Une vi­trine pour des gé­né­ra­tions d'ar­tistes

L’ex­po­si­tion col­lec­tive de pein­ture qui se tient à la Ga­le­rie des Arts de Ben Arous du 10 au 30 no­vembre compte plus d’une tren­taine d’ar­tistes-peintres. Le pu­blic est in­vi­té à dé­cou­vrir les oeuvres d’ab­del­ma­jid El Be­kri, Ali Ze­nai­di, Syl­vain Mon­té­léone,

Le Temps (Tunisia) - - La Une - Hech­mi KHALLADI

La Ga­le­rie des Arts de Ben Arous

L'ex­po­si­tion col­lec­tive de pein­ture qui se tient à la Ga­le­rie des Arts de Ben Arous du 10 au 30 no­vembre compte plus d'une tren­taine d'ar­tistes-peintres. Le pu­blic est in­vi­té à dé­cou­vrir les oeuvres d'ab­del­ma­jid El Be­kri, Ali Ze­nai­di, Syl­vain Mon­té­léone, Fe­thi Ben Zak­kour, Ha­bib Ja­maï et Ais­sa Goui­rah, ces grands peintres confir­més, mais aus­si celles de la nou­velle gé­né­ra­tion d'ar­tistes qui ont fait aus­si leur preuve dans le sec­teur pic­tu­ral.

La Ga­le­rie des Arts de Ben Arous

Cette ex­po­si­tion est le fruit d’un col­loque or­ga­ni­sé en août der­nier dans la même ga­le­rie, nous a ex­pli­qué Aïs­sa Goui­rah, di­rec­teur de la ga­le­rie, dans le cadre de « la consultation na­tio­nale sur les arts : ponts de com­mu­ni­ca­tion » qui a réuni un bon nombre d’ar­tistes et de pas­sion­nés des arts plas­tiques et a fa­vo­ri­sé la ren­contre et le dé­bat au­tour de la réa­li­té des arts plas­tiques et leurs pers­pec­tives en Tu­ni­sie. L’ob­jec­tif es­sen­tiel de cette ex­po­si­tion est en­core une fois le lien so­cial par la créa­ti­vi­té artistique entre deux gé­né­ra­tions d’ar­tistes plas­ti­ciens ve­nus d’ho­ri­zons di­vers du pays, mais il faut aus­si si­gna­ler des noms étran­gers d’ar­tistes ré­si­dant en Tu­ni­sie, comme Man­ling Chen et Yvette Min­ka, ha­bi­tuées à ex­po­ser leurs tra­vaux au sein d’ex­po­si­tions de groupe.

A vrai dire, la liste des par­ti­ci­pants est trop longue pour être pré­sen­tée toute en­tière. Aus­si conten­tons-nous de dire que ces ar­tistes re­pré­sentent plu­sieurs ten­dances pic­tu­rales et puisent leurs tra­vaux des grands cou­rants in­ter­na­tio­naux, si bien qu’on re­trouve l’abs­trait et le fi­gu­ra­tif, l’im­pres­sion­nisme et l’ex­pres­sion­nisme, l’art moderne et l’art contem­po­rain en pas­sant par l’art naïf, mais aus­si le por­trait, la pho­to­gra­phie et la na­ture morte. Du point de vue des tech­niques, les ar­tistes ont eu re­cours à l’huile sur toile, sur bois ou sur tis­su, à l’acry­lique, à l’aqua­relle, mais aus­si à des tech­niques va­riées. Les toiles sont plus ou moins ré­centes et de for­mats pe­tits, moyens ou grands.

Le vi­si­teur s’at­tarde sur le ta­bleau de Syl­vain Mon­té­léone in­ti­tu­lé « Les cris et l’écrit », une vi­sion artistique du monde contem­po­rain que l’ar­tiste nous ex­plique en ces termes : « Dans ce monde, il y a des peuples ou­bliés, je pense sur­tout à l’afrique cen­trale ; ces gens souffrent énor­mé­ment. Pour moi, ces « cris » sont des cris du si­lence. » Concer­nant sa deuxième toile in­ti­tu­lée « Sto­ry of peace », l’ar­tiste évoque la guerre et la paix mon­trant qu’à tra­vers l’his­toire de l’hu­ma­ni­té, il y a tou­jours eu cette al­ter­nance entre la guerre et la paix. Dans ces deux ta­bleaux, l’ar­tiste a uti­li­sé des tech­niques mixtes joux­tant de la pein­ture à huile au col­lage des pho­tos et d’ar­ticles de presse.

Quant au ta­bleau pro­po­sé par l’ar­tiste Ab­del­ma­jid El Be­kri, il traite de la mer : la toile est di­vi­sée en quatre par­ties où l’on voit dans cha­cune un fond ma­rin de cou­leur bleue com­blé de lignes, de sym­boles et de signes res­sem­blant à des tra­cés cal­li­gra­phiques et re­pré­sen­tant des créa­tures de la mer. Un ta­bleau qui té­moigne d’une grande re­cherche thé­ma­tique et d’une ma­ni­pu­la­tion adroite et sen­sible de la ma­tière et des tech­niques. Le style adop­té dans ce ta­bleau nous rap­pelle les autres tra­vaux de l’ar­tiste qui voue un grand at­ta­che­ment au pa­tri­moine qui a tou­jours ali­men­té son ima­gi­na­tion et sa créa­ti­vi­té. Mo­ha­med Ben Hé­di Ché­rif par­ti­cipe avec un ta­bleau in­ti­tu­lé « Quand l’eau s’as­so­cie à l’eau », un tra­vail abs­trait qui évoque l’ori­gine de la vie et l’im­por­tance de l’eau dans la conti­nui­té de l’exis­tence de l’es­pèce hu­maine : l’eau est la source de la vie, nous a-t-il ex­pli­qué, elle sa­tis­fait nos be­soins, de nos dé­si­rs les plus na­tu­rels. N’est-il pas dit dans le Co­ran que tout est vi­vant grâce à l’eau ! Le ta­bleau re­pré­sente des cou­leurs vertes et bleues, si­gna­lant la ver­dure et l’eau. Au mi­lieu, on voit un es­pace ovale blanc et clair ayant la forme d’un ventre ma­ter­nel, où se conçoit la vie de l’être hu­main. Ha­bib Ja­maï ex­pose deux ta­bleaux in­ti­tu­lés res­pec­ti­ve­ment « Com­po­si­tion » et « Zia­ra », les deux tra­vaillés dans un style abs­trait. Deux toiles réa­li­sées avec beau­coup d’amour et d’ar­deur. Aus­si peut-on sa­vou­rer les touches ho­ri­zon­tales et ver­ti­cales de son pin­ceau, d’où se dé­gage une har­mo­nie de cou­leurs et de lu­mières qui chassent le spleen et la tris­tesse des gens. Par rap­port à ses an­ciens tra­vaux, on peut re­mar­quer que l’ar­tiste cherche de nou­velles ten­dances à l’échelle chro­ma­tique al­lant des cou­leurs chaudes et sombres vers d’autres plus claires et plus lu­mi­neuses, comme on en voit dans ces deux ta­bleaux.

Ta­bleau de Mon­té­léone

Ta­bleau de Be­kri

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