Re­ve­nez de­main !

Le Temps (Tunisia) - - Faits De Societe -

« De­main je se­rai sage, Bonne mère je le pro­mets Mon fils, je connais ton lan­gage De­main, ce­la veut dire ja­mais ! » Le laxisme dans les ad­mi­nis­tra­tions n’est pas prêt à dis­pa­raître tant que les men­ta­li­tés fi­gées et les mau­vaises ha­bi­tudes n’au­ront pas chan­gé. Au siège d’une agence de la CNSS dans la ca­pi­tale, les em­ployés vous re­çoivent se­lon l’hu­meur du temps. S’il y a du monde vous êtes évi­dem­ment obli­gé d’at­tendre votre tour, après avoir été orien­té par l’ap­pa­ri­teur qui vous tend un nu­mé­ro, le 149, ou le 211 par exemple. Vous at­ten­dez qu’on vous ap­pelle à travers le haut par­leur. Mais à l’heure de la fer­me­ture, on vous de­mande de dé­ga­ger pour re­ve­nir de­main. Vous avez beau rous­pé­ter, mais il n’y a rien à y faire, car cha­cun son tour… . Vous re­ve­nez le len­de­main plus tôt et vous trou­vez le même ma­nège mais avec moins d’at­tente et vous par­ve­nez en­fin à pas­ser de­vant le gui­chet en pous­sant un grand ouf. Vous ten­dez des do­cu­ments en vue de l’ob­ten­tion d’un rem­bour­se­ment de frais mé­di­caux au titre de l’as­su­rance ma­la­die. L’agent les consulte at­ten­ti­ve­ment puis vous dit : Ah mon­sieur il manque tel do­cu­ment. Vous ré­tor­quez que le­dit do­cu­ment ne fi­gure pas dans la liste que lui a four­nie l’ad­mi­nis­tra­tion. Vous lui mon­trez la liste au be­soin. Mais il vous répond qu’il connait son tra­vail et qu’il est in­utile d’in­sis­ter lour­de­ment. Que faire alors ? Re­ve­nez de­main avec le pa­pier de­man­dé. En re­ve­nant de­main, au même gui­chet, vous trou­vez un autre agent. Après avoir consul­té votre dos­sier il vous de­mande d’at­tendre son col­lègue car c’est lui qui le traite. Or ce col­lègue en ques­tion est en dé­pla­ce­ment. Alors re­ve­nez de­main vous dit l’agent d’un air dé­so­lé, pour vous être agréable. Fai­sant bon coeur contre mau­vaise for­tune, vous quit­tez les lieux dans l’in­ten­tion d’y re­tour­ner le len­de­main. Mais en ren­trant vous trou­vez un cour­rier de la CNSS pour vous ap­prendre que le dé­lai pour une telle de­mande est pas­sé et qu’en cas d’op­po­si­tion il faut vous adres­ser au ser­vice cen­tral. Vous avez fait des na­vettes quo­ti­diennes pen­dant trois jours pour rien. Vous vous de­man­dez quand même, si l’agent que vous avez contac­té de vive voix au gui­chet, a pris la peine de bien étu­dier votre dos­sier.

Il faut donc re­par­tir à zé­ro en pré­pa­rant d’autres do­cu­ments cer­ti­fiés conformes à l’ori­gi­nal. Vous vous pré­sen­tez au ser­vice cen­tral, et vous mon­trez le cour­rier qui vous a été en­voyé la veille. Le pré­po­sé qui vous re­çoit à l’ac­cueil, vous dit alors : en ef­fet c’est Mme Un­tel qui s’en oc­cupe mais, elle se­ra ab­sente pour toute la jour­née. Re­ve­nez de­main, ou alors lais­sez moi votre nu­mé­ro de té­lé­phone, on vous ap­pel­le­ra. Vous lui lais­sez vos co­or­don­nées sans grande convic­tion d’être ap­pe­lé. Et puis il y a éga­le­ment un dé­lai à res­pec­ter si vous ne vou­lez pas être for­clos. Vous re­ve­nez le len­de­main et ma­dame Un­tel, vous re­çoit en­fin, pour vous dire qu’elle étu­die­ra à nou­veau le dos­sier avant de vous ap­pe­ler. Dans cette at­tente vous au­rez dé­pen­sé en temps et en dé­pla­ce­ments, beau­coup, plus que la somme que vous de­man­dez au titre du rem­bour­se­ment de l’as­su­rance ma­la­die, et que vous avez dé­jà dé­bour­sée au dé­part. A.N.

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.