Crimes de guerre à Alep

Le Temps (Tunisia) - - MONDE -

Toutes les par­ties im­pli­quées dans la ba­taille d'alep se livrent po­ten­tiel­le­ment à des crimes de guerre en me­nant des at­taques aveugles contre des quar­tiers peu­plés de ci­vils, a dé­cla­ré hier la porte-pa­role du Haut Com­mis­sa­riat de l'onu pour les droits de l'homme (OHCHR). "Toutes les par­ties à Alep mènent des com­bats qui ont pour consé­quence un grand nombre de vic­times ci­viles et créent une at­mo­sphère de ter­reur par­mi ceux qui conti­nuent de vivre dans cette ville", a sou­li­gné Ra­vi­na Sham­da­sa­ni lors d'un point de presse ré­gu­lier.

La ba­taille d'alep a écla­té après l'échec, le 19 sep­tembre der­nier, de l'ac­cord de ces­sez-le-feu né­go­cié par la Rus­sie et les Etats-unis. La grande ville du nord de la Sy­rie est di­vi­sée de­puis l'été 2012 entre forces pro-gou­ver­ne­men­tales et re­belles. Se­lon des es­ti­ma­tions de l'onu, quelque 250.000 à 275.000 ci­vils vi­vraient dans Alep-est, la zone te­nue par les re­belles et dé­fen­due par quelque 8.000 com­bat­tants.

La se­maine der­nière, les in­sur­gés ont lan­cé une contreof­fen­sive contre des sec­teurs d'alep-ouest pour ten­ter de bri­ser leur en­cer­cle­ment. Au cours du week-end, l'onu a réuni des élé­ments at­tes­tant de la mort de plus de 30 ci­vils, dont dix en­fants, ain­si que des di­zaines de bles­sés dans des frappes au mor­tier, à la ro­quette et au moyen d'autres en­gins ex­plo­sifs sur la par­tie oc­ci­den­tale de la ville, a ajou­té Ra­vi­na Sham­da­sa­ni. "Le re­cours pré­su­mé à des mis­siles au sol ain­si que l'uti­li­sa­tion de vé­hi­cules ar­més char­gés d'ex­plo­sifs dans une zone qui com­prend plus d'un mil­lion d'ha­bi­tants ci­vils sont ab­so­lu­ment in­ac­cep­tables et sus­cep­tibles de consti­tuer un crime de guerre", a-t-elle pour­sui­vi. Le nombre éle­vé de vic­times ci­viles sug­gère que les re­belles ignorent le prin­cipe fon­da­men­tal du droit hu­ma­ni­taire in­ter­na­tio­nal pro­hi­bant les at­taques aveugles de même que les prin­cipes de pré­cau­tion et de pro­por­tion­na­li­té, a sou­li­gné la porte-pa­role de l'onu. L'onu note pa­ral­lè­le­ment que les forces gou­ver­ne­men­tales sy­riennes et leurs al­liés conti­nuent de bom­bar­der Alep-est, avec au moins douze dé­cès re­cen­sés par­mi la po­pu­la­tion ci­vile au cours des jour­nées de sa­me­di et di­manche. "Les frappes contre des hô­pi­taux, des écoles, des mar­chés, des sta­tions d'épu­ra­tion d'eau et des bou­lan­ge­ries sont dé­sor­mais cou­rantes et, s'il est dé­mon­tré qu'elles sont in­ten­tion­nelles, pour­raient consti­tuer des crimes de guerre", a dit Sham­da­sa­ni. Dans un com­mu­ni­qué pu­blié lun­di, l'ar­mée sy­rienne a af­fir­mé que les tirs de ro­quettes et les bom­bar­de­ments chi­miques des djihadistes du Front al Nos­ra et d'autres mou­ve­ments qua­li­fiés de ter­ro­ristes par Da­mas avaient fait 84 morts, es­sen­tiel­le­ment des femmes et des en­fants, ces trois der­niers jours à Alep. L'ob­ser­va­toire sy­rien des droits de l'homme (OSDH) fait quant à lui état de 48 morts, dont 17 en­fants, de­puis le dé­but de cette of­fen­sive.

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