Sur la Sy­rie, Trump per­siste et signe

Le Temps (Tunisia) - - Monde -

De­puis qu’il a étren­né son cos­tume de pré­sident élu des Etats-unis, Donald Trump s’éver­tue à faire re­tom­ber le vent de pa­nique que son élec­tion a fait souf­fler au sein de ses conci­toyens ayant vo­té pour sa ri­vale Hilla­ry Clin­ton par re­fus de ce qu’il re­pré­sente à leurs yeux et de son pro­gramme élec­to­ral dont ils ne par­tagent pas les ob­jec­tifs an­non­cés. Mais aus­si par­mi les mi­lieux qui, à l’étran­ger, craignent qu’il en vienne à cham­bar­der la po­li­tique in­ter­na­tio­nale de l’amé­rique avec pour consé­quence des ré­vi­sions dont ils ap­pré­hendent qu’elles se fassent au dé­tri­ment des re­la­tions de leurs pays avec la plus grande puis­sance du monde. Si pen­dant sa cam­pagne élec­to­rale Donald Trump a don­né du grain à moudre à ses dé­trac­teurs tant amé­ri­cains qu’étran­gers en dé­cli­nant un pro­gramme et des in­ten­tions qui ont sus­ci­té en leur sein les pires ap­pré­hen­sions sur ce que se­rait sa pré­si­dence s’il ga­gnait l’élec­tion pré­si­den­tielle, de­puis la con­fir­ma­tion de sa vic­toire il s’abs­tient néan­moins d’user du même dis­cours que ces mi­lieux ont tant dé­crié. Il n’émet en ef­fet que des dé­cla­ra­tions ap­pe­lant au ras­sem­ble­ment de l’amé­rique au­tour de sa per­sonne en tant que pré­sident élu et à faire confiance à son pays dont il pro­met qu’il va ré­ha­bi­li­ter son sta­tut de plus grande puis­sance mon­diale. Sur tous les su­jets qui ont fait pro­blème dans son pro­gramme élec­to­ral Donald Trump se garde en ef­fet de dé­voi­ler si en tant que pré­sident il va les trai­ter comme il en a fait pro­messe à ses conci­toyens du­rant sa cam­pagne. Son mu­tisme sur eux donne à croire à cer­tains qu’en tant que pré­sident élu il se se­rait dé­jà conver­ti à la né­ces­si­té pour lui de faire montre de « réa­lisme » et de ne plus s’en te­nir à cer­taines de ses pro­messes élec­to­rales ayant plon­gé l’amé­rique et la plu­part de ses al­liés étran­gers dans la conster­na­tion et l’in­quié­tude d’un cham­bar­de­ment n’épar­gnant ni l’amé­rique ni le reste du monde. Ce­pen­dant Donald Trump a tou­te­fois dé­ro­gé à son at­ti­tude vi­sant à apai­ser les ap­pré­hen­sions qu’il sus­cite sur la ques­tion du con­flit sy­rien pour le­quel il n’a pas at­ten­du de prendre ses fonc­tions pour dé­cla­rer ce qu’il compte faire. Le pré­sident élu a en ef­fet ré­af­fir­mé on ne peut plus clai­re­ment que sur ce dos­sier sa dé­ci­sion est bel et bien dé­jà ar­rê­tée consis­tant à mettre fin à la po­li­tique sy­rienne de son pré­dé­ces­seur et de son ad­mi­nis­tra­tion ayant vi­sé à la chute du ré­gime de Ba­char el As­sad par le sou­tien de l’amé­rique aux groupes ar­més ter­ro­ristes qui le com­battent en les pré­sen­tant fal­la­cieu­se­ment comme consti­tuant une ré­bel­lion « mo­dé­rée » se bat­tant pour des va­leurs et des ob­jec­tifs qui jus­ti­fie­raient ce sou­tien amé­ri­cain. Oba­ma et son équipe ont me­su­ré tout le risque que re­pré­sente pour eux cette ré­vi­sion qu’il s’ap­prête à faire dans la po­li­tique sy­rienne comme le prouve l’ordre don­né par le pré­sident sor­tant à l’ar­mée amé­ri­caine et aux ser­vices se­crets de pro­cé­der à la li­qui­da­tion phy­sique des di­ri­geants des groupes ter­ro­ristes sy­rien dont le Front el Nos­ra. Ce qui équi­vaut à une ten­ta­tive de ne pas lais­ser der­rière soi des sources à même de four­nir à Trump et à son ad­mi­nis­tra­tion les preuves qui confir­me­raient la res­pon­sa­bi­li­té de l’amé­rique dans la créa­tion et la mon­tée en puis­sance des­truc­trice et me­na­çante de ces groupes ter­ro­ristes, que le pre­mier nom­mé n’a eu de cesse de dé­non­cer pen­dant sa cam­pagne élec­to­rale.

Il se­rait iro­nique, n’eut été le bi­lan tra­gique oc­ca­sion­né par son sou­tien aux groupes ter­ro­ristes sy­riens, que l’ad­mi­nis­tra­tion Oba­ma consacre les deux mois qui lui res­tent à di­ri­ger l’amé­rique à dé­ca­pi­ter ces groupes en li­qui­dant leurs chefs. De ce re­tour­ne­ment de l’his­toire, le peuple sy­rien mar­tyr ne pour­ra que s’en fé­li­ci­ter car il ac­cé­lè­re­ra sans conteste la fin de la tra­gé­die qu’il vit et dont les Etats-unis en sont le prin­ci­pal res­pon­sable.

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.