Bruits et chu­cho­te­ments

Le Temps (Tunisia) - - ARTS & CULTURE -

Hom­mage à Yous­sef Cha­hine Une ren­contre hom­mage au grand réa­li­sa­teur Yous­sef Cha­hine s’est te­nue le 31 Oc­tobre der­nier, au Pa­lais des Congrès, à l’oc­ca­sion du cin­quan­tième an­ni­ver­saire des Jour­nées Ci­né­ma­to­gra­phiques de Car­thage. Ani­mée par Kh­maies Khaya­ti et Ibra­him El Ariss et avec la par­ti­ci­pa­tion d’un groupe d’ac­teurs et réa­li­sa­teurs amis de Yous­sef Cha­hine tels que Ez­zat el Alay­li, Ga­by Khou­ri, Kha­led Na­ba­wi, Mah­moud He­mi­da, Yos­ra El­lou­zi, Dor­ra Zar­rouk, Kha­led Yous­sef et le grand Ja­mil Ra­teb , la ren­contre s’est dé­rou­lée dans une am­biance convi­viale où les in­vi­tés ont par­lé de leurs sou­ve­nirs pro­fes­sion­nels ain­si que per­son­nels avec Yous­sef Cha­hine, dé­crit par le cri­tique de ci­né­ma égyp­tien Ta­rek Shen­na­wi comme « le grand mu­si­cien qui a su trans­for­mer le ci­né­ma en une mer­veilleuse sym­pho­nie »

Les in­vi­tés se sont mis d’ac­cord sur l’idée que le réa­li­sa­teur Yous­sef Cha­hine est le père spi­ri­tuel du ci­né­ma égyp­tien, qui a lais­sé une grande em­preinte sur la dé­cou­verte et l’in­dus­trie des stars.

Le grand réa­li­sa­teur et l’élève de Yous­sef Cha­hine, Kha­led Yous­sef a ajou­té à ce pro­pos que son maître était le plus grand des dé­cou­vreurs des jeunes ta­lents.

A la fin de la ren­contre, le syn­di­cat égyp­tien du ci­né­ma a re­mis à Ibra­him Le­taif, di­rec­teur des JCC un tro­phée d’hon­neur. Ibra­him Le­taif a dé­cla­ré que Yous­sef Cha­hine est plus grand qu’un hom­mage ren­du et qu’il est le pion­nier du ci­né­ma arabe et afri­cain.

La ren­contre a été sui­vie par une ex­po­si­tion de pho­tos.

"JCC 50+ Mé­moire fer­tile"

50 ans an­nées d'exis­tence, de sou­ve­nirs, de textes, d'af­fiches, de pho­tos et des cri­tiques : voi­ci ce qui meuble le livre "JCC 50+ mé­moire fer­tile" écrit sous la di­rec­tion du jour­na­liste Khe­mais Khaya­ti, à l’oc­ca­sion de la cé­lé­bra­tion du cin­quan­tième an­ni­ver­saire des Jour­nées Ci­né­ma­to­gra­phiques de Car­thage (1966-2016). Au­teur de plu­sieurs ou­vrages sur le ci­né­ma et l’au­dio­vi­suel, Khe­mais Khaya­ti a in­sis­té sur le fait que les JCC ne sont pas un fes­ti­val or­di­naire, mais une "né­ces­si­té" et elles le sont parce qu'elles sont un pro­jet de so­cié­té dans ce qu'il peut y avoir de ma­tu­ra­tion, de vo­lon­té de trans­for­mer non seule­ment les re­la­tions entre ci­toyens mais bien plus entre na­tions dé­mu­nies. Sans clin­quant ni strass, sans tam­bour ni trom­pette, les JCC sont "cette image de soi, une né­ces­si­té pour se si­tuer dans son monde et rê­ver de la chan­ger". Et pour lui "c'est prin­ci­pa­le­ment par le poids de l'image mou­ve­ment, de l'ima­gi­naire, de la rê­ve­rie, du sem­blant de réel, du réel re­mo­de­lé, de la per­sé­vé­rance, du droit à la pa­role que les JCC ont pu se main­te­nir de­puis 1966.

De­puis cette date, ce sont aus­si des jour­na­listes et cri­tiques qui ont li­vré leurs té­moi­gnages et qui sans ex­cep­tion "ac­cordent une at­ten­tion par­ti­cu­lière aux pu­blics tu­ni­siens, que ce soit dans l'ave­nue, les rues at­té­nuantes, les ca­fés, les files de­vant les salles... à in­té­rieur des salles".

Pu­blié en deux par­ties (langues arabe et fran­çaise), le livre grand for­mat pu­blié sous forme d'al­bum do­cu­men­taire, com­porte à tra­vers plus de 150 pages, plu­sieurs pho­tos re­tra­çant l'his­toire de cette ma­ni­fes­ta­tion lan­cée de­puis 1966 par le fon­da­teur Ta­har Ché­riaa. Le livre re­groupe éga­le­ment une cin­quan­taine de té­moi­gnages de cri­tiques de Tu­ni­sie, du monde arabe, de l'afrique, de l'eu­rope et du Qué­bec qui parlent de leurs ex­pé­riences mul­tiples et va­riées avec les JCC.

Par­mi ceux qui ont contri­bué à la réa­li­sa­tion de cet ou­vrage "his­to­rique" fi­gurent entre autres Fe­rid Bough­dir, Ka­mel Ben Ouannes, He­di Khe­lil, Mou­nir Fel­lah, Na­ceur Sar­di, Nou­ra Bor­sa­li, Il­hem Ab­del­ke­fi, Ik­bal Za­li­la, Sa­mi­ra Da­mi, Wa­lid Ch­mait, Ibra­him al-ariss, Ta­rek Shin­na­wi, Mag­da Was­sef, Serge Tou­bia­na , Oli­vier Bar­let, Jean Pierre Gar­cia, Ba­ba Diop .... Dé­dié à la mé­moire de Kal­thoum Bor­naz (1945-2016) et Ad­nen Med­deb (1988-2016), cet ou­vrage pu­blié aux Edi­tions Ara­besques, est un hom­mage à toute une mé­moire non pas d'un fes­ti­val de ci­né­ma, comme le dit Ibra­him Le­taif ( Dé­lé­gué gé­né­ral des JCC), "ni un fo­rum où tout le monde rêve de ren­con­trer du beau monde dans l'es­poir de vi­brer au rythme du son et de l'image mais à la seule fe­nêtre don­née pour vivre le ci­né­ma, le res­sus­ci­ter... car écrire sur les JCC c'est dire oui au ci­né­ma, et à l'amour, oui à l'éter­nel re­nou­vel­le­ment, à la dé­cou­verte" .

Fa­rid Bough­dir re­çoit le prix du cin­quan­te­naire des JCC

"Je dé­die ce prix au pu­blic tu­ni­sien et au pu­blic des Jour­nées Ci­né­ma­to­gra­phiques de Car­thage (JCC) ", a dé­cla­ré ven­dre­di soir, le ci­néaste Tu­ni­sien Fa­rid Bough­dir, qui a re­çu le prix du cin­quan­te­naire de ce fes­ti­val arabe et afri­cain. Ce prix est vrai­sem­bla­ble­ment la plus belle des ré­com­penses pour le ci­néaste tu­ni­sien qui a mar­qué la scène ci­né­ma­to­gra­phique en Tu­ni­sie et à l'in­ter­na­tio­nal et qui dit "être pri­mé pour quelque chose qu’il aime".

Ou­verte, ven­dre­di soir, cette édi­tion-an­ni­ver­saire des JCC qui fêtent leurs cin­quante ans d’exis­tence jus­qu’au 05 no­vembre pro­chain, a choi­si de rendre hom­mage à Bough­dir pour sa pas­sion pour le ci­né­ma et aus­si pour son en­ga­ge­ment dans les mul­tiples do­maines du sep­tième Art et les JCC en par­ti­cu­lier. Il y était pré­sent, de­puis la fon­da­tion du Fes­ti­val par Ta­har Ché­riaa en 1966.

Bough­dir, qui dit être heu­reux et à la fois avoir peur de cet hom­mage, ne ta­rit pas d'éloges sur le pu­blic ci­né­phile tu­ni­sien. "De tous les pu­blics ci­né­philes au monde que j'ai ren­con­trés, je n'ai ja­mais vu un pu­blic qui dé­fend le ci­né­ma de créa­tion et le théâtre comme le fait, le pu­blic tu­ni­sien, spé­cia­le­ment ce­lui des JCC qui ré­clame tou­jours les films de qua­li­té", a-t-il lan­cé. Un bref aper­çu sur son par­cours ci­né­ma­to­gra­phique a été don­né à tra­vers un mi­ni clip qui re­trace l’oeuvre d’un homme, dont la pas­sion pour le 7ème art s’est ré­vé­lée de­puis l’ado­les­cence. Jeune, il a pu re­joindre le ci­né club de Tu­nis pour de­ve­nir en fin le plus jeune pré­sident des JCC. Re­con­nu pour son mi­li­tan­tisme en fa­veur du ci­né­ma tu­ni­sien et les JCC en par­ti­cu­lier, Bough­dir avait été tou­jours pré­sent aux JCC, de­puis la pre­mière édi­tion en 1966. Il a oc­cu­pé le poste de dé­lé­gué gé­né­ral de ce vieux fes­ti­val en 1992, ce­lui de di­rec­teur ad­joint en 2002 et en 2006, il était di­rec­teur des JCC. Fe­rid Bough­dir a été éga­le­ment ré­com­pen­sé pour ses écrits sur le ci­né­ma et ses oeuvres ci­né­ma­to­gra­phiques di­ver­si­fiées telles que "Ca­mé­ra d’afrique" (1983), "Ci­né­ma de Car­thage" (1985), "Ca­mé­ra Arabe" (1987), "Hal­faouine (As­four Stah)" (1990), "Un Eté à la Gou­lette" (1996), "Vil­la Jas­min" (2009) et le tout ré­cent "Zi­zou"-(par­fum de Prin­temps)" (2016).

Bough­dir s’est sur­tout fait connaitre au­près du pu­blic ci­né­phile pour son film "Hal­faouine", qui a re­çu le Ta­nit d'or des JCC en 1990.

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