Bruits et chu­cho­te­ments

Le Temps (Tunisia) - - Arts & Culture -

Fé­rid Bou­ghe­dir dans le "top 50" des per­son­na­li­tés arabes 2016

Le ci­néaste, cri­tique, his­to­rien et uni­ver­si­taire tu­ni­sien Fé­rid Bou­ghe­dir a été dé­si­gné par l'heb­do­ma­daire bri­tan­nique " the Middle East Ma­ga­zine ", dans son clas­se­ment an­nuel " Top 50 ", comme l’une des 50 per­son­na­li­tés arabes les plus im­por­tantes pour l’an­née 2016. Se­lon ce clas­se­ment éta­bli par le ma­ga­zine, " Fe­rid Bou­ghe­dir, ré­pu­té pour ses films dont "Hal­faouine l'en­fant des ter­rasses" (1990) "Un été à La Gou­lette" (1996) et Zi­zou (par­fum de prin­temps, 2016), a réus­si à tra­vers ses films, à pro­mou­voir une image po­si­tive de son pays à l’échelle mon­diale ".

Fe­rid Bou­ghe­dir est, pour l’an­née 2016 , le seul tu­ni­sien choi­si dans ce " Top 50 " arabe, aux cô­tés no­tam­ment de l’écri­vaine Dr Na­wel El Saa­daoui (Egypte),

de la jour­na­liste In­ter­na­tio­nale Na­bi­la Ram­da­ni (Al­gé­rie), ain­si que de la chan­teuse li­ba­naise Faï­rouz. Fé­rid Bou­ghe­dir a re­çu le 28 oc­tobre 2016 lors de la cé­ré­mo­nie d’ou­ver­ture de la 27ème édi­tion des Jour­nées Ci­né­ma­to­gra­phiques de Car­thage,

le "Prix du 50ème An­ni­ver­saire du fes­ti­val", pour, outre ses films, son ap­port per­ma­nent à l’or­ga­ni­sa­tion de la pre­mière ma­ni­fes­ta­tion ci­né­ma­to­gra­phique d’afrique et du monde Arabe, née en 1966 , et qu’il a di­ri­gé à plu­sieurs re­prises.

Brahim Letaief parle d'un bi­lan glo­ba­le­ment po­si­tif en dé­pit de cer­taines dé­faillances

En tant que di­rec­teur des JCC, réa­li­sa­teur et ci­né­phile, Brahim Letaief a vou­lu "cou­per court aux ru­meurs et fu­ti­li­tés" a-t-il dit lors de la con­fé­rence de presse or­ga­ni­sée mar­di, deux jours après la clô­ture des Jour­nées ci­né­ma­to­gra­phiques de Car­thage (JCC), une édi­tion qui a fait cou­leur beau­coup d'encre. Il a te­nu à faire le point sur un bi­lan glo­ba­le­ment po­si­tif en dé­pit d'une mul­ti­tude de "cri­tiques et d'ac­cu­sa­tions qui ont vi­sé di­rec­te­ment le co­mi­té di­rec­teur et par consé­quent l'image de ce fes­ti­val".

Par­lant de la pro­gram­ma­tion de cette édi­tion spé­ciale qui a fê­té cette an­née son 50ème an­ni­ver­saire, Letaief a mis l'ac­cent sur l'im­por­tance ac­cor­dée à la qua­li­té dans la sé­lec­tion des oeuvres en com­pé­ti­tion of­fi­cielle, mais aus­si dans la sec­tion Tak­mil et l'es­pace "pro­du­cers net­work" qui avait réuni des per­son­na­li­tés ci­né­ma­to­gra­phiques de re­nom­mée telles que le pro­duc­teur fran­co-cam­bod­gien, Ri­thy Panh et le di­rec­teur gé­né­ral dé­lé­gué d'orange Stu­dio, Pas­cal De­la­rue.

Pour la pre­mière fois aux JCC, a-t-il re­le­vé, huit films arabes et afri­cains en com­pé­ti­tion of­fi­cielle sont pro­je­tés en avant-pre­mière. Il n'y a pas eu "d'avant-pre­mière mon­diale, mis à part les films tu­ni­siens. De plus, sept films sur 13 de la sec­tion Pre­mière-oeuvre ont été pro­je­tés en avant-pre­mière arabe et afri­caine, dont les films ma­ro­cain "Di­vines" et l'égyp­tien "Clash", au­tant de films qui ont choi­si les JCC avant de faire leur en­trée au fes­ti­val in­ter­na­tio­nal du film de Du­bai ce qui consti­tue "une vé­ri­table vic­toire pour les JCC".

Il cla­ri­fie que "les JCC ne sont pas un fes­ti­val à thème, mais plu­tôt gé­né­ra­liste". Ce qui fait le fes­ti­val ne prend en compte dans le choix des films en com­pé­ti­tion que ceux qui pré­sentent de hautes qua­li­tés ar­tis­tiques et tech­niques. La sé­lec­tion de cette an­née avait pour point com­mun, les ques­tions d'ac­tua­li­té liée au ter­ro­risme et au crime, sans pour au­tant avoir cher­ché à choi­sir ces thèmes, a-til sou­li­gné. La phi­lo­so­phie de Letaief pour don­ner un nou­vel élan aux JCC est de "mar­quer une pause de ré­flexion" pour faire vrai­ment de ce fes­ti­val un acte de ré­sis­tance et de ré­flé­chir sé­rieu­se­ment à as­su­rer l'in­dé­pen­dance des Jour­nées et à créer un bu­reau per­ma­nent" afin d'évi­ter dans le fu­tur toutes les la­cunes pos­sibles, sur­tout au ni­veau de l'or­ga­ni­sa­tion te­nant à si­gna­ler que face à l’ab­sence de per­son­nels for­més dans l’évé­ne­men­tiel, les JCC ont eu re­cours à des bé­né­voles.

Re­ve­nant sur l'in­ci­dent lors de la soi­rée de clô­ture avec l'ac­trice al­gé­rienne Ba­hia Ra­ch­di, il a te­nu à ré­ité­rer le res­pect à l'ac­trice et à pré­sen­ter ses ex­cuses en­core une fois à tra­vers elle à tous les ar­tistes al­gé­riens, te­nant à ré­af­fir­mer que l’em­pla­ce­ment qui lui a été ré­ser­vé n’était au­cu­ne­ment choi­si pour l’hu­mi­lier mais il s'agit tout sim­ple­ment de l'ap­pli­ca­tion d'une pro­cé­dure pro­to­co­laire.

En ce qui concerne les frais de l'ac­teur égyp­tien Ja­mil Ra­teb, il a pré­ci­sé qu'ils ont été tous payés par le fes­ti­val y com­pris les ex­tras".

En dé­pit des cri­tiques ma­ni­fes­tées, il a te­nu à pré­ci­ser que ce­ci ne veut pas dire que cette édi­tion fut un fias­co. A pro­pos d'une éven­tuelle dé­mis­sion, Brahim Letaief a sou­li­gné qu'il a en­core l’obli­ga­tion de ter­mi­ner la pro­gram­ma­tion "Jcc-ci­ties", (10-13 no­vembre dans 14 ré­gions). Ex­pri­mant son hon­neur d'être à la tête des JCC dans cette édi­tion cin­quan­te­naire, il s'est dit prêt à rendre des comptes et à as­su­mer ses res­pon­sa­bi­li­tés.

Magh­reb des Films à Pa­ris: " Brûle la mer "en avant pre­mière Le do­cu­men­taire " Brûle la mer " ou " Ah­reg Leb­har ", co-réa­li­sé par Na­tha­lie Nam­bot et Ma­ki Ber­chache a été pro­je­té lun­di soir à Pa­ris en avant-pre­mière.

C’est dans le cadre de la soi­rée inau­gu­rale de la hui­tième édi­tion du Magh­reb des Films, qui se dé­rou­le­ra du 16 no­vembre jus­qu’au 16 dé­cembre 2016 à Pa­ris, que le pu­blic a pu suivre le pé­riple d’un jeune tu­ni­sien qui a tra­ver­sé la Mé­di­ter­ra­née " clan­des­ti­ne­ment "pour dé­bar­quer en Eu­rope juste après la chute de Ben Ali en jan­vier 2011. Du­rant 75 mi­nutes, Ma­ki Ber­chache, co-réa­li­sa­teur, co-au­teur et ac­teur dans " Brûle la mer ", fait un flash back sur l’his­toire des jeunes tu­ni­siens qui ont pro­fi­té de la ré­vo­lu­tion tu­ni­sienne et l’ou­ver­ture des fron­tières pour réa­li­ser leur rêve et par­tir en Eu­rope dé­fiant la mort sur des barques de for­tune. Mu­nis de ca­me­ra su­per 8, Na­tha­lie Nam­bot et Ma­ki Ber­chache ont re­tra­cé le che­min de la jeu­nesse tu­ni­sienne qui a fuit la dic­ta­ture et qui as­pi­rait à fran­chir la fron­tière pour vivre dans un monde meilleur et réa­li­ser le rêve. Les deux réa­li­sa­teurs mettent en lu­mière le cal­vaire au­quel ont été confron­tés les jeunes tu­ni­siens dé­çus une fois ar­ri­vés en Ita­lie et en France. Ma­ki Ber­chache, ra­conte dans " Brûle la mer " son his­toire qui d’après lui est " l’his­toire de tout le monde ". Il met l’ac­cent sur le re­jet, la né­gli­gence et le re­fus d’une so­cié­té par la­quelle il a tant rê­vé. " J’ai com­pris que la vie ici n’est pas pa­reille, qu’on n’ouvre pas la porte comme ça...après tu com­prends pe­tit à pe­tit que les fron­tières, ce n’est pas seule­ment quand tu tra­verses les mers et les pays, mais aus­si par­tout... ", sou­ligne Ber­chache. Le Magh­reb des films met l’ac­cent dans son édi­tion 2016 sur trois axes : les femmes, les films de femmes au Magh­reb, la mi­gra­tion et les films in­dé­pen­dants. Plu­sieurs films, do­cu­men­taires et courts mé­trages tu­ni­siens sont pro­gram­més pour cette édi­tion.

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