Le chaî­non man­quant…

Le Temps (Tunisia) - - Proximite - Sa­mia HARRAR

Un énième étu­diant ar­rê­té en Tu­ni­sie, après avoir prê­té al­lé­geance à Daech. Le der­nier en date est de Ga­bès. Il au­rait été en­rô­lé, comme bon nombre de ses pré­dé­ces­seurs, dans une mos­quée de sa ré­gion. En­rô­lé ou en­doc­tri­né, c’est « kif kif bour­ri­cot ». Com­ment ? C’est la ques­tion qu’il faut se po­ser. Tou­jours. Est-il juste de par­ler de ter­rain fa­vo­rable ? Oui parce que la na­ture a hor­reur du vide. C’est vieux comme le monde. Et ça ne risque pas de chan­ger de si­tôt. Et en ce cas de fi­gure, le vide est si­dé­ral…

Que ne leur ap­prend-t-on pas à l’uni­ver­si­té, pour que nos étu­diants, toutes spé­cia­li­tés confon­dues d’ailleurs, suc­combent ain­si, et aus­si fa­ci­le­ment, aux chants des si­rènes de L’E.I. Et virent de bord, jus­qu’à se trans­for­mer en ces bombes à re­tar­de­ment, ou dans le meilleur des cas, en chairs à ca­nons, lan­cés en pâ­ture par ces pseu­do-émirs à la pe­tite se­maine, qui ar­rivent à avoir un tel as­cen­dant sur eux, qu’ils en ac­ceptent étran­ge­ment, de fran­chir, sans plus de dis­cer­ne­ment, et sans aucune hé­si­ta­tion de sur­croît, ce point de non re­tour, qui est à l’image d’un gi­gan­tesque piège, le­quel, lors­qu’il se se­ra re­fer­mé sur eux, ne les lâ­che­ra que lors­qu’ils se­ront broyés, et juste bons à al­ler nour­rir à leur tour, le pis­sen­lit par la ra­cine, en guise de re­mer­cie­ments pour leurs bons et loyaux ser­vices ? Que ne leur ap­prend-t-on pas pour qu’ils soient ain­si, per­méables par ailleurs, à des ma­ni­pu­la­tions aus­si ma­chia­vé­liques, que celles qui sont dis­pen­sés, sous-cou­vert de re­li­gion, dans cer­taines mos­quées qui échappent en­core au contrôle, et qui par­viennent, per­ni­cieu­se­ment, à ins­til­ler leur poi­son dans les es­prits d’une jeu­nesse mal­léable, la­quelle, n’a pas été suf­fi­sam­ment nour­rie aux lu­mières des Hu­ma­ni­tés, pour pou­voir op­po­ser de la ré­sis­tance, aux dis­cours les plus per­vers, qui se jouent du dogme et du cultuel avec une maes­tria qui force l’ad­mi­ra­tion, non­obs­tant le dé­goût qui va avec ? Jus­te­ment, ce qui manque à l’ap­pel, ce sont ces fa­meuses sciences trans­ver­sales, les­quelles, lors­qu’elles font dé­faut, -et elles font dé­faut dans notre sys­tème édu­ca­tif de­puis trois dé­cen­nies au moins-, ouvrent une brèche dan­ge­reuse par où entrent tous les vents… C’est là où le bât blesse le plus sû­re­ment…

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