Né­go­cier oui, mais…

UGTT - Bud­get de l'etat et loi de Fi­nances 2017

Le Temps (Tunisia) - - La Une -

Vingt jours après son adop­tion par le Conseil des mi­nistres et son dé­pôt à l'as­sem­blée des re­pré­sen­tants du peuple (ARP), le pro­jet de bud­get de l'etat et la loi des fi­nances 2017 conti­nuent à sus­ci­ter des di­ver­gences voire car­ré­ment des cli­vages, prin­ci­pa­le­ment, entre le gou­ver­ne­ment, d'un cô­té, et l'union gé­né­rale tu­ni­sienne du tra­vail (UGTT), les avo­cats et les mé­de­cins, de l'autre, pour des mo­tifs dif­fé­rents. Avec la Cen­trale syn­di­cale, le blo­cage porte sur la ques­tion du re­port des ma­jo­ra­tions sa­la­riales, pour­tant conclues, jus­qu'après 2019, soit du­rant trois ans, alors qu'avec les deux autres cor­po­ra­tions, le dif­fé­rend porte sur les mo­da­li­tés de paie­ment des im­pôts et sur leur mon­tant. Aux der­nières nou­velles, toutes les par­ties se disent dis­po­sées à né­go­cier. Reste que L'UGTT parle de lignes rouges à ne pas fran­chir, dont no­tam­ment le gel des sa­laires. « Il n'en est pas ques­tion, as­sure Bel­ga­cem Aya­ri, se­cré­taire gé­né­ral ad­joint de l'union, avant d'ajou­ter que ce qui a été si­gné doit être ap­pli­qué ». Il a af­fir­mé, en sub­stance que « toutes les struc­tures de L'UGTT se­ront mo­bi­li­sées pour s'op­po­ser au pro­jet de la loi de fi­nances 2017, si la dé­ci­sion du re­port des ma­jo­ra­tions so­ciales est main­te­nue » tout en pré­ci­sant que « L'UGTT reste ou­verte au dia­logue» et de sou­li­gner que les réunions de né­go­cia­tion avec le gou­ver­ne­ment re­pren­dront in­ces­sam­ment.

Vingt jours après son adop­tion par le Conseil des mi­nistres et son dé­pôt à l’as­sem­blée des re­pré­sen­tants du peuple (ARP), le pro­jet de bud­get de l’etat et la loi des fi­nances 2017 conti­nuent à sus­ci­ter des di­ver­gences voire car­ré­ment des cli­vages, prin­ci­pa­le­ment, entre le gou­ver­ne­ment, d’un cô­té, et l’union gé­né­rale tu­ni­sienne du tra­vail (UGTT), les avo­cats et les mé­de­cins, de l’autre, pour des mo­tifs dif­fé­rents.

Avec la Cen­trale syn­di­cale, le blo­cage porte sur la ques­tion du re­port des ma­jo­ra­tions sa­la­riales, pour­tant conclues, jus­qu’après 2019, soit du­rant trois ans, alors qu’avec les deux autres cor­po­ra­tions, le dif­fé­rend porte sur les mo­da­li­tés de paie­ment des im­pôts et sur leur mon­tant.

Aux der­nières nou­velles, toutes les par­ties se disent dis­po­sées à né­go­cier. Reste que L’UGTT parle de lignes rouges à ne pas fran­chir, dont no­tam­ment le gel des sa­laires. « Il n’en est pas ques­tion, as­sure Bel­ga­cem Aya­ri, se­cré­taire gé­né­ral ad­joint de l’union, avant d’ajou­ter que ce qui a été si­gné doit être ap­pli­qué ».

Il a af­fir­mé, en sub­stance que « toutes les struc­tures de L’UGTT se­ront mo­bi­li­sées pour s’op­po­ser au pro­jet de la loi de fi­nances 2017, si la dé­ci­sion du re­port des ma­jo­ra­tions so­ciales est main­te­nue » tout en pré­ci­sant que « L’UGTT reste ou­verte au dia­logue» et de sou­li­gner que les réunions de né­go­cia­tion avec le gou­ver­ne­ment re­pren­dront in­ces­sam­ment. L’ar­gent qui manque au bud­get de l’etat doit être trou­vé ailleurs que dans les poches des sa­la­riés, éter­nels « payeurs » et vic­times ex­pia­toires pour la simple rai­son que leurs sa­laires se trouvent entre les mains de cet Etat qui re­tient à la source ce qu’il veut.

Les condi­tions du syn­di­cat, si­non…

Or, les syn­di­ca­listes ont dit, cette fois-ci : « Bas­ta ! Il faut voir, d’abord, chez les pro­fes­sions li­bé­rales, chez les contre­ban­diers et chez les dé­ten­teurs du com­merce pa­ral­lèle ». Ils ajoutent qu’ils sont prêts à consen­tir les sa­cri­fices qu’il faut, à condi­tion tou­te­fois de ne pas sup­por­ter le far­deau tout seuls. Les sa­cri­fices doivent être équi­ta­ble­ment et pro­por­tion­nel­le­ment sup­por­tés.

Et cette fois-ci, L’UGTT bé­né­fi­cie de l’in­dul­gence et de l’ap­pui du com­mun des ci­toyens et de l’opi­nion pu­blique. C’est donc, forte de sa po­si­tion com­pré­hen­sible et lo­gique que la Cen­trale syn­di­cale fait mon­ter l’es­ca­lade et les enchères : « Nous sommes prêts à al­ler jus­qu’à la grève gé­né­rale illi­mi­tée », clame Hfaïedh Hfaïedh, l’autre se­cré­taire gé­né­ral ad­joint de l’union. Et tout le monde sait ce que coûte une seule jour­née de grève gé­né­rale à la Tré­so­re­rie pu­blique et à la com­mu­nau­té na­tio­nale ! D’ailleurs, L’UGTT est pas­sée à l’ac­tion en an­non­çant une sé­rie d’as­sem­blées syn­di­cales dans plu­sieurs gou­ver­no­rats. Ain­si, la pre­mière as­sem­blée se tien­dra au gou­ver­no­rat de Jen­dou­ba (Nord) de­main ven­dre­di 4 no­vembre, les sui­vantes à Kai­rouan et à Ta­taouine le 5 no­vembre, à Mo­nas­tir le 9 no­vembre et à Bé­ja le 12 no­vembre, sa­chant que chaque as­sem­blée se­ra en­ca­drée par l’un des membres du Bu­reau exé­cu­tif de L’UGTT. Par ailleurs, la cen­trale syn­di­cale campe sur ses po­si­tions en re­fu­sant ca­té­go­ri­que­ment tout re­port des aug­men­ta­tions sa­la­riales. Le re­fus a été confir­mé à l’as­sem­blée des Re­pré­sen­tants du Peuple (ARP) même lors d’une au­di­tion de quelques membres du Bu­reau exé­cu­tif de L’UGTT, de­vant la Com­mis­sion des Fi­nances au sein de la­dite As­sem­blée

C’est en­core un autre se­cré­taire gé­né­ral ad­joint de l’union, en l’oc­cur­rence, Nou­red­dine Ta­bou­bi, qui a af­fir­mé de­vant la com­mis­sion le re­fus ca­té­go­rique de re­port des aug­men­ta­tions sa­la­riales tout en con­si­dé­rant que la po­li­tique d’aus­té­ri­té ne doit pas être ap­pli­quée au dé­tri­ment des dé­mu­nis. «Nous sommes prêts à faire des sa­cri­fices, mais c’est à nous de choi­sir le genre de sa­cri­fices », a-t-il mar­te­lé. De son cô­té, le gou­ver­ne­ment main­tient ses points de vue en af­fir­mant que le pro­jet de la loi de fi­nances (LF) 2017 « consacre le prin­cipe de la jus­tice fis­cale et in­cite à la créa­tion d’em­plois » avant d’ajou­ter, dans un com­mu­ni­qué of­fi­ciel, que « le bud­get 2017 est un bud­get ex­pan­sion­niste » dans la me­sure où son vo­lume a évo­lué de 12% par rap­port à 2016 pour at­teindre 32580 mil­lions de di­nars (MD) en 2017 contre 29150 MD en 2016. Pour leur part, des ex­perts comp­tables, avancent que « l’etat cherche à aug­men­ter ses res­sources fis­cales via des contri­bu­tions ex­cep­tion­nelles qui sont de na­ture à aug­men­ter la pres­sion fis­cale et à dé­fa­vo­ri­ser les en­tre­prises et les contri­buables sé­rieux, pé­na­li­sant, ain­si, l’éco­no­mie for­melle. Et contrai­re­ment aux ob­jec­tifs an­non­cés au­pa­ra­vant par le gou­ver­ne­ment, la LF 2017 ne pré­voit pas de me­sures des­ti­nées à lut­ter contre l’éva­sion fis­cale et contre le mar­ché pa­ral­lèle ».

Le temps presse

Comme on le constate et au vu des po­si­tions des dif­fé­rents pro­ta­go­nistes, le pro­jet de loi de LF 2017 est loin de faire le consen­sus. Bien au contraire, au­cune par­tie n’en semble convain­cue et au­cun par­te­naire so­cial, de quelque ap­par­te­nance qu’il soit, ne semble dis­po­sé à ac­cep­ter les condi­tions im­po­sées.

Les sa­la­riés, plus par­ti­cu­liè­re­ment ceux de la fonc­tion pu­blique, ne sont pas du tout en­clins à adhé­rer à l’idée du re­port des aug­men­ta­tions sa­la­riales ob­te­nues suite à un ac­cord si­gné avec le pré­cé­dent gou­ver­ne­ment. Quant aux avo­cats, consi­dé­rés comme étant le por­te­voix de l’en­semble des pro­fes­sions li­bé­rales, ils ne sont pas, non plus, prêts à ad­mettre le moindre com­pro­mis alors qu’ils ont bé­né­fi­cié, se­lon les ob­ser­va­teurs, pour bon nombre d’entre eux, et de­puis des dé­cen­nies des lar­gesses de l’an­cien ré­gime, et même de ce­lui de l’après 14 jan­vier 2011. Pour sa part, le gou­ver­ne­ment de Yous­sef Cha­hed au­rait in­for­mé les dé­pu­tés de L’ARP que toutes les dis­po­si­tions conte­nues dans la Loi des fi­nances se­ront main­te­nues, lais­sant à la séance plé­nière la mis­sion de l’ap­prou­ver en comp­tant sur l’adhé­sion de la ma­jo­ri­té par­le­men­taire. S’il est cer­tain, ou presque, et à moins d’im­pré­vu ma­jeur de der­nière mi­nute, que cette loi se­ra adop­tée par les élus du peuple, ce­la pour­rait être an­non­cia­teur d’une nou­velle pro­fonde crise sociale qui risque de re­plon­ger la Tu­ni­sie dans des dé­ra­pages in­con­trô­lables et aux consé­quences aus­si im­pré­vi­sibles que dra­ma­tiques pour tous.

En tout état de cause, la si­tua­tion étant ce qu’elle est, quant à la per­sis­tance de l’im­passe, de nom­breuses voix se sont éle­vées ré­cla­mant un re­tour aux concer­ta­tions avec une ré­vi­sion de l’ac­cord de Car­thage. Par­mi les par­ti­sans de cette op­tion, on ci­te­ra cer­tains par­tis de l’op­po­si­tion, L’UTICA ou en­core L’UGTT. Il faut dire que cet ac­cord ren­ferme un en­semble de prin­cipes et non pas de me­sures concrètes. D’où la grande dif­fi­cul­té de sa concré­ti­sa­tion. Tou­jours est-il qu’il ne reste pas beau­coup de temps pour en fi­nir. Le 10 dé­cembre 2016, c’est de­main !...

Nou­red­dine HLAOUI

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