Les pieds dans le plat...

Le Temps (Tunisia) - - Proximite - Sa­mia HARRAR

Il faut dire qu’il n’y ait pas al­lé de main-morte... De son em­pla­ce­ment, en tant que mi­nistre d’etat, il est vrai qu’il a per­du une occasion de se taire. Car le de­voir de ré­serve sup­pose de lui qu’il ne dé­vie pas d’une cer­taine ligne de conduite, in­hé­rente à la po­li­tique gé­né­rale du pays, dont la di­plo­ma­tie se doit de jon­gler, sans perdre le nord, avec cer­taines contin­gences qu’il convient de ne ja­mais perdre de vue, sous peine d’avoir à ra­mas­ser les dé­bris; et pas qu’à la pe­tite cuillère. Il faut don en conve­nir: le mi­nistre des Af­faires re­li­gieuses a gaf­fé. En se fen­dant d’un com­men­taire qu’il au­rait pu gar­der pour lui, en at­ten­dant d’être re­ve­nu à la vie ci­vile. Etre man­da­té par l’etat si­gni­fie qu’il faut sa­voir, en toutes cir­cons­tances, sur­tout lors­qu’il s’agit de s’ex­pri­mer en pu­blic, mé­na­ger, au­tant la chèvre et le chou, que le car­ré de pré qui l’en­serre. Ou alors s’ar­ran­ger pour tou­jours te­nir ses pro­pos, d’une ma­nière si­byl­line, de fa­çon à ce que le ton, qui fait la mu­sique en toutes choses, fasse ava­ler n’im­porte quel pois­son, même en l’en­fer­rant jus­qu’au go­sier, sans ris­quer d’être pris en faute dans la fou­lée. Ici en l’oc­cu­rence, ça lui au­ra coû­té son siège. Et il est évident qu’’il est du de­voir du Chef du gou­ver­ne­ment, d’agir promp­te­ment pour es­sayer de sau­ver les meubles. C’est ce qu’il a fait en pro­cé­dant au li­mo­geage du mi­nistre. Main­te­nant, ce qui est plu­tôt éton­nant dans cette af­faire, c’est que le­dit mi­nistre n’est pas spé­cia­le­ment connu pour être hos­tile au Wah­ha­bisme, et ses mul­tiples ra­mi­fi­ca­tions. A un che­veu près. A t-il vou­lu faire du pied à qui de droit, comme ma­nière de se dis­cul­per mais en s’y pre­nant, comme le fe­rait un élé­phant dans un ma­ga­sin de por­ce­laine, ou a t-il été mal ca­dré ou mal com­pris jusque-là, dans ses positions, au point de mys­ti­fier tout le monde ou presque, sur ses vé­ri­tables sym­pa­thies, jus­qu’à ce qu’une voix in­té­rieure lui sug­gère de dire en fin tout haut ce qu’il pense tout bas? On n’en sait rien. Tou­jours est-il qu’il s’est em­pê­tré lui-même cette fois-ci, les pieds dans le ta­pis, afin qu’il ne soit pas né­ces­saire, en réa­li­té, que quel­qu’un le lui re­tire de des­sous les pieds, pour qu’il s’étale de tout son log sur le car­reau. Et ne s’en re­lève pas. Une peau de ba­nane; et pour le coup, c’est est une dont il se sou­vien­dra. Mais, soi-dit en pas­sant, il n’avait pas tort...

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