Bom­bar­de­ments d'une vio­lence in­ouïe sur Alep

Tous les hô­pi­taux d'alep-est se­raient hors ser­vice

Le Temps (Tunisia) - - La Une -

• Tous les hô­pi­taux d’alep-est se­raient hors ser­vice

Les quar­tiers re­belles de la grande ville du nord de la Sy­rie su­bissent les bom­bar­de­ments d’ar­tille­rie les plus vio­lents de­puis deux ans, signe de l’ob­jec­tif du ré­gime sy­rien de re­prendre le contrôle de toute la ville. Le correspondant de L’AFP rap­porte que des bom­bar­de­ments d’une vio­lence in­ouïe me­nés par le ré­gime sy­rien pour le cin­quième jour consé­cu­tif sur les quar­tiers re­belles de la ville d’alep ont dé­truit l’un des der­niers hô­pi­taux du sec­teur et for­cé les écoles à fer­mer leurs portes. L’ac­tuelle of­fen­sive sur Alep-est a commencé mar­di et les forces pro­gou­ver­ne­men­tales ont pi­lon­né plu­sieurs quar­tiers ven­dre­di, pour la qua­trième jour­née consé­cu­tive.

Les struc­tures de se­cours ont été du­re­ment af­fec­tées par ce ta­pis de bombes, plon­geant les mil­liers d’ha­bi­tants qui ré­si­de­raient en­core dans les quar­tiers est dans une si­tua­tion de plus en plus dra­ma­tique. Ja­mais de­puis deux ans l’ar­tille­rie gou­ver­ne­men­tale n’avait pi­lon­né ces quar­tiers avec une telle in­ten­si­té, avec des ro­quettes s’abat­tant dans un bruit ter­ri­fiant et des ex­plo­sions fai­sant trem­bler le sol. Ven­dre­di, un bom­bar­de­ment sur le quar­tier re­belle de Maa­di a mis hors ser­vice un des der­niers hô­pi­taux d’alep-est après l’avoir dé­truit par­tiel­le­ment. Deux pa­tients ont été tués et des in­fir­miers bles­sés.

«La des­truc­tion de ces in­fra­struc­tures es­sen­tielles prive la po­pu­la­tion as­sié­gée (mais) dé­ter­mi­née de centres de soins vi­taux (...)», disent-ils dans un courrier élec­tro­nique adres­sé à Reuters par un membre de l’op­po­si­tion sy­rienne. Se­lon Eli­za­beth Hoff, re­pré­sen­tante de L’OMS en Sy­rie, les or­ga­ni­sa­tions hu­ma­ni­taires pla­cées sous la di­rec­tion de l’onu qui sont pré­sentes du cô­té turc de la fron­tière «ont confir­mé au­jourd’hui que tous les hô­pi­taux d’alep étaient hors ser­vice». L’ob­ser­va­toire sy­rien des droits de l’homme (OSDH), une ONG ba­sée à Londres qui rend compte du conflit grâce à un ré­seau d’in­for­ma­teurs sur place, as­sure en re­vanche que cer­tains centres hos­pi­ta­liers de la par­tie as­sié­gée de la grande ville du Nord conti­nuent à pro­di­guer des soins.

Mais, ajoute-t-il, les bom­bar­de­ments dis­suadent les ha­bi­tants de s’y rendre. Plu­sieurs centres de soins ont été en­dom­ma­gés ces der­niers jours par les bom­bar­de­ments et cer­tains ont été di­rec­te­ment vi­sés, se­lon le per­son­nel mé­di­cal et des ha­bi­tants.

A Alep-est, où vi­vraient en­core 270.000 ci­vils, la po­pu­la­tion n’a, se­lon l’onu, qua­si­ment plus de vivres ni de mé­di­ca­ments, en rai­son de l’im­pos­si­bi­li­té de la ra­vi­tailler en aide hu­ma­ni­taire. Des ha­bi­tants dé­jà en proie à la faim De­puis la re­prise des bom­bar­de­ments mar­di dans l’ex-ca­pi­tale éco­no­mique de la Sy­rie, après une sus­pen­sion d’un mois, au moins 65 ci­vils ont pé­ri. A Ber­lin, les prin­ci­paux di­ri­geants eu­ro­péens et le pré­sident amé­ri­cain Ba­rack Oba­ma ont ap­pe­lé à «l’ar­rêt im­mé­diat» des at­taques contre le sec­teur re­belle d’alep, où les ha­bi­tants souffrent dé­jà de la faim en rai­son d’un siège de plus de quatre mois im­po­sé par le ré­gime de Ba­char el-as­sad.

La Rus­sie, qui in­ter­vient en Sy­rie de­puis plus d’un an pour sou­te­nir le ré­gime, ne par­ti­cipe pas aux bom­bar­de­ments aé­riens sur Alep-est. Mais elle mène de­puis mar­di des frappes sur la pro­vince voi­sine d’id­leb, contrô­lée par une al­liance de re­belles et de ter­ro­ristes. Se­lon des ana­lystes, Da­mas et ses al­liés veulent al­ler vite avant la prise de fonc­tion de Do­nald Trump à la pré­si­dence amé­ri­caine le 20 janvier.

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