Re­tour ta­pa­geux des LPR

Deux ans après leur dis­so­lu­tion sur dé­ci­sion de la jus­tice

Le Temps (Tunisia) - - La Une - Nou­red­dine HLAOUI

Dis­soutes sur une dé­ci­sion ju­di­ciaire, le 26 mai 2014, les Ligues dites de pro­tec­tion de la ré­vo­lu­tion (LPR) semblent faire leur re­tour sur fond du sprint fi­nal du pro­cès des ac­cu­sés du meurtre du mi­li­tant et cadre de Ni­daa Tou­nès, Lot­fi Nagdh.

Dis­soutes sur une dé­ci­sion ju­di­ciaire, le 26 mai 2014, les Ligues dites de pro­tec­tion de la ré­vo­lu­tion (LPR) semblent faire leur re­tour sur fond du sprint fi­nal du pro­cès des ac­cu­sés du meurtre du mi­li­tant et cadre de Ni­daa Tou­nès, Lot­fi Nagdh. En ef­fet, la Chambre cri­mi­nelle près le Tri­bu­nal de pre­mière ins­tance de Sousse a dé­ci­dé, jeu­di 10 no­vembre cou­rant, de re­por­ter, au 14 de ce même mois, l’exa­men de l’af­faire de l’as­sas­si­nat du co­or­di­na­teur ré­gio­nal du mou­ve­ment Ni­daa Tounes et pré­sident de l’union ré­gio­nale des agri­cul­teurs à Ta­taouine Lot­fi Nagdh. On no­te­ra que quatre per­sonnes en tout, membres des LPR, sont ac­cu­sées, ef­fec­ti­ve­ment, d’avoir lyn­ché à mort Lot­fi Nagdh, le 18 oc­tobre 2012, de­vant son bu­reau, lors d’une ma­ni­fes­ta­tion hos­tile à Ni­daa Tounes.

Ten­sion et risques

Or, pour des rai­sons qui res­tent à dé­ter­mi­ner, la ten­sion est mon­tée d’un cran de­vant le tri­bu­nal de Sousse entre des par­ti­sans de Ni­daa Tounes et des an­ciens membres des ligues dites de pro­tec­tion de la ré­vo­lu­tion dis­soutes, ve­nus ap­por­ter leur sou­tien aux fa­milles des ac­cu­sés. Mais si le pire a été évi­té grâce à l’in­ter­ven­tion éner­gique et ef­fi­cace des forces de sé­cu­ri­té, ces « tristes » LPR, conduits par les non moins tris­te­ment cé­lèbres, Imed De­ghij et Re­co­ba, ont créé un cli­mat de pa­nique avec des cris et des slo­gans rap­pe­lant les am­biances né­ga­tives et la ter­reur qu’ils ré­pan­daient là où ils pas­saient. D’autre part, si on ne dé­plore pas d’at­teinte de per­sonnes pré­sentes sur les lieux ou de casse, un grand éton­ne­ment a été sou­li­gné par les ob­ser­va­teurs qui trouvent anor­mal que per­sonne par­mi les fau­teurs de troubles n’ait été ap­pré­hen­dé, ce qui pour­rait les en­cou­ra­ger à ré­ci­di­ver. D’ailleurs les craintes sont grandes et réelles quant à l’en­re­gis­tre­ment de sé­rieux et graves in­ci­dents le jour de la pro­cla­ma­tion du ver­dict si ce der­nier va dans le sens de la condam­na­tion des ac­cu­sés ap­par­te­nant à ces LPR, for­te­ment sou­te­nus, à l’époque par les par­tis d’en­nahd­ha et du CPR de Mar­zou­ki. Ce re­tour en force cu­rieux des fa­meuses LPR prouve qu’elles n’ont ja­mais ab­di­qué et qu’elles agis­saient en tant que « cel­lules dor­mantes ». Ce même re­tour a fait ré­veiller les in­quié­tudes de plus d’un dont en par­ti­cu­lier Hou­cine Ab­bas­si, se­cré­taire gé­né­ral de L’UGTT qui a fus­ti­gé cette ré­ap­pa­ri­tion tout en rap­pe­lant leur pas­sé avec des ré­vé­la­tions fra­cas­santes !

A quand une ré­ac­tion ?

Il est im­por­tant de rap­pe­ler à l’oc­ca­sion que les di­ri­geants du par­ti is­la­miste étaient par­mi les grands pro­tec­teurs de ces Ligues, en les dé­fen­dant bec et ongles sur les divers pla­teaux ra­dio­té­lé­vi­sés et en cla­mant leur fa­meuse et unique ar­gu­men­ta­tion à sa­voir que ces Ligues consti­tuent des or­ga­ni­sa­tions lé­gales puis­qu’elles sont au­to­ri­sées par le pou­voir en place. « Per­sonne ne peut les in­ter­dire, cla­maient-ils en sub­stance. C’est à la jus­tice d’être sai­sie de leur cas et de s’y pro­non­cer. Ce qui fut fait sous le règne de Meh­di Jo­mâa au mois de mai 2014. Tout le monde se rap­pelle que ces mêmes Ligues se trou­vaient à toutes les « sauces » de vio­lence aus­si bien ver­bale que phy­sique s’en pre­nant aux réunions des par­tis po­li­tiques et autres ma­ni­fes­ta­tions, no­tam­ment lors du sit-in d’er­ra­hil sans ou­blier les me­naces des sieurs Re­co­ba et Deghj de mort et d’ef­fu­sion de sang lan­cées sur les ré­seaux so­ciaux t avec des en­re­gis­tre­ment au­dio et vi­déo. En tout état de cause, il est vrai­ment sur­pre­nant que le mi­nis­tère pu­blic ne bouge pas face à ce re­tour dan­ge­reux pour la paix so­ciale et pour l’ordre pu­blic de ces Ligues, dé­jà condam­nées par les tri­bu­naux. Et au mo­ment où BCE clame haut et fort, à l’is­sue d’une ré­cente réunion du Con­seil na­tio­nal de sé­cu­ri­té, qu’il faut tout mettre en oeuvre pour élu­ci­der les af­faires d’as­sas­si­nat des deux mar­tyrs Cho­kri Be­laïd et Mo­ha­med Brah­mi, des in­di­vi­dus « trop nui­sibles » font leur re­tour ta­pa­geur, en toute im­pu­ni­té, de­vant, jus­te­ment, un Pa­lais de jus­tice !

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