L’ex­trême droite veut s’ins­pi­rer de Trump

Le Temps (Tunisia) - - Monde -

Le can­di­dat d’ex­trême droite à l’élec­tion pré­si­den­tielle en Au­triche, Nor­bert Ho­fer, compte bé­né­fi­cier de «l’ef­fet Trump» pour rem­por­ter la vic­toire le 4 dé­cembre face à l’an­cien di­ri­geant éco­lo­giste Alexan­der Van der Bel­len.

«Par­tout où les élites s’éloignent des élec­teurs, elles vont être chas­sées du pou­voir», as­sure le can­di­dat du Par­ti de la Li­ber­té (FPÖ) lors d’un en­tre­tien ac­cor­dé à Reu­ters. «Trump avait aus­si beau­coup de vents contraires face à lui et il a quand même ga­gné l’élec­tion», note-t-il. Alexan­der Van der Bel­len, 72 ans, a rem­por­té de peu - 31.000 voix d’avance - l’élec­tion pré­si­den­tielle en mai face à Nor­bert Ho­fer, 45 ans, mais le ré­sul­tat a été an­nu­lé en juillet par la Cour consti­tu­tion­nelle en rai­son d’ir­ré­gu­la­ri­tés dans le dé­pouille­ment des votes par cor­res­pon­dance. Un nou­veau se­cond tour est donc pré­vu le 4 dé­cembre. Les deux can­di­dats sont très proches dans les son­dages mais la vic­toire de Do­nald Trump à la pré­si­den­tielle amé­ri­caine pour­rait ac­croître les chances de Nor­bert Ho­fer, es­time-t-on. Is­la­mo­phobe et eu­ros­cep­tique, Nor­bert Ho­fer se voit comme un na­tio­na­liste proche du peuple et tient en ef­fet un dis­cours que ne re­nie­raient pas Ma­rine Le Pen en France ou Do­nald Trump. Le FPÖ, comme le fu­tur pré­sident des Etats-unis l’a fait du­rant sa cam­pagne élec­to­rale ou le Front na­tio­nal en France le pra­tique de­puis des an­nées, pro­fite des peurs d’une par­tie de la po­pu­la­tion au su­jet du chô­mage et de l’im­mi­gra­tion, ain­si que de la co­lère contre l’es­ta­blish­ment po­li­tique. Une vic­toire de Nor­bert Ho­fer fe­rait de lui le pre­mier pré­sident d’ex­trême droite élu dans l’union eu­ro­péenne.

Nou­velles élec­tions ? In­gé­nieur dans l’aé­ro­nau­tique de for­ma­tion, tou­jours bien mis et usant d’un ton calme et po­li, Nor­bert Ho­fer a fait de la crise des mi­grants un de ses thèmes de pré­di­lec­tion. «Bien sûr qu’il s’agit d’un drame hu­main mais on ne peut igno­rer le far­deau que ce­la fait por­ter à notre bud­get,» dit-il.

Pays de 8,7 mil­lions d’ha­bi­tants, l’au­triche a ac­cueilli plus de 120.000 mi­grants de­puis l’an der­nier, en pro­ve­nance du Proche-orient, d’afrique ou d’asie. Face à ce flux de «mi­grants éco­no­miques» comme les ap­pelle le FPÖ, Nor­bert Ho­fer sug­gère la créa­tion de «zones de sé­cu­ri­té» hors d’eu­rope où les de­mandes d’asile dans les pays de L’UE pour­raient être étu­diées et trai­tées. Un temps fa­vo­rable à un «Auxit», ins­pi­ré du Brexit pour le­quel les Bri­tan­niques ont vo­té le 23 juin, Nor­bert Ho­fer est re­ve­nu sur cette idée de ré­fé­ren­dum. Mais ce­lui qui avait vo­té contre l’en­trée de son pays dans L’UE en 1994 es­time que l’eu­rope «n’a pas res­pec­té ses propres en­ga­ge­ments» dans la crise mi­gra­toire. En Au­triche, le chef de l’etat exerce tra­di­tion­nel­le­ment un rôle pro­to­co­laire mais il dis­pose de cer­tains pou­voirs, comme ce­lui de nom­mer le chan­ce­lier, de ré­vo­quer le gou­ver­ne­ment et est le chef des ar­mées. On es­time dans les mi­lieux po­li­tiques qu’une vic­toire de Nor­bert Ho­fer en­traî­ne­rait à coup sûr la te­nue d’élec­tions lé­gis­la­tives an­ti­ci­pées et à terme l’écla­te­ment de la coa­li­tion cen­triste et pro-eu­ro­péenne qui gou­verne l’au­triche de­puis des dé­cen­nies. Nor­bert Ho­fer en est convain­cu. «J’en­tends dire de tous les cô­tés qu’il faut d’ores et dé­jà fixer une nou­velle date pour les élec­tions», a-t-il confié à Reu­ters. Le FPÖ est en tête dans les son­dages d’opi­nion de­puis des mois et cré­di­té de jus­qu’à 35% des suf­frages.

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