Après Mos­soul, Ra­q­qa : Per­sonne ne sait qui at­ta­que­ra le der­nier bas­tion de l’etat is­la­mique

Le Temps (Tunisia) - - Monde -

Le Pen­ta­gone es­time que l’as­saut sur Ra­q­qa, ca­pi­tale de l’etat Is­la­mique, de­vrait com­men­cer d’ici quelques se­maines. Pour au­tant, les pré­pa­ra­tifs ne sont pas tout à fait fi­na­li­sés : per­sonne ne sait en­core qui va at­ta­quer. Le plan pour faire tom­ber la ville de Ra­q­qa, la ca­pi­tale au­to­pro­cla­mée de l’etat Is­la­mique, pour­rait com­men­cer d’ici “deux se­maines”. C’est ce qu’a dé­cla­ré un of­fi­ciel de la Dé­fense amé­ri­caine au Dai­ly Beast, le 27 oc­tobre. Une ques­tion de­meure : quelles sont les troupes qui vont en­trer dans Ra­q­qa après sa chute ? Com­ment la coa­li­tion amé­ri­caine choi­si­ra les al­liés im­pli­qués dans la prise de la ville ? Ces in­ter­ro­ga­tions n’ont pas en­core de ré­ponse. En d’autres termes l’ar­mée amé­ri­caine, qui a beau­coup com­mu­ni­qué sur la “ba­taille fi­nale” pour vaincre L’EI, n’a pas en­core fi­na­li­sé les dé­tails de la ba­taille de Ra­q­qa. Les of­fi­ciels de la Dé­fense contac­tés par le Dai­ly Beast l’ont concé­dé. Plu­sieurs plans de ba­taille émergent, qui im­pliquent dif­fé­rents par­te­naires des Etats Unis au sein de L’OTAN. La coa­li­tion amé­ri­caine af­firme que les com­bats pour Ra­q­qa sont sur le point de com­men­cer avec le YPG kurde en pre­mière ligne. La Turquie, elle, cherche à stop­per le YPG. L’ar­mée amé­ri­caine pense que le meilleur moyen de vaincre l’etat Is­la­mique est de lan­cer si­mul­ta­né­ment des at­taques contre les deux grandes villes en­core sous contrôle du groupe ter­ro­riste. Il s’agit de Ra­q­qa et de Mos­soul, les deux ca­pi­tales sy­rienne et ira­kienne du ca­li­fat.

Les Ira­kiens ont lan­cé la cam­pagne pour li­bé­rer Mos­soul il y a une di­zaine de jours. Il n’existe pas, ce­pen­dant l’équi­valent d’une ar­mée ira­kienne al­liée en Sy­rie. Là, l’al­lié mi­li­taire le plus fiable contre L’EI a été le YPG. Deux of­fi­ciels de la Dé­fense amé­ri­caine ont dé­cla­ré au Dai­ly Beast que le YPG fe­ra uniquement par­tie des troupes qui de­vront “iso­ler” Ra­q­qa, c’est-à-dire en­cer­cler la ville afin d’em­pê­cher des mou­ve­ments de L’EI vers l’ex­té­rieur ou l’in­té­rieur. Ces mêmes of­fi­ciels nous ont as­su­ré que le YPG n’en­tre­rait pas dans la ville, conces­sion faite aux Turcs qui consi­dèrent le YPG comme un groupe ter­ro­riste. Le YPG fait par­tie des Forces Sy­riennes Dé­mo­cra­tiques (SDF), qui in­cluent éga­le­ment des com­bat­tants arabes. Les Etats-unis ont pré­ci­sé que les membres arabes de la SDF, outre d’autres forces en cours de for­ma­tion, al­laient en­trer dans la ville de Ra­q­qa. D’après le site Buzz­feed, la Turquie a com­men­cé ce mois-ci à for­mer cer­tains de ces com­bat­tants en vue de la ba­taille.

La si­tua­tion créé un blo­cage entre les Etats-unis et la Turquie, son al­lié de l’otan, même si les deux pays disent vou­loir en fi­nir avec l’etat Is­la­mique en Sy­rie. Jeu­di der­nier, les of­fi­ciels amé­ri­cains ont ad­mis que des dis­cus­sions étaient en cours avec la Turquie concer­nant les opé­ra­tions de li­bé­ra­tion de Ra­q­qa. Les ten­sions entre la Turquie et les Etats-unis n’ont ces­sé d’aug­men­ter ces deux der­nières se­maines de­puis que les Etats-unis ont dé­cla­ré vou­loir tra­vailler avec les forces du YPG, mal­gré les ob­jec­tions turques. Lors d’un dis­cours à An­ka­ra le même jour, Re­cep Tayyip Er­do­gan a dé­cla­ré que les troupes turques dé­bar­ras­se­raient les villes de Man­bij (nord de la Sy­rie) des forces Kurdes. Il a éga­le­ment an­non­cé qu’elles fe­raient de même à Ra­q­qa. Les Kurdes ont li­bé­ré re­pris Man­bij à L’EI en août der­nier. Cette dé­cla­ra­tion ac­com­pa­gnait une opé­ra­tion mi­li­taire turque bap­ti­sée “Bou­clier de l’eu­phrate” qui a pour but de re­pous­ser L’EI, ain­si que les troupes kurdes, hors du nord de la Sy­rie. La Turquie par­tage une fron­tière avec cette ré­gion. La Turquie de­mande à ce que la li­bé­ra­tion de la ville de Ra­q­qa se dé­roule dif­fé­rem­ment, sans l’aide du YPG. En at­ten­dant, d’après une source lo­cale, les forces du YPG sont dé­jà prêtes à en­cer­cler Ra­q­qa. Les ten­ta­tives des Etats-unis pour faire une dis­tinc­tion entre le dé­ploie­ment de L’YPG à l’ex­té­rieur de la ville plu­tôt qu’à l’in­té­rieur ne sont qu’un moyen pour ga­gner du temps en at­ten­dant de sa­voir exac­te­ment com­ment gé­rer cette cam­pagne. “Ce­la res­semble à des hé­si­ta­tions. Les Amé­ri­cains veulent des troupes au sol à Ra­q­qa pour sou­te­nir les opé­ra­tions à Mos­soul. Les Etats-unis ne les ont pas, alors, elles font avec ce qu’elles ont, en at­ten­dant avant que la nou­velle ad­mi­nis­tra­tion prenne le re­lais” a ex­pli­qué au Dai­ly Beast Jen­ni­fer Ca­fa­rel­la, ex­perte de la Sy­rie à l’ins­ti­tut d’études de la Guerre de Wa­shing­ton. Mer­cre­di der­nier, le Lieu­te­nant Gé­né­ral Ste­phen Town­send - com­man­dant des forces amé­ri­caines en Irak et en Sy­rie – a an­non­cé que le YPG fe­rait par­tie de la ba­taille à Ra­q­qa. Il es­ti­mait que “la seule force ca­pable de se mo­bi­li­ser ra­pi­de­ment, ce sont les Forces Sy­riennes dé­mo­cra­tiques et le YPG en est une com­po­sante im­por­tante”’. La se­maine der­nière, dans une in­ter­view à la chaine NBC, le se­cré­taire d’etat à la Dé­fense Ash Car­ter a dé­cla­ré que la cam­pagne de Ra­q­qa al­lait com­men­cer “dans les se­maines à ve­nir”, sans pré­ci­ser s’il était ques­tion d’en­cer­cler la ville ou de la li­bé­rer. Le Gé­né­ral Town­send a dit que les opé­ra­tions pour li­bé­rer Ra­q­qa doivent dé­bu­ter bien­tôt car L’EI au­rait l’in­ten­tion d’at­ta­quer sur le front à l’ouest de Ra­q­qa, mais il a ajou­té ne pas avoir plus d’in­for­ma­tions

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