«Nous sommes ou­verts aux al­liances élec­to­rales»

3 ques­tions à Yas­sine Bra­him, pré­sident d'afek Tounes

Le Temps (Tunisia) - - La Une - Propos re­cueillis par Sal­ma BOURAOUI

Il a été le seul à avoir an­non­cé son re­trait de la for­ma­tion du gou­ver­ne­ment d'union na­tio­nale, en août der­nier, pour se consa­crer, en­tiè­re­ment, aux af­faires par­ti­sanes. Ce­pen­dant, et pen­dant que les né­go­cia­tions bat­taient leur plein à Dar Dhia­fa, Yas­sine Bra­him, an­cien mi­nistre de l'in­ves­tis­se­ment, du dé­ve­lop­pe­ment et de la co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale, avait ti­ré à bou­lets rouges sur deux ac­tuels mi­nistres : Abid Bri­ki et Meh­di Ben Ghar­bi. Ils ont été dans le col­li­ma­teur du pré­sident d'afek Tounes qui n'a pas ca­ché ses cri­ti­qués sé­vères à l'en­contre de leur no­mi­na­tion.

Il a été le seul à avoir an­non­cé son re­trait de la for­ma­tion du gou­ver­ne­ment d’union na­tio­nale, en août der­nier, pour se consa­crer, en­tiè­re­ment, aux af­faires par­ti­sanes. Ce­pen­dant, et pen­dant que les né­go­cia­tions bat­taient leur plein à Dar Dhia­fa, Yas­sine Bra­him, an­cien mi­nistre de l’in­ves­tis­se­ment, du dé­ve­lop­pe­ment et de la co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale, avait ti­ré à bou­lets rouges sur deux ac­tuels mi­nistres : Abid Bri­ki et Meh­di Ben Ghar­bi. Ils ont été dans le col­li­ma­teur du pré­sident d’afek Tounes qui n’a pas ca­ché ses cri­ti­qués sé­vères à l’en­contre de leur no­mi­na­tion. Une telle at­ti­tude a va­lu à Yas­sine Bra­him une vague de mé­con­ten­te­ment sur­tout à l’in­té­rieur de son propre par­ti. Au cours de cet en­tre­tien, Yas­sine Bra­him est re­ve­nu sur la réa­li­té du par­ti et ses am­bi­tions pour le fu­tur.

-Le Temps : De­puis le chan­ge­ment du gou­ver­ne­ment, Afek Tounes semble avoir pris ses dis­tances de la scène po­li­tique. Cer­tains ex­pliquent ce­la par une crise que tra­ver­se­rait le par­ti tan­dis que d’autres as­surent qu’il y a eu une sorte de putsch à votre en­contre au sein du par­ti. Qu’elle est la réa­li­té d’afek Tounes au­jourd’hui ?

Yas­sine Bra­him : Il y a en ef­fet eu des sor­ties de presse de quelques lea­ders du par­ti, à l’ins­tar de Riadh Moua­kher qui est membre du gou­ver­ne­ment au­jourd’hui, qui ont pro­vo­qué ce genre de propos. Comme tous les par­tis, le nôtre est pas­sé par un mo­ment dif­fi­cile lors du grand dé­bat con­cer­nant notre par­ti­ci­pa­tion ou pas au gou­ver­ne­ment d’union na­tio­nale. Les di­ri­geants et les mi­li­tants du par­ti étaient vrai­ment par­ta­gés à ce su­jet. On a eu l’in­tel­li­gence, un cer­tain di­manche, au len­de­main de l’an­nonce de la com­po­si­tion du gou­ver­ne­ment de Yous­sef Cha­hed, de re­lan­cer les dis­cus­sions et d’évi­ter des élec­tions in­ternes qui au­raient cer­tai­ne­ment ac­cen­tué le dé­bat. Le mer­cre­di d’après – suite aux dis­cus­sions avec le pré­sident du gou­ver­ne­ment – nous avions vo­té notre par­ti­ci­pa­tion à l’équipe gou­ver­ne­men­tale avec un large consen­sus. Il y a eu, bien-sûr, des per­sonnes dé­çues de cette dé­ci­sion et ce­la a pro­vo­qué quelques pe­tits contre­temps. Afek Tounes a tou­jours su gar­der ses conflits et ses dé­bats à un cer­tain ni­veau. On conti­nue à gé­rer les dé­cep­tions de tout le monde et, très sin­cè­re­ment, le tout se passe avec beau­coup de sé­ré­ni­té.

-Comme tous les autres par­tis po­li­tiques, le vôtre se pré­pare pour me­ner la pro­chaine étape élec­to­rale qui est celle des mu­ni­ci­pales. Pen­sez-vous à des al­liances ou à des fu­sions pour cette oc­ca­sion ?

On a tou­jours été ou­vert aux al­liances élec­to­rales voire pos­té­lec­to­rales mais pas aux fu­sions sin­cè­re­ment. Ac­tuel­le­ment, on tra­vaille sur les mu­ni­ci­pales comme si on y al­lait seul – parce que c’est la bonne fa­çon d’agir. Pour ces élec­tions, le tra­vail es­sen­tiel doit se faire, es­sen­tiel­le­ment et di­rec­te­ment, avec les ci­toyens et avec la so­cié­té ci­vile. Il faut qu’on ait, dans chaque ville où l’on se pré­sen­te­ra, les meilleurs can­di­dats pos­sibles. Cette mé­thode se­ra la nôtre au ni­veau des ré­gions où nous sommes bien im­plan­tés et un peu moins dans celles où n’avons pas la pré­sence né­ces­saire. Par ailleurs, nous gar­dons avec tous les par­tis po­li­tiques de qui nous sommes proches et, à un mo­ment, on les contac­te­ra pour étu­dier les pos­si­bi­li­tés d’al­liances et voir si elles se­ront d’ordre na­tio­nal ou ré­gio­nal. Même pour les élec­tions législatives pré­cé­dentes, Afek Tounes était pour des al­liances. Le sou­ci, à l’époque, c’est que le mou­ve­ment de Ni­daa Tounes vou­lait y al­ler avec son nom. La ques­tion de l’al­liance est tou­jours d’ac­tua­li­té pour nous parce qu’elle peut ser­vir les in­té­rêts com­muns.

-Et qu’en est-il de vos propres am­bi­tions po­li­tiques ? En 2014, vous aviez pré­fé­ré ne pas por­ter de can­di­dats à l’élec­tion pré­si­den­tielle. Pen­sez-vous que vous se­rez le can­di­dat pré­si­den­tiel d’afek Tounes à la Pré­si­den­tielle de 2019 ?

Avec l’avè­ne­ment de la ré­vo­lu­tion, j’ai ar­rê­té brus­que­ment une vie pro­fes­sion­nelle pour me consa­crer à la po­li­tique. Et je pense que c’est tout le con­cours de la vie qui fait que le lea­der­ship existe ou n’existe pas. L’ac­tion po­li­tique, pour moi, doit s’ins­crire dans le long terme ; l’ob­jec­tif pri­mor­dial c’est de construire une or­ga­ni­sa­tion po­li­tique qui peut contri­buer à chan­ger le pays et je dis bien qui peut contri­buer, parce que je n’ai pas la pré­ten­tion d’être le seul par­ti à pou­voir le faire. Je pense qu’on a choi­si la bonne voie à Afek Tounes et je consi­dère que l’on doit gar­der le cap et al­ler jus­qu’au bout de notre mis­sion. Si au cours de cette même mis­sion je se­rais ap­pe­lé à as­su­rer une res­pon­sa­bi­li­té, comme je l’avais fait avec mon poste de mi­nistre, je le fe­rais. 2019 est en­core loin, d’ici là, Afek Tounes pour­rait in­té­grer de nou­velles per­son­na­li­tés po­li­tiques qui se­ront plus à même pour une can­di­da­ture pa­reille ou peut-être cam­pe­ra sur sa po­si­tion de 2014 en ne pré­sen­tant au­cun can­di­dat pour la Pré­si­den­tielle. Ce qui nous in­té­resse, c’est vrai­ment les élec­tions législatives et la re­pré­sen­ta­tion du par­ti au ni­veau du Par­le­ment. La ques­tion est très ou­verte et n’est liée à per­sonne ni à mon am­bi­tion per­son­nelle.

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