Touche pas à ma ‘'Chel­ma''

Le Temps (Tunisia) - - La Une - Ka­mel BOUAOUINA

Ham­ma­met-en­vi­ron­ne­ment

La place Chel­ma est l'une des rares fe­nêtres ou­vrant sur le golfe de Ham­ma­met. Il s'agit d'un site si­tué sur le do­maine pu­blic ma­ri­time (Dpm) joux­tant le ci­me­tière mu­sul­man et à proxi­mi­té im­mé­diate de la Mé­di­na dont il consti­tue l'un des prin­ci­paux ac­cès. C'est de­puis cette place que le vi­si­teur peut ad­mi­rer l'une des plus belles vues don­nant sur la baie de Ham­ma­met ou en­core contem­pler le château fort tout proche.

La place Chel­ma est l’une des rares fe­nêtres ou­vrant sur le golfe de Ham­ma­met. Il s’agit d’un site si­tué sur le do­maine pu­blic ma­ri­time (Dpm) joux­tant le ci­me­tière mu­sul­man et à proxi­mi­té im­mé­diate de la Mé­di­na dont il consti­tue l’un des prin­ci­paux ac­cès. C’est de­puis cette place que le vi­si­teur peut ad­mi­rer l’une des plus belles vues don­nant sur la baie de Ham­ma­met ou en­core contem­pler le château fort tout proche.

La plage de la Chel­ma fait face à la place, elle est fré­quen­tée qua­si-ex­clu­si­ve­ment par les ré­si­dents de la vielle ville qui la consi­dère à juste titre comme « leur plage » tant elle a mar­qué leur mé­moire col­lec­tive et ac­quis avec le temps une si­gni­fi­ca­tion pa­tri­mo­niale. Mais cet es­pace est me­na­cé comme en té­moigne les cris des re­pré­sen­tants de la so­cié­té ci­vile et des par­tis po­li­tiques qui ont ob­ser­vé un sit-in pour le pro­té­ger, et contrer les ten­ta­tives de son oc­cu­pa­tion. Ils étaient nom­breux à ré­af­fir­mer leur en­ga­ge­ment pour la pré­ser­va­tion de ce site en tant que parc ur­bain et es­pace so­cio­cul­tu­rel, ré­créa­tif et éco­lo­gique re­pré­sen­tant l’unique pou­mon vert au centre ville de Ham­ma­met. Ils en ap­pellent en­fin aux au­to­ri­tés com­pé­tentes pour ré­pondre fa­vo­ra­ble­ment à leur re­quête for­mu­lée dans une pé­ti­tion po­pu­laire de­man­dant le gel de toutes les de­mandes d’au­to­ri­sa­tions de bâ­tir sur ce ter­rain. La place Chel­ma a été con­çue dans une lo­gique es­thé­tique loin de tout mer­can­ti­lisme. Tout ins­pire l’in­ti­mi­té et la convi­via­li­té, sou­ligne Dr Sa­lem Sah­li, Se­cré­taire gé­né­ral de l’as­so­cia­tion d’edu­ca­tion Re­la­tive à l’en­vi­ron­ne­ment de Ham­ma­met (Aere) « Et voi­là qu’au lieu de pré­ser­ver la vo­ca­tion pu­blique de la place et de sau­ve­gar­der le site qui pré­sente un in­té­rêt cer­tain sur le plan pay­sa­ger, patrimonial et so­cial, l’agence de Protection et d’amé­na­ge­ment du Lit­to­ral (Apal) vient d’oc­troyer gé­né­reu­se­ment une au­to­ri­sa­tion d’oc­cu­pa­tion pri­va­tive du Dpm sur la place Chel­ma pour l’amé­na­ge­ment d’une bu­vette. L’édi­fice une fois ache­vé consti­tue­ra à coup sûr un obs­tacle in­es­thé­tique bar­rant l’ho­ri­zon et se­ra une source de nui­sances pour les mil­liers d’ha­bi­tants qui ré­sident dans la vielle ville. Nous sommes contre la pri­va­ti­sa­tion de l’es­pace Chel­ma et dé­ter­mi­né à sau­ver ce lieu my­thique d’ham­ma­met » Zei­neb, une jeune cadre à Ham­ma­met es­time que les places pu­bliques ré­tré­cissent comme une peau de cha­grin. « Nous sommes en droit de nous po­ser la ques­tion sui­vante: Que res­te­rat-il de nos sites bal­néaires si les au­to­ri­sa­tions d’oc­cu­pa­tion du Dpm conti­nuent à être gé­né­reu­se­ment dé­li­vrées aux pro­mo­teurs tou­ris­tiques ?Les pres­sions sur le lit­to­ral ham­ma­mé­tois sont tel­le­ment in­tenses que, si nous n’y pre­nons garde, il ne res­te­ra pra­ti­que­ment plus un pouce de ri­vage qui ne soit lo­ti, bé­ton­né ou do­té d’équi­pe­ments di­vers.nous sommes, bien-sûr, convain­cus de l’im­por­tance du sec­teur tou­ris­tique dans l’éco­no­mie du pays. Nous sommes conscients qu’il consti­tue un ac­quis na­tio­nal qu’il faut sau­ve­gar­der, pro­mou­voir et au­quel il faut ga­ran­tir toutes les condi­tions d’un dé­ve­lop­pe­ment du­rable. Tou­te­fois, nous re­fu­sons que ce sec­teur ac­ca­pare les der­nières plages pu­bliques qui res­tent à Ham­ma­met, et sol­li­ci­tons l’in­ter­ven­tion des au­to­ri­tés afin de sau­ver Chel­ma » Ezed­dine Man­kai es­time que la plus belle place de Ham­ma­met « Chel­ma risque fort d’être conta­mi­née par des construc­tions anar­chiques dans un but pu­re­ment com­mer­cial. « Cette place pré­cise t-il doit res­ter un lieu de pro­me­nade pour les ham­ma­met­tois et les tou­ristes et je là je lance un ap­pel à tous les Ham­ma­me­tois, à tous les amou­reux de Ham­ma­met et à tous ceux qui pro­tègent le lit­to­ral de contrer ce pro­jet né­faste à la beau­té de Ham­ma­met.

Il faut rap­pe­ler pour ceux qui ne la savent pas que la pe­tite plage de la Place Chel­ma, est fré­quen­tée par les fa­milles les plus dis­crètes de la mé­di­na qui, de­puis des siècles, nagent en toute dis­cré­tion. Cette place a été amé­na­gée et fi­nan­cée par la Prin­ci­pau­té de Mo­na­co pour en faire un lieu my­thique. La vi­gi­lance est de ri­gueur si l’on veut pré­ser­ver la vo­ca­tion de Chel­ma et sau­ver ce pa­tri­moine des convoi­tises ré­cur­rentes des pro­mo­teurs pri­vés ».

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