Pire, le dé­part an­non­cé de San­ga­ris semble do­per les ar­deurs bel­li­queuses des uns et des autres», a ajou­té Ab­doul Ka­rim Me­ckas­soua lors d’un dis­cours à l’as­sem­blée.

In­ter­ro­gé sur ces in­quié­tudes, Jean-yves Le Drian a rap­pe­lé que la mis­sion San­ga­ris avait vo­ca­tion à être éphé­mère et a ap­pe­lé à ren­for­cer les ou­tils de sé­cu­ri­té in­té­rieure. En cas de nou­velle spi­rale de vio­lences, la France, éga­le­ment pré­sente dans la ré­gion à N’dja­me­na et Li­bre­ville, se­rait par ailleurs en me­sure d’in­ter­ve­nir ra­pi­de­ment si Ban­gui en fai­sait la de­mande, sou­ligne-t-on à Pa­ris.

Des sol­dats fran­çais à Ban­gui, en Ré­pu­blique cen­tra­fri­caine.

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.