Des di­zaines de mil­liers de ma­ni­fes­tants ré­clament la dé­mis­sion de la pré­si­dente

Le Temps (Tunisia) - - Monde -

Qua­rante-trois mille per­sonnes, se­lon la po­lice ; 100 000, se­lon les or­ga­ni­sa­teurs… La ma­ni­fes­ta­tion d’hier dans la ca­pi­tale de la Co­rée du Sud, Séoul, pour ré­cla­mer la dé­mis­sion de la pré­si­dente Park Geun-hye est l’une des plus im­por­tantes de­puis une di­zaine d’an­nées.

Dé­jà très im­po­pu­laire après bien­tôt quatre ans à la tête de l’etat, elle doit af­fron­ter un scan­dale à la fron­tière de la po­li­tique et du fait di­vers. Il lui est re­pro­ché sa très grande proxi­mi­té avec une femme au par­cours trouble, Choi Soon-sil, 60 ans, ar­rê­tée jeu­di pour cor­rup­tion. Fille du chef d’une Eglise de la vie éter­nelle, femme d’af­faires et gou­rou, cette amie de longue date, de­ve­nue confi­dente et conseillère, a été sur­nom­mée Ras­pou­tine par la presse.

Elle est soup­çon­née de s‘être ser­vie de son in­fluence au­près de la pré­si­dente pour contraindre les conglo­mé­rats sud-co­réens à fi­nan­cer des fon­da­tions dou­teuses, ar­gent qu’elle au­rait en­suite uti­li­sé à des fins per­son­nelles. Elle pour­rait aus­si avoir eu ac­cès à des do­cu­ments confi­den­tiels, alors qu’elle n’avait ni fonc­tion of­fi­cielle ni ha­bi­li­ta­tion de sé­cu­ri­té.

“Il se dit même que j’ai par­ti­ci­pé à un culte re­li­gieux d’ins­pi­ra­tion cha­ma­nique dans ma ré­si­dence de la Mai­son bleue,

je le dis clai­re­ment : rien de ce­la n’est vrai”, a as­su­ré la pré­si­dente dans une al­lo­cu­tion té­lé­vi­sée. Elle a tou­te­fois re­con­nu avoir été “né­gli­gente” dans sa re­la­tion avec Choi Soon-sil et a dé­cla­ré être prête à être en­ten­due par la jus­tice.

Une liai­son dan­ge­reuse

L’ac­tuelle pré­si­dente est la fille de Park Chung-hee (1917-1979), an­cien di­ri­geant sud-co­réen ré­pu­té pour son des­po­tisme. Lorsque que sa mère Yuk Young-soo est as­sas­si­née en 1974, elle tient alors le rôle de "première dame". Se noue alors une re­la­tion avec Choi Tae-min, le père de Choi Soon­sil. L’homme est le gou­rou de l’eglise de la vie éter­nelle, une secte bien connue dans la pé­nin­sule co­réenne, et au­rait ob­te­nu les bonnes grâces de la fa­mille Park en af­fir­mant être en contact avec l’es­prit de la mère. A sa mort en 1994, le "Ras­pou­tine Co­réen" trans­met son in­fluence à sa fille. En quelques an­nées, se­lon un do­cu­ment de Wi­ki­leaks pu­blié en 2007, celle-ci au­rait pris to­ta­le­ment le contrôle de l’es­prit de la fu­ture pré­si­dente. Les deux femmes se connaissent de­puis 40 ans. Park Geun-hye de­vrait même sa car­rière po­li­tique à Choi Soon-sil. Élue en 2013 à la plus haute fonc­tion de l’etat, la fille Park au­rait ain­si conti­nué à être sous l’em­prise de la fille Choi.

Toutes ses ré­vé­la­tions font l’ef­fet d’une dé­fla­gra­tion en Co­rée du Sud. Se­lon un son­dage lo­cal, la po­pu­la­ri­té de Park Geun-hye est tom­bée à 5%, un ni­veau sans pré­cé­dent dans l'his­toire du pays. Sa chute semble bien être amor­cée

Ma­ni­fes­ta­tions pour la dé­mis­sion de la pré­si­dente

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