« Mon père se­rait fier de sa­voir que ses livres sont ac­tuel­le­ment en de bonnes mains… »

Le Temps (Tunisia) - - Arts & Culture -

Don des pu­bli­ca­tions de Joa­quim Ma­teu San­pere par son fils, Giu­lia­no Ma­teu à des Ins­ti­tu­tions tu­ni­siennes

Le grand bio­lo­giste es­pa­gnol, Joa­quim Ma­teu San­pere ( 19212015) na­quit au sein d’une fa­mille de la bour­geoi­sie ca­ta­lane du dé­but du 20ème siècle. Sa vie a été dé­diée à l’étude des in­sectes ain­si qu’à la pré­his­toire afri­caine, à la­quelle il consa­cra un grand nombre de pu­bli­ca­tions. L’an­née 1956 marque une date

Aux re­cherches ef­fec­tuées sur le ter­rain, il faut ajou­ter la pu­bli­ca­tion de 179 tra­vaux d’en­to­mo­lo­gie, ce qui consti­tue une pro­duc­tion re­mar­qua­ble­ment éle­vée, d’au­tant plus que Joa­quim Ma­teu en était le plus sou­vent, l’unique au­teur. Son fils Giu­lia­no Ma­teu qui ré­side de­puis deux ans en Tu­ni­sie, vient de faire un don d’une par­tie des livres de son père à la bi­blio­thèque na­tio­nale et à l’as­so­cia­tion d’his­toire et d’ar­chéo­lo­gie. Nous l’avons in­ter­viewé der­niè­re­ment au siège de l’ins­ti­tut du Pa­tri­moine à Bab Me­na­ra, lors d’une ren­contre convi­viale avec Ah­med Fer­jaoui, pré­sident de l’as­so­cia­tion tu­ni­sienne d’his­toire et d’ar­chéo­lo­gie et en pré­sence du per­son­nel de l’ins­ti­tu­tion. Le Temps : On dit qu’une per­sonne ne meurt pas tant que quel­qu’un en garde le sou­ve­nir. Nous gar­dons ac­tuel­le­ment en Tu­ni­sie, un bon nombre de livres de votre père Joa­quim Ma­teu… Qu’en pen­sez-vous ? Giu­lia­no Ma­teu : En ef­fet, ce qui ne mour­ra pas, ce sont son oeuvre, son héritage ex­tra­or­di­naire sur la taxo­no­mie des ca­ra­biques, ses contri­bu­tions à la connais­sance de la bio­géo­gra­phie et de l’his­toire du peu­ple­ment en­to­mo­lo­gique du Sa­ha­ra, des îles At­lan­tiques et de l’amé­rique tro­pi­cale, ses im­por­tants tra­vaux sur la faune ca­ver­ni­cole et éga­le­ment, ses contri­bu­tions à la connais­sance de la pré­his­toire afri­caine…toute cette oeuvre res­te­ra la ré­fé­rence scien­ti­fique dans cha­cun des do­maines étu­diés.

Votre père a-t-il vi­si­té la Tu­ni­sie et quel a été le but de son sé­jour, sur­tout qu’il s’est in­té­res­sé lors de ses re­cherches, au Conti­nent afri­cain ? Mon père a ef­fec­tué plu­sieurs voyages et ex­pé­di­tions scien­ti­fiques sur le Conti­nent afri­cain et les iles At­lan­tiques ; cer­taines ex­pé­di­tions étaient d’une du­rée

de plus d’un an, comme par exemple, en Mau­ri­ta­nie, entre 1942 et 1945.

En Tu­ni­sie, il a ef­fec­tué plu­sieurs voyages à titre pri­vé ou pour la re­cherche bio­lo­gique, pour le compte du CNRS, (Centre Na­tio­nal de la Re­cherche Scien­ti­fique).

Il a par­ti­ci­pé entre autres en 1968, à « l’in­ter­na­tio­nal Bio­lo­gi­cal Pro­gramme Congres » à Ham­ma­met, et vi­si­té tout le sud tu­ni­sien en com­pa­gnie du Professeur, Theo­dore Mo­nod. Il a ef­fec­tué aus­si de nom­breux voyages en Amé­rique cen­trale et du Sud. *Pour­quoi avoir choi­si des par­te­naires tu­ni­siens pour leur ac­cor­der le don ? -C’était la vo­lon­té de mon père pour que sa bi­blio­thèque puisse être mise à la dis­po­si­tion d’étu­diants et de cher­cheurs tu­ni­siens. Cette bi­blio­thèque est com­po­sée de livres qui tou­chaient à la pré­his­toire, et une autre par­tie à la bio­lo­gie ani­male, éco­lo­gie et en­to­mo­lo­gie…ses mo­ti­va­tions se fon­daient dans ce qu’il avait pu aper­ce­voir en Tu­ni­sie ; la vo­lon­té, la cu­rio­si­té et la grande mo­ti­va­tion des jeunes gé­né­ra­tions d’étu­diants et des cher­cheurs pour l’étude dans ces do­maines. Ce sont sur­tout des ou­vrages très spé­cia­li­sés dont beau­coup sont in­trou­vables même à l’époque de l’in­ter­net.. Est- ce que les livres vont tous être re­mis à la bi­blio­thèque na­tio­nale ou en par­tie ?

La par­tie au­tour de la pré­his­toire, (en­vi­ron 200), a été re­mise à l’as­so­cia­tion tu­ni­sienne d’his­toire et d’ar­chéo­lo­gie ; ces livres se­ront en­tre­po­sés à l’ins­ti­tut Na­tio­nal du Pa­tri­moine. L’autre par­tie qui concerne la bio­lo­gie ani­male, (au­tour de 400), a été li­vrée à la Bi­blio­thèque Na­tio­nale qui est ac­tuel­le­ment en cours d’en éta­blir l’in­ven­taire. clé dans sa vie et sa car­rière ; il ob­tient le poste d’at­ta­ché de re­cherches au CNRS et com­mence à tra­vailler à Pa­ris au la­bo­ra­toire d’en­to­mo­lo­gie du mu­sée na­tio­nal d’his­toire na­tu­relle où il pas­se­ra plus de 30 ans.

Les livres sont es­sen­tiel­le­ment et prin­ci­pa­le­ment en fran­çais, mais on trouve aus­si des livres en es­pa­gnol, an­glais et dif­fé­rentes autres langues, même le russe. *Pen­sez-vous qu’ils se­ront en de bonnes mains ? -Les per­sonnes que j’ai ren­con­trées sont toutes conscientes de la va­leur de ce don et par consé­quent, très sou­cieuses de sa conser­va­tion et de son uti­li­sa­tion. Ce sont des pro­fes­sion­nels. Mon père se­rait fier de sa­voir que ses livres aux­quels il te­nait beau­coup, sont ac­tuel­le­ment entre de bonnes mains. Say­da BEN ZINEB

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