Les mêmes per­sis­tantes ca­rences !

En­core une pres­ta­tion loin d’être convain­cante !

Le Temps (Tunisia) - - La Une - Ameur KERKENNI

Tout comme contre la Gui­née Co­na­kry, l’équipe na­tio­nale a réus­si l’es­sen­tiel en en­gran­geant les trois points de la vic­toire qui lui valent de conso­li­der sa pre­mière place au clas­se­ment de sa poule. Mais, si face au « Si­ly Na­tio­nal » gui­néen elle a al­ter­né le bon et le moins bon et mé­ri­tait, sur l’en­semble des dé­bats la vic­toire, par contre face à la Li­bye, elle pas­sa to­ta­le­ment à cô­té de son su­jet en dé­pit d’une vic­toire étri­quée, ob­te­nue dans la dou­leur et, de sur­croit, avec la com­pli­ci­té de l’ar­bitre qui a pri­vé les Li­byens d’un but on ne peut plus ré­gu­lier de Sal­to (11’) pour hors jeu ima­gi­naire. S’il avait été ac­cor­dé, ce but au­rait, peut être, don­né au match une autre tour­nure en fa­veur de l’ad­ver­saire. Pis en­core, même quand le onze na­tio­nal a joué pra­ti­que­ment toute la se­conde mi-temps en su­pé­rio­ri­té nu­mé­rique de­puis l’ex­pul­sion à la 47’ de Ali Sa­la­ma, il n’a pas réus­si, pour au­tant, à prendre la me­sure de son ad­ver­saire et im­po­ser son jeu. Ex­cep­tion faite des quelques es­sais, spo­ra­diques, de Sel­li­ti et de Khe­nis­si, ce­lui-ci ayant été pri­vé, en fin de match, d’un se­cond pe­nal­ty in­dis­cu­table quand il fut re­te­nu du maillot par un dé­fen­seur ad­verse dans la sur­face des ré­pa­ra­tions.

Choix très dis­cu­table des joueurs

Le onze na­tio­nal fut d’abord vic­time de la mé­forme de bon nombre de ses joueurs. Kas­perc­zak a beau dire, à chaque fois que l’oc­ca­sion lui est don­née de le faire, qu’il fait tou­jours confiance aux joueurs les plus mé­ri­tants et les plus en forme, donc à ceux qui sont cen­sés don­ner, sur le double plan in­di­vi­duel et col­lec­tif, le plus es­comp­té. Mais mal­heu­reu­se­ment, les af­fir­ma­tions du sé­lec­tion­neur na­tio­nal, se sont à chaque fois avé­rées de simples propos des­ti­nés à la consom­ma­tion du pu­blic spor­tif. Fi­gé dans un im­muable conser­va­tisme, Hen­ry Kas­perc­zak et quel que soit la forme du mo­ment de ses sem­pi­ter­nels et in­dé­trô­nables ti­tu­laires n’est pas en­clin à chan­ger la com­po­si­tion de sa for­ma­tion. Sauf quand il est contraint de le faire en cas de bles­sure ou de sus­pen­sion, et en­core ! Preuves à l’ap­pui. Tous les Tu­ni­siens ont re­mar­qué que le gar­dien Ay­men Bal­bou­li, trai­nant en­core une bles­sure mus­cu­laire, n’était nul­le­ment in­di­qué pour gar­der les bois tu­ni­siens contre la Li­bye. Il fai­sait de la peine, ne par­venant même pas à faire quelques fou­lées ou à dé­ga­ger le bal­lon du pied. Pour­tant, et mine de rien, le sé­lec­tion­neur na­tio­nal, à l’éton­ne­ment gé­né­ral, le pré­fé­ra à Ra­mi Jri­di ou en­core Moez Ben Ch­ri­fia, deux gar­diens aux qua­li­tés in­soup­çon­nées et qui passent, ac­tuel­le­ment, par une pé­riode faste. Flot­te­ment de l’axe de la dé­fense Kas­perc­zak n’a pas eu aus­si la main heu­reuse en ali­gnant dans l’axe Bi­lel Mohs­ni et Cham­sed­dine Dhaoua­di. Le pre­mier à court de com­pé­ti­tion et le se­cond en pe­tite forme ont mul­ti­plié des er­reurs qui ont failli nous coû­ter cher sans la pré­ci­pi­ta­tion des avant li­byens. Dès lors, fau­drait-il s’éton­ner de voir la dé­fense tu­ni­sienne dont le gar­dien boi­tillait et s’ar­ti­cu­lant sur un axe qui flot­tait dan­ge­reu­se­ment, battre des ailes et pa­ni­quer à la moindre ac­cé­lé­ra­tion ad­verse ?

Une ani­ma­tion of­fen­sive très ap­proxi­ma­tive

Fau­drait-il aus­si s’éton­ner que hor­mis deux tirs de Silli­ti et au­tant d’in­cur­sions de Khe­nis­si qui sont der­rière deux pe­nal­ties dont un seul fut ac­cor­dé, l’équipe de Tu­ni­sie n’ait pas par­ve­nue réus­si à se créer la moindre oc­ca­sion sé­rieuse de but quand on voit la com­po­si­tion de son mi­lieu de ter­rain. En pré­sence de de­mis peu créa­tifs (Ben Amor, Sas­si et Ben Hti­ra) et avec l’iso­le­ment de­vant de Wah­bi Khazr, es­seu­lé et s’étant avé­ré moins in­ci­sif que d’ha­bi­tude, vous com­pre­nez pour­quoi la re­lance et l’ani­ma­tion of­fen­sive de la Tu­ni­sie furent des plus ap­proxi­ma­tives. Mais ce que vous com­pre­nez moins à coup sûr, c’est l’ali­gne­ment de Ham­di Har­baoui à la 89’. On convient qu’un en­traî­neur se dé­cide, au cas où il cherche à pré­ser­ver son avan­tage à la marque à ali­gner, dans les der­nières mi­nutes du match, un dé­fen­seur à la place d’un mi­lieu de ter­rain of­fen­sif ou d’un at­ta­quant par exemple. Mais quand on rem­place un at­ta­quant par un autre dans les ul­times ins­tants de la ren­contre, il fau­drait po­ser la ques­tion à Kas­perc­zak car Lui seul en connait le se­cret !

En­core une fois et au-de­là de la pi­teuse : ma­nière avec la­quelle la vic­toire a été ob­te­nue, l’on se console à l’idée que le onze na­tio­nal a réus­si l’es­sen­tiel. Mais, ce­lui-ci pour­rait-il al­ler loin avec ce qu’il a mon­tré sur la pe­louse du Stade Amor Hamadi ? Une pe­louse qui n’est pas, tout compte fait, aus­si mau­vaise que l’on croyait et qui ne pou­vait en au­cun cas consti­tuer un pré­texte pour jus­ti­fier la piètre sor­tie d’une for­ma­tion où seuls quatre joueurs à sa­voir Mâa­loul en dé­fense, Sel­li­ti et, à un de­gré moindre, Khaz­ri au mi­lieu du ter­rain et Khe­nis­si en at­taque ont su ti­rer leur épingle du jeu. Il est donc im­pé­ra­tif que l’en­traî­neur na­tio­nal re­voit, tant qu’il temps, sa co­pie. « Ses choix » aux­quels il est si bien at­ta­ché ont mon­tré ses li­mites à tous les ni­veaux du jeu.

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