Des dé­pu­tés lancent une pro­cé­dure de des­ti­tu­tion de Hol­lande

Le Temps (Tunisia) - - Monde -

Il n'y a tou­jours pas d'una­ni­mi­té à droite mais la pro­cé­dure de des­ti­tu­tion de Fran­çois Hol­lande avance pour de bon à l'as­sem­blée. Au len­de­main de la pré­sen­ta­tion d'un texte par le dé­pu­té sar­ko­zyste Pierre Lel­louche, le groupe Les Ré­pu­bli­cains a va­li­dé le prin­cipe de si­gner cette ré­so­lu­tion qui peut conduire (très théo­ri­que­ment) à la mise sur la touche du pré­sident de la Ré­pu­blique. Ch­ris­tian Ja­cob a dé­cla­ré hier qu'une par­tie des dé­pu­tés dont il est pré­sident al­lait si­gner la ré­so­lu­tion pour ac­tion­ner l'ar­ticle 68 de la Consti­tu­tion. Si 58 par­le­men­taires le font (ce qui est dé­sor­mais ac­quis), la pro­cé­dure se­ra of­fi­ciel­le­ment lan­cée. Ce­la si­gni­fie que le bu­reau de l'as­sem­blée na­tio­nale va être sai­si pour mettre à l'ordre du jour des dé­bats de cette des­ti­tu­tion. Elle de­vra être vo­tée par la com­mis­sion des Lois puis dans l'hé­mi­cycle, ce qui n'a en pra­tique au­cune chance d'abou­tir puisque la gauche a fait sa­voir qu'elle s'op­po­se­rait à "cette cam­pagne de ca­lom­nie vi­sant Fran­çois Hol­lande". "C'est sur­tout la dé­mons­tra­tion d'une trum­pi­sa­tion pro­gres­sive de la droite fran­çaise", a ré­agi Oli­vier Faure, porte-pa­role du PS Mais le simple fait que ce pro­ces­sus soit en­clen­ché est une pre­mière et en dit long sur le dé­li­te­ment de l'image pré­si­den­tielle. Il fait suite à la pu­bli­ca­tion du livre Un pré­sident ne de­vrait pas dire ça dans le­quel Fran­çois Hol­lande se livre à des confi­dences pour le moins in­dé­li­cates. Ce qui a le plus cho­qué Pierre Lel­louche est la re­con­nais­sance par le chef de l'etat d'avoir com­man­di­té au moins quatre as­sas­si­nats ci­blés de ter­ro­ristes po­ten­tiels. Une for­fai­ture pour Ni­co­las Sar­ko­zy, une at­teinte au se­cret dé­fense qui consti­tue, se­lon Pierre Lel­louche, "un man­que­ment à ses de­voirs ma­ni­fes­te­ment in­com­pa­tibles avec l'exer­cice de son man­dat". Ce qui ren­voie exac­te­ment à l'ar­ticle 68 de la Consti­tu­tion (mo­di­fiée en 2008) qui pré­voit la des­ti­tu­tion du Pré­sident par le Par­le­ment consti­tué en Haute cour. Pour ar­ri­ver au scé­na­rio de la des­ti­tu­tion, le texte doit fi­na­le­ment être vo­té par les deux­tiers des par­le­men­taires (dé­pu­tés et sé­na­teurs). Pour Fran­çois Fillon, ce­la n'a au­cune chance d'être le cas. "La seule pro­cé­dure qui peut être conduite c'est celle de la des­ti­tu­tion mais elle n'a au­cune chance d'abou­tir puisque la ma­jo­ri­té du Par­le­ment est né­ces­saire", af­firme le can­di­dat à la pri­maire dans Le Pa­ri­sien. Même son de cloche chez Bru­no Le Maire qui ne vo­te­ra pas une éven­tuelle des­ti­tu­tion. "La meilleure fa­çon de des­ti­tuer Fran­çois Hol­lande, c'est d'at­tendre l'élec­tion pré­si­den­tielle de 2017", a-t-il lan­cé sur RMC.

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.