Le juste mi­lieu !

Fiscalité entre l'éva­sion et la pres­sion…

Le Temps (Tunisia) - - LA UNE - Par Kha­led Guez­mir

Bou­cler le bud­get, c'est un peu le casse-tête chi­nois de tous les mi­nistres des Fi­nances de Tu­ni­sie, mais aus­si du globe ! Les am­bi­tions sont énormes et comme le dit le dic­ton po­pu­laire : les bouches sont toutes grandes ou­vertes, quid des aug­men­ta­tions sa­la­riales, quid des coûts en chausse, quid du dé­ve­lop­pe­ment ré­gio­nal, quid du rem­bour­se­ment de la dette et j'en passe. Entre « Titre un » avec les charges fixes du fonc­tion­ne­ment des rouages de l'etat et le « Titre deux », cen­sé, consa­cré au dé­ve­lop­pe­ment, les fi­nances pu­bliques peinent à trou­ver les res­sources, an­nuel­le­ment, sur­tout en pé­riode de ta­ris­se­ment des flux mo­né­taires et de la li­qui­di­té, d'où ces dé­fi­cits bud­gé­taires ac­cu­mu­lés et qui sont éva­lués à 8% du PIB, ce qui se compte en mil­liers de mil­lions de di­nars. Alors, que va-t-on sa­cri­fier, la poule ou l'oeuf… That the ques­tion ! La poule pon­deuse, c'est la pres­sion fis­cale et l'oeuf, c'est le gé­né­ra­teur des pous­sins de la crois­sance de l'ac­ti­vi­té éco­no­mique, de l'in­ves­tis­se­ment et du ré­in­ves­tis­se­ment des bé­né­fices, quand ils existent, pour dy­na­mi­ser la pro­duc­tion, créer de nou­veaux pro­jets et gé­né­rer de l'em­ploi.

Bou­cler le bud­get, c’est un peu le casse-tête chi­nois de tous les mi­nistres des Fi­nances de Tu­ni­sie, mais aus­si du globe ! Les am­bi­tions sont énormes et comme le dit le dic­ton po­pu­laire : les bouches sont toutes grandes ou­vertes, quid des aug­men­ta­tions sa­la­riales, quid des coûts en chausse, quid du dé­ve­lop­pe­ment ré­gio­nal, quid du rem­bour­se­ment de la dette et j’en passe. Entre « Titre un » avec les charges fixes du fonc­tion­ne­ment des rouages de l’etat et le « Titre deux », cen­sé, consa­cré au dé­ve­lop­pe­ment, les fi­nances pu­bliques peinent à trou­ver les res­sources, an­nuel­le­ment, sur­tout en pé­riode de ta­ris­se­ment des flux mo­né­taires et de la li­qui­di­té, d’où ces dé­fi­cits bud­gé­taires ac­cu­mu­lés et qui sont éva­lués à 8% du PIB, ce qui se compte en mil­liers de mil­lions de di­nars.

Alors, que va-t-on sa­cri­fier, la poule ou l’oeuf… That the ques­tion !

La poule pon­deuse, c’est la pres­sion fis­cale et l’oeuf, c’est le gé­né­ra­teur des pous­sins de la crois­sance de l’ac­ti­vi­té éco­no­mique, de l’in­ves­tis­se­ment et du ré­in­ves­tis­se­ment des bé­né­fices, quand ils existent, pour dy­na­mi­ser la pro­duc­tion, créer de nou­veaux pro­jets et gé­né­rer de l’em­ploi. Et c’est là où les plus grands ar­gen­tiers du monde perdent leurs che­veux gri­son­nants à ré­pondre à par­tir de quand l’ac­cep­ta­bi­li­té mi­ni­male et maxi­male de la pres­sion fis­cale est elle per­mise et pos­sible. Som­mes­nous trop « pres­sés » comme ces oranges mal­taises qui ar­rivent dé­jà sur le mar­ché, ou sommes-nous en­core, un pa­ra­dis fis­cal pour ren­tiers et mil­liar­daires !

Les né­go­cia­tions en cours entre les dif­fé­rents par­te­naires so­ciaux et éco­no­miques, avec l’ar­bi­trage de l’etat et du gou­ver­ne­ment sont ar­dues et bien pé­nibles parce qu’après six ans de va­drouilles non pro­duc­tives, les caisses sont vides, le dé­fi­cit bud­gé­taire culmine à 8% du PIB, le ser­vice de la dette ap­pelle au se­cours, et le dé­ve­lop­pe­ment fait la pause et le « jeûne » du Ra­ma­dan, faute de trou­ver les res­sources et les cré­dits pour fi­na­li­ser les pro­jets en cours et en en­ga­ger d’autres qui at­tendent aux ser­vices des ur­gences des gou­ver­no­rats. L’UGTT a en­ga­gé une cam­pagne des plus fa­rouches pour ac­ti­ver et mettre la pres­sion fis­cale à son pa­roxysme et ap­puyer sur l’ac­cé­lé­ra­teur des per­cep­teurs d’im­pôts vi­sant les en­tre­prises « ré­cal­ci­trantes », les pro­fes­sions li­bé­rales, jusque-là épar­gnées et sur­tout, les sec­teurs in­for­mels de l’éco­no­mie pa­ral­lèle non contrô­lée et qui brassent 40% du flux mo­né­taire na­tio­nal. Ce­ci me rap­pelle un peu cet ami, homme d’af­faires, main­te­nant « re­trai­té » et ré­si­dant à l’étran­ger, qui, un jour m’a dit, épa­noui et heu­reux : « Ouf… j’ai li­qui­dé mon en­tre­prise… j’ai cé­dé mon bu­reau, in­dem­ni­sé mon per­son­nel y com­pris ma se­cré­taire qui m’a ac­com­pa­gné pen­dant 40 ans et même mes té­lé­phones fixes, mes comptes ban­caires… « Bref, je suis libre comme la mer et je me jette là où le ri­vage est ac­cueillant ». Mais, alors, comment tu fais avec ton ar­gent et tes ac­ti­vi­tés an­nexes !?... A cette ques­tion, sa ré­ponse a été ins­tan­ta­née : « Je n’ai plus de car­net de chèque... je n’ai plus d’adresse ad­mi­nis­tra­tive… et je ne roule qu’en « es­pèces »… bien in­dis­cret » !

A vous d’ap­pré­cier cette pres­sion se­lon la ver­sion de la cen­trale syn­di­cale his­to­rique et cer­tains ex­perts en­thou­sias­més, va gé­né­rer quelques 10 à 13000 mil­liards de nos mil­limes, ce qui couvre lar­ge­ment les be­soins du bud­get de l’etat, les aug­men­ta­tions sa­la­riales, le ser­vice de la dette et même l’in­ves­tis­se­ment ré­gio­nal et les grands pro­jets ! Que veut le peuple, di­riez-vous, ou l’aveugle… un couf­fin d’yeux (Ach thib ya laâ­ma… kouf­fa mil in­ine) !

La chose pa­raît simple, or, elle est plu­tôt sim­pliste ! C’est vrai qu’il y a des sec­teurs où la pres­sion fis­cale doit s’opé­rer, parce to­ta­le­ment ou presque, ré­frac­taires à l’im­pôt. Le sec­teur in­for­mel est en tête… cer­taines pro­fes­sions li­bé­rales aus­si mais avec beau­coup moins d’éva­sion fis­cale, parce que tout sim­ple­ment les re­cettes ont di­mi­nué ça fait six ans. On tape beau­coup sur le dos des mé­de­cins, en ce mo­ment et il est vrai que les grands pa­trons de re­nom­mée in­ter­na­tio­nale vivent une cer­taine ai­sance. Mais, la masse des doc­teurs et sur­tout les jeunes ar­rivent dif­fi­ci­le­ment à joindre les deux bouts dans le pri­vé, où ils doivent payer leur loyer, les charges et une se­cré­taire per­ma­nente… Alors, que faire ! Il faut rap­pe­ler aus­si que les mé­de­cins ont le bou­lot le plus in­grat du monde.

C’est là où l’im­pôt doit être « dé­po­li­ti­sé » et dé­si­déo­lo­gi­sé ! Le gou­ver­ne­ment doit faire face à toutes les pres­sions, des « groupes de pres­sion », pour ra­tio­na­li­ser l’im­pôt, certes et étendre son as­siette, mais évi­ter à tout prix qu’il de­vienne une pu­ni­tion in­juste et su­prême à l’en­contre des mé­ri­tants ! On a bien don­né des avan­tages fis­caux pour les pro­mo­teurs qui s’ins­tallent et qui montent des pro­jets à forte em­ploya­bi­li­té : Fai­sons de même pour tous les corps qui ré­in­ves­tisssent leurs bé­né­fices, y com­pris dans les pro­fes­sions li­bé­rales et même dans l’in­for­mel pour le pous­ser à s’in­té­grer dans l’ac­ti­vi­té éco­no­mique « comp­ta­bi­li­sée » et qui donne des res­sources à l’etat. Faute de quoi, des mil­liers d’hommes d’af­faires et de grands pa­trons de la mé­de­cine iront ailleurs..., comme mon ami ci­té pré­cé­dem­ment, pour vivre « heu­reux » ! Der­nière bou­tade, que je vous ra­conte pour dé­tendre l’at­mo­sphère de cette crise où on s’éver­tue à par­ta­ger la pau­vre­té, au lieu de la crois­sance… Mon ami, juif tu­ni­sien, Serge, qui a tra­vaillé 40 ans dans l’hô­tel­le­rie à Pa­ris, où il a com­men­cé comme cour­sier, puis sous-chef cui­si­nier et qui vend son hô­tel pour al­ler s’ins­tal­ler en Amé­rique : « Oui, mon ami, je pars… ça fait qua­rante ans que je tra­vaille pour l’etat fran­çais, en payant des im­pôts as­som­mants… Je vais, en­fin prendre des va­cances : ».

Eh oui, trop d’im­pôts tuent l’im­pôt !

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