Trois prin­ci­paux scé­na­rios

Le Temps (Tunisia) - - La Une - Nou­red­dine HLAOUI

Le pro­jet de Loi de fi­nances 2017 a pro­vo­qué, à son an­nonce, un tol­lé gé­né­ral dans le pays chez pra­ti­que­ment toutes ca­té­go­ries so­ciales et les dif­fé­rentes par­ties pre­nantes à la ges­tion de la chose pu­blique, à sa­voir, l'union gé­né­rale tu­ni­sienne du tra­vail (UGTT), l'union tu­ni­sienne pour l'in­dus­trie, le com­merce et l'ar­ti­sa­nat (UTICA), l'union tu­ni­sienne pour l'agriculture et la pêche (UTAP), les pro­fes­sions li­bé­rales, etc. Mais ce qui est cu­rieux, c'est que tous les par­tis po­li­tiques, ou presque, n'ont pas pris de po­si­tion franche et tran­chée concer­nant cette ques­tion dans le sens où ils ob­servent un si­lence étrange alors qu'ils au­raient dû se mo­bi­li­ser pour sou­te­nir le gou­ver­ne­ment d'union na­tio­nale afin de lui per­mettre de né­go­cier en po­si­tion de force avec les dif­fé­rents pro­ta­go­nistes. Cette at­ti­tude des par­tis a fait dire aux ob­ser­va­teurs que le gou­ver­ne­ment de M. Cha­hed n'a pas eu la co­or­di­na­tion né­ces­saire avec les com­po­santes po­li­tiques avant d'éla­bo­rer le pro­jet de bud­get de l'etat et la Loi de fi­nances, d'où la ré­ac­tion forte de re­jet des ac­teurs so­ciaux et éco­no­miques.

Il faut dire que les cri­tiques des dis­po­si­tions pré­vues, met­tant à nu son im­pact né­ga­tif sur tel ou tel sec­teur ou sur telle ou telle frange de contri­buables, sont res­tées dans les gé­né­ra­li­tés, plus pré­ci­sé­ment en ma­tière des pro­po­si­tions avan­cées qui se sont li­mi­tées, dans la plu­part du temps, à des prin­cipes gé­né­raux et des re­com­man­da­tions de faire ou de ne pas faire.

Le pro­jet de Loi de fi­nances 2017 a pro­vo­qué, à son an­nonce, un tol­lé gé­né­ral dans le pays chez pra­ti­que­ment toutes ca­té­go­ries so­ciales et les dif­fé­rentes par­ties pre­nantes à la ges­tion de la chose pu­blique, à sa­voir, l’union gé­né­rale tu­ni­sienne du tra­vail (UGTT), l’union tu­ni­sienne pour l’in­dus­trie, le com­merce et l’ar­ti­sa­nat (UTICA), l’union tu­ni­sienne pour l’agriculture et la pêche (UTAP), les pro­fes­sions li­bé­rales, etc.

Mais ce qui est cu­rieux, c’est que tous les par­tis po­li­tiques, ou presque, n’ont pas pris de po­si­tion franche et tran­chée concer­nant cette ques­tion dans le sens où ils ob­servent un si­lence étrange alors qu’ils au­raient dû se mo­bi­li­ser pour sou­te­nir le gou­ver­ne­ment d’union na­tio­nale afin de lui per­mettre de né­go­cier en po­si­tion de force avec les dif­fé­rents pro­ta­go­nistes.

Cette at­ti­tude des par­tis a fait dire aux ob­ser­va­teurs que le gou­ver­ne­ment de M. Cha­hed n’a pas eu la co­or­di­na­tion né­ces­saire avec les com­po­santes po­li­tiques avant d’éla­bo­rer le pro­jet de bud­get de l’etat et la Loi de fi­nances, d’où la ré­ac­tion forte de re­jet des ac­teurs so­ciaux et éco­no­miques.

Il faut dire que les cri­tiques des dis­po­si­tions pré­vues, met­tant à nu son im­pact né­ga­tif sur tel ou tel sec­teur ou sur telle ou telle frange de contri­buables, sont res­tées dans les gé­né­ra­li­tés, plus pré­ci­sé­ment en ma­tière des pro­po­si­tions avan­cées qui se sont li­mi­tées, dans la plu­part du temps, à des prin­cipes gé­né­raux et des re­com­man­da­tions de faire ou de ne pas faire. Ain­si, on a consta­té que les pro­po­si­tions avan­cées ré­clament des me­sures d’ordre gé­né­ral de ma­nière à al­lé­ger la charge fis­cale, en­cou­ra­ger l’in­ves­tis­se­ment, lut­ter contre l’éva­sion et le sec­teur pa­ral­lèle, ne pas re­cou­rir à l’en­det­te­ment, etc. Pré­sen­té par le gou­ver­ne­ment de Yous­sef Cha­hed, in­ves­ti en août, ce pro­jet de loi de fi­nances vise, no­tam­ment et en théo­rie, à re­lan­cer la crois­sance en berne et à ré­duire le dé­fi­cit bud­gé­taire. Ce qui passe, se­lon le pou­voir, par le gel des sa­laires des fonc­tion­naires et une hausse des taxes sur les en­tre­prises, pro­vo­quant la co­lère à la fois de la Cen­trale pa­tro­nale tu­ni­sien (UTICA) et de l’union gé­né­rale des tra­vailleurs tu­ni­siens (UGTT).

Le gel des sa­laires pen­dant trois ans est une me­sure in­ac­cep­table par L’UGTT qui ap­pelle le gou­ver­ne­ment à cher­cher l’ar­gent ailleurs et à ne pas faire sup­por­ter aux tra­vailleurs, seuls, le poids des sa­cri­fices à consen­tir. En ef­fet, dé­non­çant un manque de concer­ta­tion et de consi­dé­ra­tion, L’UGTT a re­je­té de ma­nière «ca­té­go­rique » le gel des sa­laires dans la fonc­tion pu­blique. Et pour y faire face, la puis­sante cen­trale syn­di­cale avait ap­pe­lé dès le 17 oc­tobre «tous les tra­vailleurs dans tous les sec­teurs à se mo­bi­li­ser pour dé­fendre leurs droits et em­pê­cher qu’on leur fasse por­ter les échecs des po­li­tiques sui­vies». De son cô­té, L’UTICA a fait sa­voir que l’aug­men­ta­tion de la taxe ex­cep­tion­nelle sur les en­tre­prises de 7,5%, pré­vue par le pro­jet de loi de fi­nances 2017 est un pour­cen­tage éle­vé et au­ra une in­ci­dence sur la com­pé­ti­ti­vi­té des en­tre­prises et sur l’ef­fort na­tio­nal pour sti­mu­ler l’in­ves­tis­se­ment. Il est donc né­ces­saire de cher­cher d’autres so­lu­tions pour faire face aux dif­fi­cul­tés éco­no­miques et fi­nan­cières ren­con­trées par la Tu­ni­sie ».

Or, main­te­nant que le tol­lé se pré­cise et se confirme face au pro­jet de Loi de fi­nances, l’etat se trouve, se­lon les ex­perts éco­no­miques, de­vant un di­lemme à la li­mite du so­luble dans le sens où les di­vers scé­na­rios pro­bables sont aus­si dou­lou­reux les uns que les autres. Le pre­mier scé­na­rio, est que le gou­ver­ne­ment main­tient le pro­jet de Loi de fi­nances tel qu’il est, avec la pos­si­bi­li­té d’un ou de deux amen­de­ments mi­neurs, et tente un pas­sage en force à L’ARP où il est presque cer­tain d’abou­tir à l’adop­tion par la séance plé­nière. Et dans ce cas, le risque est réel de pro­vo­quer une crise so­ciale ma­jeure, voire un sou­lè­ve­ment po­pu­laire aux consé­quences aus­si im­pré­vi­sibles que dra­ma­tiques.

En ef­fet, la Cen­trale syn­di­cale ver­rait d’un très mau­vais oeil une pa­reille at­ti­tude du pou­voir en place et ne res­te­rait pas les bras croi­sés sa­chant qu’elle fait mi­roi­ter, dé­jà, le re­cours à une mo­bi­li­sa­tion to­tale pou­vant me­ner à la grève gé­né­rale.

De leurs cô­té, les en­tre­prises af­fi­liées à L’UTICA pour­raient ré­agir et ob­ser­ver une sorte de « ré­bel­lion », en l’oc­cur­rence de « déso­béis­sance fis­cale » pou­vant conduire jus­qu’à la mise de la clef sous le paillas­son. Quant aux pro­fes­sions li­bé­rales, en­har­dies par les positions des deux prin­ci­pales or­ga­ni­sa­tions na­tio­nales, syn­di­cale et pa­tro­nale, pour­raient en­dur­cir leur at­ti­tude de re­fus des dis­po­si­tions conte­nus dans le pro­jet de loi de fiances, ce qui risque de créer des si­tua­tions in­te­nables et in­soup­çon­nées. Et d’un… Le deuxième scé­na­rio est que le gou­ver­ne­ment re­tire le­dit pro­jet, ce qui est consti­tu­tion­nel­le­ment im­pos­sible, ou plus fai­sable, pro­cède à l’in­tro­duc­tion de pro­fondes mo­di­fi­ca­tions, ce qui re­vient à un aveu d’échec pou­vant en­traî­ner, à plus ou moins brève échéance, la chute du gou­ver­ne­ment qui au­rait, ain­si, prou­vé son in­ca­pa­ci­té à gé­rer la si­tua­tion dès le pre­mier exa­men sé­rieux. Et dans ce cas, les consé­quences sont graves dans la me­sure où ce­la peut conduire au re­cours à la chute du gou­ver­ne­ment et à des élec­tions lé­gis­la­tives, voire présidentielles, an­ti­ci­pées avec tout le lot né­ga­tif d’in­sta­bi­li­té et de per­tur­ba­tions so­ciales et po­li­tiques. Quant au troi­sième scé­na­rio – le plus sage d’après les ex­perts – il consiste à revenir à a la table des né­go­cia­tions avec une pro­po­si­tion ap­pe­lant à une sorte de sur­sis d’une an­née que de­vraient ac­cor­der les di­vers pro­ta­go­nistes au gou­ver­ne­ment pour ap­pli­quer ses dis­po­si­tions, avec la pro­messe de te­nir les pré­cé­dents en­ga­ge­ments en se ba­sant sur les éven­tuels ré­sul­tats po­si­tifs ob­te­nus grâce et à l’is­sue de ce sur­sis. Reste que d’autres voix s’élèvent ap­pe­lant à un re­tour au dia­logue entre les si­gna­taires de l’ac­cord de Car­thage sous l’égide de la pré­si­dence de la Ré­pu­blique afin d’abou­tir à un consen­sus comme on y a eu, tou­jours, re­cours de­puis l’avè­ne­ment de la Ré­vo­lu­tion.

En at­ten­dant, c’est l’im­passe qui pré­vaut. Elle est due à l’in­tran­si­geance des dif­fé­rents ac­teurs so­cioé­co­no­mique et, aus­si et sur­tout, à l’ab­sence des for­ma­tions po­li­tiques oc­cu­pées, plu­tôt, par les conflits in­ternes don­nant l’im­pres­sion que l’in­té­rêt na­tio­nal de­meure comme étant le der­nier de leurs sou­cis. En tout état de cause, per­sonne ne peut en­vier Yous­sef Cha­hed et son gou­ver­ne­ment dit d’union na­tio­nale pour l’en­gre­nage dans le­quel ils se trouvent à peine ar­ri­vés au Pa­lais de La Kas­bah car dans un mois, il doit faire vo­ter, d’une ma­nière ou d’une autre, cette fa­meuse Loi de fi­nances 2017. Mais com­ment ? C’est la grande énigme !...

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.